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PSA (antigène spécifique de la prostate)
Des concepts sur l'expertise bien différents

Haute Autorité de Santé,
American Cancer Society et National Health Service.

Extrait par aimable autorisation des auteurs : Alain Braillon, Gérard Dubois
La Presse Médicale (Janvier 2011)
Available online 5 November 2010 http://www.em-consulte.com/article/270917

La 6e Journée de la Prostate a été organisée la semaine où le British Medical Journal publiait une méta-analyse avec 387 286 sujets montrant que le dépistage est associé à un plus grand nombre de diagnostics de cancers au stade I sans impact important sur le diagnostic des stades II à IV et sans aucun effet significatif démontré sur les décès par cancer de la prostate (0,88 ; 0,71 à 1,09, p = 0,25) [16]

Chaque médecin a une obligation d’information éclairée, mais c’est aussi le cas des autorités. Pour le dépistage du cancer de la prostate nous avons informé dès que possible sur la situation exceptionnelle qui prévalait en France [19]. La persistance de la situation a fait que l’éditeur du BMJ a complété une de nos publications du sous-titre « French exceptionalism » [20].

Les documents à jour, utiles et utilisables pour informer les patients, sont peu nombreux. Celui du National Health Service disponible en français a les avantages d'être clair, direct et court [Lire]

Revoir : Dosage des PSA Monsieur, ce que vous devriez savoir Histoire d'un consentement éclairé ?[Lire]

Les exceptions en santé publique sont rarement exceptionnelles dans leurs résultats pour la population. L’AFU, dont on comprend la volonté d’aller vite, doit admettre que les conditions du dépistage ne sont pas remplies et qu’actuellement les inconvénients sont certains, les complications importantes et graves pour des bénéfices faibles. [8,14,16].

Les bonnes intentions et le bon sens ne sont pas suffisants. Il suffit de rappeler que la recommandation de la position ventrale du nouveau-né a été source d’une épidémie de morts subites du nourrisson pendant plusieurs décennies ; que la thermographie pour le dépistage du cancer du sein a été poursuivie inutilement avec entêtement en France.

Les médecins généralistes doivent informer au mieux leurs patients et ne pas hésiter à utiliser ce que se fait dans d’autres pays. L’information est une des exigences de base de la relation médecin malade. Elle est devenue une obligation légale. Il faut non seulement bien informer, mais aussi pouvoir en faire la preuve. La jurisprudence en Cour de Cassation en traduit les conséquences assurantielle et pénale.

Les tutelles et autorités doivent aussi remplir leurs missions et non temporiser : évaluer scientifiquement l’intérêt médical des actes professionnels, promouvoir les bonnes pratiques auprès des professionnels de santé et des usagers de santé ; améliorer la qualité des soins, veiller à la qualité de l’information médicale diffusée ; informer les professionnels de santé et le grand public.

Une certaine latence est compréhensible, mais quand la situation ne fait que s’aggraver et que les réactions sont lentes et inappropriées, on peut se demander si l’inertie n’est pas une stratégie délibérée.

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Pour en savoir plus

[1] Rapport d’orientation. Dépistage du cancer de la prostate–Analyse critique des articles
 issus des études ERSPC et PLCO publiés en mars 2009. Haute Autorité de Santé, 
http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_961182/depistage-du-cancer-de-la-prostate-analyse-
critique-des-articles-issus-des-etudes-erspc-et-plco-publies-en-mars-2009.

[2] Braillon A, Dubois G, Zielinski O. Screening for prostate cancer: a public
campaign, evidence-based-medicine and conflicting interests. Eur J
Public Health 2009;19:222, http://eurpub.oxfordjournals.org/cgi/
content/full/ckn110v1.

[3] Debré B. Rapport sur le dépistage et le traitement du cancer de la
prostate. Office Parlementaire d’Evaluation des Politiques de Santé.
Assemblée nationale N8 1582 et Sénat N8 318; http://www.senat.fr/
rap/r08-318/r08-318.html

[4] Mongiat-Artus P, Desgrandchamps F. PSA (antigène spécifique de
laprostate) : la langue d’Ésope ? Rev Med Interne 2010;31:467-8.

[5] American Cancer Society. American Cancer Society Guidelines for the
Early Detection of Cancer, http://www.cancer.org/Healthy/FindCancer-
Early/CancerScreeningGuidelines/american-cancer-society-guidelinesfor-
the-early-detection-of-cancer

[6] Braillon A. Re: is a screening interval of every 4 years for prostate cancer
acceptable? J Natl Cancer Inst 2008;100:222-3.

[7] Braillon A, Gignon M, Dubois G. G-I-N must adopt the WHISKY statement.
Qual Saf Health Care 2005;14:391.

[8] Hill C, Laplanche A. Cancer de la prostate : les données sont en défaveur
du dépistage. Presse Med 2010;39:859-64.

[9] Howard K, Barratt A, Mann GJ, Patel MI. A model of prostate-specific
antigen screening outcomes for low- to high-risk men: information to
support informed choices. Arch Intern Med 2009;169:1603-10.

[10] Hugosson J, Carlsson S, Aus G, Bergdahl S, Khatami A, Lodding P et al.
Mortality results from the Go¨ teborg randomised populationbased
prostate-cancer screening trial. Lancet Oncol 2010;11:725-32.

[11] Neal DE. PSA testing for prostate cancer improves survival – but can we
do better? Lancet Oncol 2010;11:702-3.

[12] van Leeuwen PJ, Connolly D, Tammela TL, Auvinen A, Kranse R, Roobol
MJ et al. Balancing the harms and benefits of early detection of prostate
cancer. Cancer 2010. doi:10.1002/cncr.25474

[13] Association française d’urologie. Dépistage du cancer de la prostate : la
vaine polémique. Communiqué de presse, http://www.urofrance.org/
fileadmin/user_upload/journee-prostate/2007/communique-pressedepistage-
cancer-prostate.pdf; 2007.

[14] Aupérin A, Laplanche A, Hill C. Dépistage du cancer de la prostate dans la
population générale : des inconvénients certains, un bénéfice
hypothétique. Presse Med 2007;36:1045-53.

[15] Fall K, Fang F, Mucci LA, Ye W, Andrén O, Johansson JE et al. Immediate
risk for cardiovascular events and suicide following a prostate cancer
diagnosis: prospective cohort study. PLoS Med. 2009; 6:e1000197.

[16] Djulbegovic M, Beyth RJ, Neuberger MM, Stoffs TL, Vieweg J, Djulbegovic
B et al. Screening for prostate cancer: systematic review and
metaanalysis of randomised controlled trials. BMJ 2010; 341:c4543.

[17] National Health Service choice. Cancer de la prostate. Avril 2008.

[18] National Health Service Cancer Screening Programmes. Dépistage du
cancer de la prostate par dosage de l’antigène prostatique spécifi que
(PSA). Fiche d’information pour les hommes envisageant un dépistage
du PSA. http://www.cancerscreening.nhs.uk/prostate/psa-testfrench.
pdf; 2009.

[19] Gignon M, Braillon A, Chaine FX, Dubois G. Le dépistage du cancer de
la prostate : hétérogénéités des recommandations. Une exception
française ? Can J Public Health 2007;98:212-6.

[20] Braillon A. Prostate specific antigen. Prostate screening in France. BMJ
2009;339:b4285.
 
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