MALADIE DE LAPEYRONIE ou LA PEYRONIE
Sclérose des corps caverneux, responsable d'une déviation de la verge en érection
Le patient consulte pour l'apparition d'une déviation de la verge au cours des érections.
La sclérose d'une portion des corps caverneux est responsable lors de l'érection de cette déviation de la verge, secondaire à l'absence d'expansion d'un des corps caverneux. L'érection peut être douloureuse
A l'état flacide, on palpe parfois les plaques indurées d'un ou des corps caverneux
L'origine précise de la maladie de Lapeyronie est inconnue mais des recherches récentes avancent une hypothèse immunologique.
Certaines maladies sont volontiers associées à la maladie de Lapeyronie : la maladie de Dupuytren (fibrose palmaire entraînant une flexion des doigts), la maladie de Ledderhose (fibrose plantaire entraînant une flexion des orteils), le diabète, l'hypertension artérielle, les arthrites.
Esculape : l'hypothèse d'une fibrose par des phénomènes d'oxydation ("stress oxydatif") a été faite
Diagnostic différentiel
---- Coudure congénitales et non pas acquises (traitement identique)
---- La brièveté du frein
---- L'hypospade
Diagnostic étiologique
---- Association avec une maladie de Dupuytren
---- Diabète
---- HTA
---- Post traumatique ou Microtraumatismes répétés
---- Iatrogène :
Bétabloquant (signalé comm exceptionnel avec le SELOKEN),
METHOTREXATE ,
METOPROLOL TARTRATE ,
PROPRANOLOL CHLORHYDRATE ,
PROPRANOLOL PHENYLETHYLBARBITURATE (BIAM)
---- "Stress oxydatif" ???
---- Idiopathique (+++) dans l'état actuel de nos connaissances
Evolution
Elle se fait par poussées sur 18 mois en moyenne avec amélioration ou aggravation de la coudure en fonction du caractère symétrique ou asymétrique de l'atteinte des corps caverneux
Traitement médical
Le traitement médical manque encore de preuves et n'est actif que dans la première phase. Selon les auteurs :
---- Vitamine E, Vitamine A, Piasclédine °, POTABA
---- En cas d'échec : Tamoxifene, Colchicine, voire Verapamil local par injection
---- Application transdermique electroinduite de différents produits (cf infra)
Intervention chirurgicale
Si échec du traitement médical ET impossibilité de rapports sexuels satisfaisants après 6 mois sans évolution et 18 mois après le début de la maladie
---- Si coudure <60° et/ou verge de longueur suffisante et absence de Dysfonction érectile : Intervention de Nesbit , éventuellement modifiée type Yachia ou Gholami.
---- Si coudure >60° et/ou verge de longueur insuffisante et absence de dysfonction érectile : Incision plaque en H + corporoplastie par patch veineux ou biomatériaux
---- Si dysfonction érectile organique résistante au traitement médical : Implant pénien +/- modeling ou corporoplastie.
Pour en savoir plus http://www.jualpes.net/maladiepeyronie.html
Selon http://www.uropage.com (Thierry Flam, Professeur d'Urologie à l'hopital Cochin (Paris)
L'évolution, variable, se fait souvent (?) vers la régression spontanée. Le traitement initial est généralement basé sur la prise prolongée de vitamine E.
Pour en savoir plus http://www.emedicine.com/derm/topic851.htm (US)
L’IONTOPHORÈSE DANS LE
TRAITEMENT DE LA MALADIE DE
LA PEYRONIE
J Urol, 163 (1): 95-9 2000 Jan
Riedl CR ; Plas E ; Engelhardt P ; Daha K ; Pfl uger H
Department of Urology and Ludwig Boltzmann Institute of Andrology, Municipal Hospital
Lainz, Vienna, Austria.
MATÉRIEL ET MÉTHODES :
pour cette étude
prospective non contrôlée, 100 patients non sélectionnés atteints de la maladie de La
Peyronie ont été traités 3 fois par semaine avec l’iontophorèse. Le mélange médicamenteux
était administré par un courant électrique de 5 mA via un contenant fixé au tissu pénien au
niveau de la plaque.
RÉSULTATS :
on a observé une résolution de la douleur chez 96 % des
patients, une diminution de la plaque chez 53 % d’entre eux et une réduction de la
courbure du pénis dans 37 % des cas. La fonction sexuelle a été améliorée chez 19 des 43
patients (44 %).
Les personnes ayant la maladie depuis peu ont davantage bénéficié des
traitements à l’iontophorèse.
Par ailleurs, tous les patients ont bien toléré et accepté
l’iontophorèse, étant donné l’absence d’effets secondaires et de douleur à l’administration.
CONCLUSIONS :
l’iontophorèse de dexaméthasone, lidocaïne et verapamil peut être
considéré le traitement non chirurgical de choix pour traiter la maladie de La Peyronie.