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L'énurésie
Proposé par Sphère-Santé

Voir également : Enurésie de l'enfant [Lire]

L’énurésie est une incontinence urinaire de jour ou de nuit touchant l’enfant. Elle se définit comme une miction normale et complète, involontaire et inconsciente, sans lésion de l’appareil urinaire à un âge où le contrôle de la miction est normalement acquis. Le contrôle de la miction est acquise normalement avant l’âge de cinq ans.

L’énurésie est un trouble du contrôle de la miction et non de la miction elle-même.

Il faut savoir qu’à 2 ans, 90% des enfants sont énurétiques la nuit et à 3 ans près de 25 % des enfants ne sont pas propres la nuit. Ensuite, chaque année, 10% des enfants verront disparaître spontanément leurs mictions nocturnes, si bien qu’à 5 ans 15% des enfants souffrent d'énurésie.
De ce fait il ne semblera pas raisonnable de proposer une prise en charge, surtout médicamenteuse, à un enfant de moins de 5 ans, même sous la contrainte parentale.

Les garçons sont plus touchés par l’énurésie nocturne que les filles en atteignant une prévalence estimée entre 6 % et 10% à l’âge de 7 ans. Sa fréquence baisse entre 1 et 2% chez les jeunes de 15 ans.

Les origines de l’énurésie

L’origine de l’énurésie est souvent d’ordre psychologique. Par exemple, une éducation trop rigide, un événement marquant comme l’arrivée d’une petite ou d’un petit frère peut être à l’origine de l’énurésie chez l’enfant.
L’ énurésie peut également trouver son origine dans une immaturité du système vésical.

Les prédispositions à l’énurésie

On reconnaît à l’énurésie plusieurs facteurs prédisposant.

Le premier et plus important est le facteur génétique. L’énurésie nocturne est très souvent une pathologie héréditaire. Découvrir en consultation que son père ou sa mère a déjà eu ce problème a le mérite de dédramatiser la situation de l’enfant énurétique.

Le facteur vésical : l’énurésie nocturne apparaît comme un retard dans la maturation des voies nerveuses contrôlant la production d’urine et de la fonction nocturne de la vessie. En effet, une polyurie nocturne  (ou hyperdiurèse nocturne), résultant d’un défaut de sécrétion nocturne d’hormone ADH (hormone anti-diurétique) est retrouvée chez 2/3 des enfants énurétiques. Aussi différentes études ont montré que la capacité vésicale nocturne des enfants énurétiques était plus faible que ceux d’enfants « sains » et qu’une hyperactivité vésicale  (ou impériosités) survenait dans les deux premiers tiers de la nuit, au cours du sommeil profond, ce qui explique que l’enfant ne se réveille pas.

Le facteur sommeil et éveil : il ne fait aucun doute que l’énurésie nocturne et le sommeil sont étroitement liés. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les parents dire que leur enfant énurétique est très difficile à réveiller ou qu’il dort très profondément.
Des études ont montré que le sommeil des enfants énurétiques est normal, par contre leur mécanisme d’éveil est immature. C’est pour cette raison qu’un enfant énurétique avec une vessie pleine ne se réveille pas alors qu’un enfant « sain » se réveillera pour aller uriner.

De ces trois derniers facteurs de prédisposition, nous comprenons aisément le mécanisme de l’énurésie, une vessie nocturne de capacité réduite associée à des contractions vésicales qui nécessiteraient de vidanger la vessie combinée à une immaturité du système d’éveil fait que l’enfant ne se réveille pas pour uriner.

D’autres causes peuvent être à l’origine de l’énurésie :

  • la constipation peut contribuer, par l’intermédiaire de contraction vésicales désinhibées à l’énurésie.
  • Facteurs psychologiques : l’angoisse scolaire, un divorce, toutes autres causes de stress psychologiques peuvent être des facteurs déclenchant de l’énurésie.
La prise en charge de l’énurésie

La prise en charge de l’énurésie ne sera proposée qu’à un enfant désireux de guérir.
Elle repose dans un premier temps sur une modification des habitudes c’est à dire sur le bannissement des couches, la limitation des boissons après 18 heures et sur la miction avant le coucher.
En cas d’échec de ces mesures simples, nous aurons alors recours à une méthode de conditionnement de type « alarmes » seule ou associée à un traitement médicamenteux.

Les thérapies comportementales

Les « alarmes » ont pour but de modifier le comportement vésico-sphinctérien pendant le sommeil. Elles consistent à disposer des capteurs d’humidité, dans les sous vêtements par exemple, qui déclencheront une alarme au contact des premières gouttes d’urine. L’enfant devra alors couper cette alarme et terminer sa miction aux toilettes. C’est par un phénomène d’anticipation que se système se révèlera plus efficace.
Les résultats sont satisfaisant et se maintiennent à l’arrêt du traitement. Il faut en moyenne deux mois avant d’obtenir des résultats probants.

Psychothérapie

Lors du dialogue avec l’enfant et son environnement il est possible d’identifier l’origine de l’énurésie comme étant liée à des troubles psychologiques. Dans ce cas, il sera alors fortement recommandé de passer par une psychothérapie.

La médication

L’énurésie dont l’origine est généralement d’ordre psychologique dispose de peu de solution médicamenteuse pouvant la traiter. Cependant, certains produits peuvent être utilisés de façon ponctuelle.
Le traitement médicamenteux repose essentiellement sur des molécules dont le rôle est de réduire la quantité d’urine produite pendant la nuit, potentialisant de ce fait l’action de la limitation des boissons.
Il est également possible de voir attribuer des anticholinergiques dans le cas d’immaturité vésicale conduisant à des fuites urinaires en journée.
Il pourra également être prescrit des médicaments pour traiter des causes sous-jacentes comme le diabète ou les infections urinaires.

Les thérapies de motivation

La psychologie est essentielle dans la prise en charge de l’énurésie. Ainsi la mise en place d’une thérapie par la motivation de l’enfant peut être une solution. Tout d’abord l’entourage de l’enfant devra être vigilent à mettre en place un environnement favorable pour l’enfant. Des dialogues simples avec l’enfant et une dédramatisation de ses troubles ne peuvent qu’améliorer et accélérer la prise de conscience de l’enfant. Ainsi, des petits « jeux » comme la tenue d’un calendrier ou l’enfant va dessiner un soleil ou un nuage (en fonction de la fuite ou non) permettra à l’enfant de prendre conscience de ses progrès. Une petite récompense peut être parfois associée afin d’entretenir la motivation de l’enfant.

Les exercices de Kegel

Ces exercices sont généralement conseillés aux adultes dans le renforcement du plancher pelvien et l’appréhension du contrôle de la vessie. Dans le cas de l’énurésie, cette technique ne pourra être mise en place que si l’enfant dispose de la maturité nécessaire pour faire les exercices correctement. 

Quelles sont les mesures à prendre ?

Il faudra très tôt impliquer l’enfant dans sa prise en charge. Avant toute chose, il ne faudra jamais culpabiliser ou punir l’enfant suite à un trouble. En effet, la psychologie joue un rôle primordial dans l’énurésie et l’anxiété ou la culpabilité ne peut qu’aggraver les troubles.
De même, le port des changes complets ne doit pas être systématique car l’enfant intègre les codes de son environnement et ressent le port des couches comme une infantilisation. Il sera préférable de lui mettre plutôt des slips absorbants qui ont une analogie aux sous-vêtements dans leur utilisation.

La gestion au quotidien

L’énurésie nocturne peut être « gérée » en mettant en place des règles simples et en impliquant l’enfant dans leur mise en place.
Ainsi, il est possible de rééduquer l’enfant au contrôle de sa vessie en :

  • Diminuant l’apport hydrique avant le coucher
  • Lui demandant de vider sa vessie avant d’aller se coucher
  • Iincitant l’enfant à être autonome la nuit en se levant pour aller aux toilettes quand il en ressent le besoin
  • Lui demandant de l’aide pour changer ses draps (ceci lui permettra de participer à sa prise en charge)

Ces règles simples peuvent considérablement faire progresser l’enfant dans la prise de conscience de la miction.

La rédaction Sphère-Santé


Incontinence urinaire et énurésie : plus d'informations chez Sphère-Santé

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