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CYSTITE INTERSTITIELLE
Syndrome de la vessie douloureuse

MAJ 07/2007 2010

Le terme de cystite interstitielle est réservé aux inflammations de la paroi vésicale sans étiologie (idiopathiques). C'est une maladie rare essentiellement féminine (1 homme pour 9 femmes.)

La cystite interstitielle
Encyclopédie Orphanet Grand Public - Septembre 2006 [Lire]


MAJ 2015
Le syndrome de cystite interstitielle ou syndrome de la vessie douloureuse (SVD) se définit par l'association d'un inconfort urinaire se manifestant depuis plus de 6 mois avec une douleur pelvienne sans cause précise. Son diagnostic est un diagnostic d'exclusion. Bien souvent, les malades se plaignent de douleurs ectopiques (abdominales, lombaires).
Jadis considéré comme à forte prédominance féminine, le SVD est actuellement souvent observé chez l'homme, pour lequel on parlait jusque-là plutôt de prostatite chronique (PC) causant une douleur périnéale, mais aussi sus-pubienne ou scrotale, avec sensation de miction incomplète. SVD et PC se recoupent fréquemment et des passerelles existent entre eux.
Clemens JQ et coll. : Comparison of baseline urological symptoms in men and women in the MAPP research cohort. J Urol., 2015;193:1554-1558.

SEMIOLOGIE
La symptomatologie peut en imposer pour cystite microbienne classique:
---- Envie fréquente et douloureuse d'uriner (jour et nuit)
---- La miction soulage la douleur qui réapparaît quand la vessie se remplit à nouveau. --
---- Incontience par miction impérieuse.

Voir également : LE SYNDROME D'ALCOCK Atteinte du nerf honteux interne ou nerf pudental [Lire]

MAJ 2010
(Berry SH et coll. : Development, validation and testing of an epidemiological case definition of interstitial cystitis/painful bladder syndrome. J Urol 2010 ; 183 : 1848-52.)
    Le consensus s'est fait pour définir la cystite interstitielle par l'association de 2 types de troubles :
  1. douleur et inconfort pelvien partant de la région sus-pubienne et irradiant vers le haut des cuisses, qui s’accentuent quand la vessie se remplit et s’améliorent après vidange vésicale ;
  2. pollakiurie tant diurne que nocturne (> 10 mictions /jour).
Les mictions impérieuses sont un appoint au diagnostic, à condition qu’elles soient motivées par le souci de soulager la douleur et non par la crainte de fuites.

BIOLOGIE
---- Il n'y a pas d'infection urinaire.
---- Une cytologie urinaire est licite
---- Une cystite herpétique doit être recherchée
---- Une infection gynécologique doit être également recherchée (Chlamydiae)
---- L'utilisation des protections internes peut être impliquée

DIAGNOSTIC
---- La cystoscopie montre des pétéchies et des petits saignements sous-muqueux, signe pathognomonique de cette maladie.
---- Une biopsie vésicale est effectuée de principe

ETIOLOGIE.
Elle reste inconnue. Les plus souvent évoquées sont :
  • Infectieuses mais aucun germe ou virus n'a fait sa preuve
  • Une anomalie de la perméabilité de la muqueuse vésicale qui laisserait passer des substances toxiques pour la paroi vésicale.
  • Un processus inflammatoire...... ce qui ne fait que déplacer le problème
  • Toxique
  • Auto-immune : de nombreux éléments peuvent faire penser que la cystite interstitielle est une maladie auto-immune mais le traitement basé sur cette théorie est resté sans succès.
  • Psychologique mais il ne faut pas confondre cause et conséquence... une fibromyalgie doit être recherchée
  • Endocrinologique. Les symptômes de la cystite interstitielle pourraient dépendre d'un déséquilibre du rapport oestrogène/progestérone... chez la femme !!

    TRAITEMENT
    Il combine l'hydrodistension vésicale sous anesthésie générale à des instillations endovésicales de certains médicaments comme le DMSO (diméthyl sulfoxide) associé à des corticoides ou de l'héparine dont le but est d'abraser la muqueuse détériorée pour permettre la restauration d'une nouvelle muqueuse saine.

    Les traitements par voie générale sont basés sur les hypothèses physiopathologiques : les antihistaminiques Atarax* (hydroxyzine) ont une action inhibitrice des cellules mastocytes
    Certains antidépresseurs sont utilisés pour leur action vésicale anti-cholinergique et sédative comme le laroxyl* ou l'élavil* (amitriptyline)

    Pour en savoir plus : texte sur Urofrance.org (Progrès en Urologie (1995), 5, 653-660. )

    MAJ 07/2007
    Reconnaître et traiter les cystites interstitielles reste toujours aussi difficile
    D´après les communications de Jean-Jacques Labat (Nantes) et Christian Saussine (Strasbourg) : « Prise en charge des cystites interstitielles » XXXe Congrès de la Société interdisciplinaire francophone d´urodynamique et de pelvi-périnéologie (SIFUD PP), Perpignan, 6-9 juin 2007.
    Dr Corinne Tutin - www.egora.fr

    Atteignant dans 85 % des cas des femmes, la cystite interstitielle est une affection en pleine augmentation. A titre d´exemple, sa prévalence qui était estimée autour de 18/100 000 aux États-Unis en 1975, fluctuait ainsi dans ce pays autour de 510/100000 en 1997 ce qui correspond à plus de 10 millions de patientes.

    La maladie existe probablement sous deux formes cliniques
    Pour le Dr Jean-Jacques Labat (Nantes), « cette maladie correspondrait en fait à deux entités. A côté de la cystite interstitielle classique avec défaut de compliance vésicale en cystomanométrie, présence d´ulcères sous-muqueux et présence d´hémorragies pariétales en cystoscopie, qui évolue peu à peu vers la fibrose, il existerait ainsi une forme bien plus courante de cystite (jusque 80 % des cas) où ces signes peuvent manquer. « Cette dernière forme de cystite apparaîtrait du fait d´une hypersensibilité vésicale à la distension et semble souvent associée à une hypersensibilité plus générale à la douleur car il n´est pas rare que ces femmes présentent en parallèle une fibromyalgie, une dyspareunie ou une colite ». Mais, on ignore encore si le passage d´une forme de cystite à l´autre est possible.

    Quoi qu´il en soit, la reconnaissance de la cystite interstitielle est souvent difficile et, en pratique, il s´agit d´un diagnostic d´élimination. Les éléments, qui font le mieux évoquer ce type de cystite, également dénommée « pollakiurie silencieuse ou cystalgie à urines claires », sont l´absence de germes à l´ECBU et l´absence de brûlures mictionnelles, les douleurs sus-pubiennes tendant au contraire à être soulagées par les mictions. Une pollakiurie souvent importante et une nycturie accompagnent ces troubles, les malades ne parvenant plus à remplir leur vessie du fait de la douleur.

    La cystoscopie pourra, si elle est pratiquée (ce qui est souvent le cas car on craint toujours une pathologie maligne), repérer des hémorragies sous-muqueuses, « mais il faut se méfier si ces lésions ne sont pas nombreuses car on peut parfois observer quelques pétéchies chez des sujets indemnes de toute cystite », a souligné le Dr Saussine. De même, le bilan urodynamique ou le test au KCl (apparition d´une douleur après instillation d´une solution électrolytique) peuvent ne pas être totalement évocateurs.

    Le traitement repose sur l´administration de cimétidine per os, des instillations endovésicales de DMSO (diméthyle sulfoxyde), le polysulfate de pentosan sodique (Elmiron®), les instillations d´héparine, le chondroïtine sulfate ou même les injections de toxine botulique, mais il faut souvent essayer de nombreuses thérapeutiques pour espérer un résultat modeste. Dans l´expérience du Dr Labat, « 30 % des patientes sont malgré tout soulagées à 6 mois avec les instillations de DMSO qui représentent indéniablement le traitement le moins décevant ». « La suppression de certains facteurs alimentaires, que les femmes connaissent souvent bien (café, plats épicés…) apporte aussi souvent un plus », considère le Dr Saussine.

    Une explication à trouver
    Toutes sortes d´hypothèses ont été proposées pour expliquer la sensibilité accrue de la paroi vésicale à la distension dans cette cystite très particulière : dysrégulation sympathique, hyperactivité mastocytaire, désordres auto-immuns, infections notamment par Helicobacter pylori. Toutefois, aucune de ces théories ne semble être totalement satisfaisante. Le mystère reste donc entier.
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