L'ABLATHERM ®
des ultrasons contre le cancer de la prostate
http://www.inserm.fr - Note de Presse - 17/02/1999
MAJ 2007 : Les urologues américains engagent la validation du traitement par ABLATHERM ® HIFU [Lire]
MAJ 2003 [Lire]
Voir le site http://www.edap-hifu.com
L'Ablatherm, premier appareil destiné à la thérapie par ultrasons dans le cancer de la
prostate, est issu d'une collaboration exemplaire entre l'INSERM et la société Edap
Technomed. Il révèle aujourd'hui son potentiel thérapeutique.
En effet, les résultats
du premier essai clinique, mené à Lyon, sur une cinquantaine de patients sont
prometteurs et indiquent que les ultrasons pourraient bien devenir une alternative
thérapeutique pour des patients atteints d'un cancer de la prostate localisé et ne
relevant pas de la chirurgie. Les données des essais menés actuellement dans des
centres européens vont dans le même sens. Les résultats obtenus à Lyon sont
publiés dans la revue américaine "Journal of urology". Par ailleurs, la Food and
Drug Administration (FDA) vient de donner son accord pour démarrer une étude
multicentrique aux Etats-Unis.
Le cancer de la prostate est la troisième cause de mortalité par cancer chez l'homme.
Aujourd'hui, un nombre croissant de ces cancers sont décelés au stade localisé, c'est-à-dire
sans diffusion de métastases . Une prise en charge thérapeutique précoce, telle que la
radiothérapie ou la chirurgie, peut donc être envisagée. Une innovation technologique fondée
sur l'utilisation des ultrasons, l'Ablatherm, devrait permettre d'offrir une alternative
thérapeutique intéressante pour certains patients ne relevant pas de la chirurgie, c'est à dire
principalement des personnes âgées de plus de 70 ans.
Cette technique, mise au point par l'équipe de Jean-Yves Chapelon (U281 INSERM dirigée
par M. Dominique Cathignol, à Lyon) et développée par l'entreprise française EDAP
Technomed, présente l'avantage d'être peu invasive, de réduire le séjour hospitalier et de
limiter les effets secondaires.
Par ailleurs, en cas d'échec, et contrairement à la radiothérapie, il est possible de répéter le
traitement. Les premières preuves de l'efficacité clinique de l'Ablatherm, publiées dans
«?Journal of urology?», ont été obtenues grâce à la collaboration du Dr Albert Gelet du
service d'urologie et de chirurgie de la transplantation de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon,
dirigé par le Pr Jean Michel Dubernard.
Le principe de l'Ablatherm repose sur la destruction des tissus tumoraux par des ultrasons de
haute intensité émis par voie endorectale. L'émission d'ultrasons s'accompagne localement
d'une élévation brutale de température qui induit une nécrose des tissus. L'appareil comporte
une sonde endorectale qui permet à la fois de visualiser la prostate et de réaliser le
traitement de la zone ciblée. A l'aide d'un ordinateur, le médecin dirige la sonde à l'intérieur
du rectum vers la prostate et commande l'émission (le "tir") des ultrasons. La destruction du
volume prostatique choisi est obtenue en répétant les tirs à plusieurs reprises (500 en
moyenne) et en déplaçant le faisceau entre chaque émission. Un logiciel de contrôle permet
à l'opérateur de bien délimiter le volume cible pour protéger les parties environnantes :
aucune énergie n'est délivrée en dehors de la partie traitée.
L'Ablatherm fait actuellement l'objet d'une évaluation clinique. Les résultats préliminaires du
traitement de 50 patients viennent d'être publiés. Le protocole, autorisé par le CCPPRB
(Comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale. Cette
autorisation est le préalable à tout essai clinique, en application de la loi Huri) de Lyon en
1992, a inclus des patients de plus de 67 ans (âge moyen = 71 ans) présentant un cancer
localisé de la prostate et n'étant pas candidats à la prostatectomie radicale (ablation de la
prostate). Le résultat du traitement a été évalué par le suivi du taux de PSA4 dans le sang et
par des biopsies de contrôle réalisées à intervalles réguliers après la thérapie. Un bilan
complet a été effectué dans l'année suivant le traitement pour vérifier l'absence de
métastase. Le suivi moyen des patients est de 340 jours.
Un contrôle local de la maladie dans 80% des cas
- Pour 28 des 50 patients traités, la réponse au traitement est un succès, elle est qualifiée
par les médecins de "réponse complète" : les biopsies de contrôle ne révèlent pas de
foyers cancéreux résiduels et le taux moyen de PSA est significativement diminué et stabilisé
(stabilisé entre 0 et 1 ng/ml, le taux normal de PSA est 4).
-
12 patients présentent une réponse partielle au traitement : chez 9 d'entre eux, un résidu
de tissu cancéreux est détecté malgré un taux moyen de PSA normalisé. A l'inverse, 3 autres
patients ne présentent aucun tissu cancéreux résiduel mais affichent néanmoins un taux de
PSA légèrement supérieur à la normale ( taux de PSA à 4ng/ml.).
- Enfin, chez 10 autres patients, le traitement s'est soldé par un échec : 3 d'entre eux ont été
contraints de suivre un traitement hormonal, les 7 autres ont eu recours à la radiothérapie
externe.
Ces résultats soulignent que le traitement par l'Ablatherm permet d'obtenir un contrôle local
de la maladie dans environ 80% des cas (contrôle complet dans 56% des cas et partiel dans
24% des cas).
Quatorze patients (31%) ont présenté une ou plusieurs complications après le traitement.
Néanmoins, les chercheurs notent que depuis la mise en place d'un prototype amélioré de
l'Ablatherm, le nombre de ces complications a nettement diminué (17%). Le risque
d'incontinence est réduit (18%) tandis que le retentissement sur la fonction sexuelle est
encore mal connu.
Il est actuellement trop tôt pour prédire quelle sera la place de cette thérapie dans le
traitement du cancer localisé de la prostate. Le recul est encore court (seul 13 patients ont un
recul supérieur à trois ans) et ces premiers résultats prometteurs devront être confirmés sur
un plus grand nombre de patients.
Une étude multicentrique européenne de phase II est en cours (Lyon : hôpital Edouard
Herriot, Paris : Institut Montsouris et Hôpital Saint-Louis, Allemagne : Munich et Regensburg,
Pays-Bas : Nijmegen).
Par ailleurs, des études de phase III sont envisagées à moyen terme pour évaluer l'efficacité,
la morbidité et le coût de cette nouvelle thérapie par rapport aux autres alternatives
thérapeutiques.
Pour en savoir plus :
---- "Local control of prostate cancer by transrectal high intensity focused ultrasound therapy :
preliminary results"
A. Gelet *, J.Y. Chapelon°, R. Bouvier, C. Pangaud and Y. Lasne
---- Département d'urologie, hôpital Edouard Herriot, Lyon
° U281 INSERM, "Détection et traitement de la prolifération tissulaire par agents physiques",
Lyon Journal of urology, 1999, vol 161, pp156-162
Contact :
- Jean-Yves Chapelon, Dominique Cathignol
U281 INSERM, Lyon
Tél : 04 72 68 19 30
Fax : 04 72 68 19 31
-
Dr Albert Gelet
Service d'urologie et de chirurgie de la transplantation
Hôpital Edouard Herriot, Lyon
Tél : 04 72 11 05 83
Fax : 04 72 11 05 82
- Technomed :
François Lacoste (directeur recherche et développement)
Eric Simon (Président -Directeur Général)
Tél : 04 72 15 31 50
Fax : 04 72 15 31 51
Voir également ARTP : www.artp.org Association pour la recherche sur les tumeurs de la Prostate (Le traitement Traitement des cancers localisés de la prostate par ultrasons focalisés endorectaux : résultats préliminaires )