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Les résultats de l'étude Suvimax
(SUpplémentation en VItamines et Minéraux AntioXydants)
Source : suvimax.org & quotimed.com

Antioxydants à dose nutritionnelle : un cancer sur trois évité chez l'homme

Au terme des huit ans qu'a duré l'étude Suvimax , qui a porté sur plus de 13 000 personnes, les résultats issus de la levée du double aveugle sont enfin disponibles.

Le coktail SUVIMAX
Il correspond à une combinaison de produits connus pour leur activité anti-oxydante. Les anti-oxydants s'opposent à l'accumulation des radicaux libres dans les cellules..
    .
  1. Bêta-carotène 6 mg
  2. Vitamine C 120 mg
  3. Vitamine E 30 mg
  4. Sélénium 100 µg
  5. Zinc 20 mg
  6. Voir également Les antioxydants


Les résultats sont très significatifs. Ils montrent nettement que l'apport de vitamines et de minéraux antioxydants à doses nutritionnelles réduit le risque de cancers ainsi que la mortalité globale chez les hommes

. Cette baisse du taux de cancers de 31 % est très importante puisque près d'un cancer sur trois est évité en moins de huit ans (124 dans le groupe placebo contre 88 dans le groupe antioxydants ; RR 0,69, p<0,008). La différence entre les deux groupes est retrouvée pour la plupart des localisations de cancers, principalement digestifs, ORL, respiratoires et cutanés. La randomisation permet d'affirmer que la réduction observée a bien été causée par les antioxydants. Le nombre de décès chez les hommes était moindre dans le groupe antioxydants (40) que dans le groupe placebo (63) (RR 0,63 ; p<0,02).

En revanche, cet effet n'a pas été retrouvé chez les femmes (171 cancers dans le groupe placebo et 179 dans le groupe antioxydants ; 35 décès dans le groupe placebo, 36 dans le groupe antioxydants).

Il y a en France, chaque année, environ 49 000 nouveaux cancers, survenant chez des hommes entre 45 et 65 ans. En extrapolant les résultats de Suvimax à l'ensemble de cette population, ce sont entre 4 400 (estimation la plus basse) et 23 000 (estimation la plus haute) nouveaux cas de cancers qui pourraient être évités chaque année. Enfin, si on ne se limite plus à la tranche d'âge des Suvimaxiens et aux 7,5 ans de suivi de l'étude, le nombre de cancers évités serait bien plus élevé encore. Enfin, dans la population générale, certaines femmes faibles consommatrices d'aliments riches en antioxydants pourraient-elles aussi bénéficier d'une modification de leurs habitudes alimentaires.

Par contre,le risque cardiovasculaire n'est pas modifié
134 cardiopathies ischémiques dans le groupe antioxydants et 137 dans le groupe placebo. Il n'y avait donc pas de différence entre les deux groupes. On pouvait s'attendre à ce résultat, puisque les études d'intervention n'avaient pas montré de bénéfice cardio-vasculaire chez les personnes recevant des antioxydants (même si ces résultats obtenus avec de fortes doses avaient besoin d'être confirmés avec des doses nutritionnelles).

Comment expliquer l'absence d'effet chez la femme ?

Les femmes moins carencées au départ
Très probablement par un meilleur état du statut nutritionnel en antioxydants des femmes (bêta-carotène et vitamine C). En effet, les hommes avaient au départ de l'étude des taux sanguins de bêta-carotène plus bas que les femmes. Celles-ci consomment davantage de fruits et légumes. Or les niveaux sanguins de bêta-carotène sont corrélés positivement avec la consommation de fruits et légumes (r = 0,20 ; p<0,001). Autrement dit, les petits consommateurs de fruits et légumes ont les niveaux sanguins les plus faibles et réciproquement.
Les femmes de l'étude Suvimax, n'étant pas carencées au départ, n'ont pas eu de bénéfice à être supplémentées.

L'alimentation d'abord

Les résultats de Suvimax signifient-ils qu'il faille conseiller une supplémentation à toute la population masculine ?
Surtout pas. Notre étude était faite pour tester l'intérêt des antioxydants à doses nutritionnelles, tels qu'on les trouve naturellement dans l'alimentation. Les résultats de Suvimax confortent le plaidoyer du PNNS (Programme national nutrition santé) pour la consommation de fruits et légumes, qu'ils soient frais, surgelés, en conserve, cuits ou crus. C'est le meilleur moyen d'apporter les doses adéquates d'antioxydants : une orange et demie couvre les besoins en vitamine C, 60 g de carottes râpées apportent 6 mg de bêta-carotène.

En mangeant 5 fruits et légumes par jour, sous n'importe quelle forme, on a facilement les doses utiles. L'apport par l'aliment plutôt que le complément nous paraît très important. Nous n'avons testé que certains composants antioxydants. Les capsules d'antioxydants ont sûrement procuré un bénéfice moindre que celui des aliments riches en antioxydants qui apportent aussi d'autres substances utiles comme les fibres, la vitamine B (en particulier folates), les polyphénols... La forme capsule a été choisie pour une question de méthodologie (doses fixes pendant huit ans, comparaison à un placebo) ; mais les résultats nous conduisent à promouvoir la consommation de fruits et légumes ; ce qui, en plus, à l'avantage d'éviter de manger trop d'autres aliments moins favorables (gras ou sucrés).

Disposant avec Suvimax de données françaises, en adéquation avec la réalité quotidienne, nous espérons sensibiliser les médecins au bénéfice d'une alimentation riche en antioxydants. Il y a peu de moyens de baisser l'incidence des cancers, aucun ne doit être négligé (alimentation, tabac, alcool...).

Texte intégral :

« SU.VI.MAX, une étrange cuisine »
Sciences et Avenir numéro 678
Revu de presse de medhermes.fr

Sciences et Avenir consacre 3 pages à cette étude qui « préconise la consommation de fruits et légumes pour lutter contre le cancer [et qui] contient de nombreuses zones d’ombre, entre demi-vérités et interprétations scientifiques abusives ». Le magazine publie ainsi sa « contre-enquête ». Sciences et Avenir rappelle notamment qu’« en science, la règle veut que des chercheurs annoncent leurs résultats uniquement après validation d’un comité indépendant. C’est notamment le rôle des comités de lecture des grands journaux scientifiques.

Dans le cas présent, la règle a été allègement piétinée, ce qui suscite la colère des autres scientifiques français auxquels les organismes de recherche imposent, parfois pendant plusieurs mois, le silence sur leurs découvertes. Pourquoi l’Inserm, l’Inra ou les ministères de tutelle ont-ils ici laissé faire ? Mystère », remarque Sciences et Avenir.

Le magazine continue en s’intéressant aux résultats de l’étude, « trop clairs ou trop dérangeants aux yeux des auteurs de l’étude qui, le soir même [de leur parution], s’emploient, sur les chaînes de radio et de télévision, à imposer leur propre interprétation, quitte à accumuler les contradictions ». Sciences et Avenir interroge divers spécialistes qui « contestent » certaines conclusions des auteurs de l’étude, et conclut en citant le Pr Jeffrey Blumberg, directeur du laboratoire de recherche sur les antioxydants à Boston : « Les responsables de SU.VI.MAX, comme tous les scientifiques prudents, devraient restreindre leurs conclusions aux résultats de leur étude, plutôt que de les extrapoler à des recommandations alimentaires qu’ils n’ont pas testées ».
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