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Les enfants roumains meurent par centaines
Par Jean Luc PORTE
BUCAREST, 1er déc (AFP) - A eux seuls, les enfants roumains représentent avec 4.226 cas recensés plus de la moitié des enfants malades du SIDA en Europe selon des statistiques officielles et, à cause du manque quasi total de prévention, la situation s'aggrave d'année en année.
En Roumanie, de jeunes enfants sont morts du SIDA par centaines en 1997. Dans leur majorité - plus de 63%, selon le ministère de la Santé - ces victimes sont des orphelins contaminés par transfusions sanguines ou par des injections avec des seringues non stérilisées.
"Andrea Mari 1989-1990", sous cette inscription le gilet du bébé a été cousu sur l'un des draps où des enfants ont écrit les noms de leurs petits camarades tués par le virus, plus de 1.500 depuis 1990. Ces draps sont étendus sur la chaussée devant l'hôtel Intercontinental à Bucarest à l'occasion de la journée mondiale contre le SIDA.
L'une des organisatrices de la manifestation, Monica Dan, membre de l'association roumaine anti-SIDA ARAS, lance un cri d'alarme: "les autorités ne font pas de prévention et les cas d'enfants contaminés sont encore en progression cette année".
Miloud Oukili, un Français qui dirige Parada, une ONG travaillant sur la réinsertion des enfants de la rue, partage ce pessimisme. "Un gamin atteint du SIDA est un paria en Roumanie". "Devant le manque total de dépistage, dit-il, j'ai le sentiment que les autorités sanitaires jugent inutile d'entreprendre quoi que ce soit puisque finalement l'enfant doit mourir".
La promiscuité entre les enfants vivant en groupe dans les égouts de la capitale et une forte prostitution infantile risquent encore d'accroître l'expansion du SIDA dans les années futures.
A l'origine, l'épidémie s'est propagée sous le régime communiste qui avait interdit l'avortement et peuplé les orphelinats où les tranfusions sanguines étaient largement administrées afin de maintenir en vie des enfants faibles et mal nourris.
Sous le régime de Nicolae Ceausescu, la mortalité infantile comme le SIDA (en 1985, les autorités reconnaissaient un cas unique de SIDA en Roumanie) n'existaient pas dans les statistiques officielles. Or le sang administré aux enfants n'était pas testé contre le virus du SIDA.
Le sida fait des ravages chez les enfants
WASHINGTON, 1er décembre, Reuters - L'étendue de la pandémie de sida est plus importante qu'on ne le craignait: le nombre de séropositifs est doublement supérieur aux prévisions et plus de 40 millions d'enfants risquent de devenir orphelins par sa faute, ont déclaré les experts lundi.
A la lumière de ce diagnostic, les responsables des organismes de lutte contre la maladie ont exhorté les gouvernements du monde entier à intensifier leur lutte contre le virus.
"Il y a cinq ans, nous pensions que le nombre de séropositifs dans le monde était d'environ 12 millions", explique le Dr Peter Lamptey, directeur du Projet de contrôle et de prévention du Sida (AIDSCAP). "Aujourd'hui, Onusida nous dit que la pandémie est bien pire que nous l'imaginions. Plus de 42 millions de personnes ont été contaminées, et le nombre de séropositifs atteint le chiffre astronomique de 30,6 millions."
"Cette année seulement, quelque 5,8 millions de personnes dans le monde ont été contaminées par le virus, ce qui représente 16.000 contaminations par jour, près du double de ce qui avait été prédit", s'inquiète le Dr Peter Piot, directeur exécutif du programme Onusida.
A l'occasion de la 10e journée mondiale de lutte contre le Sida, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et Onusida ont voulu axer leurs campagnes de sensibilisation sur le sort des enfants.
Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a déclaré lundi que les enfants avaient été trop négligés jusqu'à présent, alors qu'ils sont 1.600 à contracter le virus chaque jour, principalement dans des pays pauvres.
Les enfants séropositifs et les orphelins, dont l'un ou les parents sont morts du sida, sont souvent stigmatisés et se voient refuser l'accès à certains services, à l'enseignement ou aux soins, dit Annan.
A la fin 1997, un million d'enfants de moins de 15 ans seront séropositifs; la grande majorité d'entre eux se trouve dans les pays en voie de développement.
La plupart des enfants sont directement contaminés par leur mère, pendant la grossesse, à la naissance ou par l'allaitement. Les adolescents sont exposés à un risque supplémentaire dû aux relations sexuelles non protégées ou à l'injection de drogue par intraveineuse.