Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
Les marqueurs de la Polyarthrite rhumatoïde
Source : Communication des Prs Humbel et Youlnou. JIB Novembre 1999 - MAJ 2007

La présence du facteur rhumatoïde (FR) est un élément essentiel du diagnostic de la PR. Toutefois, ils ne sont présents que dans 70 à 80% des cas et ils peuvent être présents dans d'autres maladies inflammatoires, infectieuses ou néoplasiques.

MAJ 2010
Gonflement articulaire, CRP et AC anti-CCP suffisent à évoquer une PR
EULAR - ACR 2010

Facteur rhumatoïde (FR)
Le facteur rhumatoïde est une immunoglobuline dirigée contre le fragment Fc d'une IgG. Il s'agit le plus souvent d'une IgM anti-IgG.
Le test ELISA détecte l'ensemble des facteurs rhumatoïdes (IgG, IgM, IgA) alors que les tests d'agglutination (Latex, Waaler Rose) ne détectent que les IgM : valeur positive si <1/64ème)

Dans la PR, la sensibilité et la spécificité sont de 80%. Le FR reste absent dans 20% des PR mais peu apparaitre plus tard (30% des cas)

En dehors de la PR, le FR peut être positif :
---- 10 % des sujets sains
---- Dans 50 à 80% des Gougerot-Sjögren
---- Dans 20 à 30% des LED
---- Dans des infections chroniques (BK, hépatie C,..), des hémopathies malignes, cirrhose.

La présence de FR ne suffit pas à confirmer le diagnostic de PR mais sa présence est un indice de mauvais pronostic

D'autres auto-anticorps sont maintenant reconnus comme de bons marqueurs de la PR
  • Les AC antipérinucléaires (APN) sont retrouvés dans 75 à 80% des cas de PR mais aussi au cours de certaines affections inflammatoires et chez moins de 5% de sujets sains. Leur dosage n'est pas encore fiabilisé.

  • Les anticorps antikératine (AAK) sont présents dans environ 50% des patients atteinst de PR.

  • Les anticorps antipeptide citrique citrulliné ou anti-CCP Sensibilité 70%, spécificité > 90% (cf infra)
  • HLA DR4 reste un élément important du diagnostic

    VOIR MAJ 11/2003 Rhumatisme inflammatoire chronique Quels autoanticorps demander et quand ? [Lire]

    EN PRATIQUE
    Le bilan le plus efficace pour diagnostiquer une PR débutante semble associer les quatres marqueurs (FR, APN,AAK et HLA DR4). La positivité de deux d'entre eux permet d'affrmer la diagnostic avec 7 ans d'avance et mettre en place une stratégie thérapeutique précoce.

    Voir également : INFOS - POLYARTHRITE RHUMATOÏDE

    Les anti-CCP, un outil diagnostique hautement spécifique
    La polyarthrite rhumatoïde au congrès de l'ACR - American college of rhumatology - 2004

    S'il est maintenant admis qu'il faut traiter au plus vite la polyarthrite rhumatoïde, encore faut-il disposer d'outils diagnostiques performants permettant aussi d'identifier les formes d'évolution plus grave. Les anti-CCP constituent à cet égard une aide efficace, liée à leur très grande spécificité.

    L'intérêt démontré d'un traitement précoce de la polyarthrite rhumatoïde a comme corollaire le diagnostic précoce de la maladie. Si l'examen physique permet le plus souvent d'asseoir le diagnostic d'arthrite inflammatoire, seule la biologie offre la possibilité d'orienter précisément ce diagnostic. Depuis quelques années, la recherche de facteurs rhumatoïdes dont on sait qu'ils peuvent être aussi présents au cours de diverses pathologies a été complétée par celle de certains auto-anticorps. Les anticorps antipérinucléaires puis antikératine se sont effectivement révélés beaucoup plus spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde. Plus récemment, il a été mis en évidence que l'antigène cible de ces anticorps était la filaggrine produisant, après l'intervention d'une enzyme spécifique, de la citrulline. En 1998, G. A. Shellekens et coll. ont montré que des anticorps réagissant avec des peptides synthétiques contenant cet acide aminé inhabituel étaient présents dans plus de 70 % des sérums de polyarthrite rhumatoïde. L'utilisation d'une version cyclique du peptide a alors permis la mise au point d'un test Elisa pour la recherche d'anticorps antipeptide citrique citrulliné ou anti-CCP.

    Facteurs rhumatoïdes et anti-CCP

    De nombreuses communications axées sur l'utilisation de ce marqueur ont confirmé sa grande spécificité. Ainsi, Floris A. van Gaalen et coll. (Pays-Bas) ont mené une étude prospective ayant inclus 936 patients consécutifs chez qui une arthrite débutante avait été diagnostiquée. Parmi eux, 318 ont été considérés comme porteurs d'une arthrite d'origine indéterminée, 249 sans anti-CCP et 69 avec anti-CCP. Après trois ans de suivi, 127 malades (40 %) avaient finalement une polyarthrite rhumatoïde : il s'agissait de seulement 25 % (63/249) des malades ayant une recherche initiale d'anti-CCP négative et de 93 % (64/69) des patients porteurs d'anti-CCP (odds ratio : 37,8 ; IC 95 % : 13,8-111,9). Dans un autre travail, le dosage d'anti-CCP et de facteurs rhumatoïdes a été réalisé chez 179 patients remplissant les critères ACR de la PR et chez 448 sujets témoins (parmi lesquels 100 sujets sains). La spécificité de la présence conjointe d'anti-CCP et de facteurs rhumatoïdes a été de 99,6 %. Les taux d'anti-CCP étaient aussi souvent plus élevés en cas de polyarthrite rhumatoïde (avec 49 % des taux dépassant 105 unités/ml).

    Une corrélation avec le développement d'érosions osseuses

    De même, plusieurs autoanticorps ont été testés au cours de l'étude VErA qui a suivi, pendant un an, 314 patients ayant une inflammation articulaire évoluant depuis moins de six mois à l'inclusion. Finalement, le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde a été posé chez 176 malades. Les autoanticorps qui étaient les plus prédictifs de polyarthrite rhumatoïde à un an étaient les anti-CCP, les facteurs rhumatoïdes de type IgA et les antipérinucléaires. Des résultats similaires ont été apportés par une équipe viennoise qui a suivi de façon prospective, pendant au moins six mois, 180 patients ayant une arthrite vue dans les trois mois suivant le début de la symptomatologie. Cent de ces malades avaient in fine une maladie rhumatoïde. La spécificité des facteurs rhumatoïdes à un taux =50U/ml et des anti-CCP était très élevée et la combinaison des tests, facteurs rhumatoïdes + anti-CCP ou facteurs rhumatoïdes + anti-RA33 était ainsi hautement prédictive de polyarthrite rhumatoïde (VPP =100 %). De plus, la présence de facteurs rhumatoïdes et d'anti-CCP était corrélée au développement ultérieur d'érosions osseuses.

    La recherche de ces marqueurs apparaît donc très utile pour établir le diagnostic, notamment dans certaines situations cliniques difficiles où il existe des facteurs rhumatoïdes sans signer pour autant une polyarthrite rhumatoïde. Ces marqueurs permettraient également d'identifier très tôt les patients susceptibles de recevoir un traitement plus "agressif".

    Voir MAJ 10/2004 : Anticorps anti-CCP2 : un nouvel outil diagnostique dans la PR [Lire]
    .
    Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente