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ARTHROSE

L’arthrose est une pathologie des séniors. Elle affecte donc aujourd’hui près de cinq millions de personnes en France. Bien qu’elle soit généralement bénigne, l’arthrose atteint le patient dans ses moindres gestes et lui cause parfois une gêne considérable.

NB : 85 % des patients de plus de 70 ans présentent des signes radiologiques d'arthrose mais tous n'en souffrent pas !!!

PHYSIOPATHOLOGIE

Le premier temps se caractérise par une lésion du cartilage articulaire.
Le cartilage joue un rôle fondamental dans le fonctionnement de l’articulation car il favorise la répartition des pressions s’exerçant sur le corps et facilite le glissement des surfaces articulaires en limitant les frottements. Compressibilité et élasticité, le cartilage doit ces propriétés à la présence de fibres de collagène et de protéoglycanes. Ces éléments synthétisés par les chondrocytes constituent la matrice cartilagineuse.

L’acide hyaluronique, substance lubrifiante sécrétée dans le liquide synovial et constitutive des protéoglycanes, améliore la lubrification articulaire et intervient également dans la protection contre les traumatismes.

Physiologiquement, le cartilage se renouvelle sans cesse en larguant dans la cavité articulaire des fragments de tissu. Afin d’évacuer ces éléments, il se produit une sécrétion d’enzymes (cathepsine, protéases neutres) permettant la destruction du cartilage ancien, tandis que le chondrocyte reconstruit du tissu nouveau.
En cas de contraintes mécaniques trop souvent répétées ou exagérées, les débris cartilagineux vont entraîner une inflammation de la synoviale, engendrant la sécrétion abondante de ces enzymes particulièrement actives en cas de lésion. Lorsque ce processus est dépassé, les enzymes s’attaquent au cartilage et entretiennent le phénomène d’inflammation ainsi initié : il s’agit d’une poussée inflammatoire aiguë à l’origine du processus dégénératif articulaire.

Les lésions se traduisent par des fissurations à la partie superficielle, puis verticalement plus en profondeur donnant au cartilage un aspect fibrillaire, finement hérissé. Dans un second temps survient une ulcération de ce cartilage, évoluant vers sa disparition définitive, avec pour conséquence ultime la mise à nu de l'os sous-chondral.

Une ostéosclérose sous-chondrale
Parallèlement aux lésions catilagineuses, on observe une sclérose de l’os sous-chondral avec épaississement des extrémités osseuses ainsi qu’une formation marginale d’excroissances ou ostéophytes appelées éperons (phénomène d’ostéophytose); les célèbres "becs de perroquet".
L’ostéosclérose sous-chondrale résulte d’un excès de pression régnant dans la zone d’appui du fait de la disparition de l’amortisseur cartilagineux.

SEMIOLOGIE

Il faut d'emblée noter qu'il n'existe pas une relation simple entre des images radiologiques d'arthrose et la douleur.

L’arthrose se manifeste au niveau des articulations touchées par un enraidissement matinal et par une douleur en cas de mouvement, cédant au repos.
En cas de poussée inflammatoire, un gonflement viendra enrichir le tableau clinique.

Ces symptômes apparaissent la plupart du temps de manière progressive, du fait de l’évolution extrêmement lente de la maladie.
Il existe divers modes d’évolution clinique de l’arthrose : le processus de perte de cartilage peut progresser lentement sur quelques décennies, s’aggraver sur plusieurs années en alternant des périodes de progression rapide et des périodes de progression lente, voire inexistante, et enfin évoluer sur douze à vingt-quatre mois. Dans cette dernière situation, il s’agit d’arthrose destructrice rapide.

Le diagnostic se complète d’un examen radiologique où apparaissent
  • un pincement de l’interligne articulaire (amincissement du cartilage),
  • Une ostéophytose ainsi qu’une ostéosclérose dans les zones d’appui.
TRAITEMENT

Vaste programme qui repose sur la lutte contre la douleur et l'inflammation, l'entretien de la fonction articulaire et le ralentissement de la destruction du cartilage.

L’arsenal thérapeutique se compose de trois types de médicaments :
  • les antalgiques
  • les anti-inflammatoires (AINS traditionnels, coxibs et corticoïdes)
  • les anti-arthrosiques ou chondroprotecteurs d’action lente dit "de fond".
A côté de la prise de médicaments, la kinésithérapie, l'orthopédie, la thalassothérapie, la balnéothérapie sont également utiles.
L'entretien articulaire est une partie importante du traitement.

Conseils pour prévenir, retarder l'évolution et éviter la douleur due à l'arthrose.
Avec le Pr Xavier Chevalier, chef du service de rhumatologie à l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil
  • S'alléger : Perdez du poids pour soulager les articulations porteuses.
  • Marcher : Marchez tous les jours et avec «bon sens» : sans forcer, en terrain plat et avec des chaussures adaptées (attention aux talons).
  • S'activer avec modération mais eviter les stations debout prolongées et choisir une activité sportive adaptée : natation, bicyclette, gym douce, aquagym...
  • La kinésithérapie : Pratiquez les traitements de kinésithérapie avec des petits exercices à faire à domicile, si besoin en association avec des médicaments contre la douleur.
  • Ne pas forcer : c'est respecter un temps de repos lors d'une activité un peu soutenue (soufflez entre deux mouvements de gym, faites des pauses en jardinant, repassant, ...).
  • Écouter son votre corps et stopper en cas de douleur.
  • Se reposer En cas de crise, reposez l'articulation malade tant qu'elle est douloureuse.
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