COMMUNIQUE DE PRESSE


Numéro 239, mai 2003

Évaluation des médicaments : au service de qui ?

Les nouveaux médicaments sont mis sur le marché sans que l’on sache, la plupart du temps, le progrès qu'ils apportent.

Contrairement à ce que beaucoup croient, il n'est pas demandé aux firmes pharmaceutiques qui veulent commercialiser un nouveau médicament de prouver qu'il est supérieur aux médicaments comparables déjà disponibles. Il n'est même pas exigé qu'il leur soit comparé !

Dans son numéro de mai, la revue Prescrire montre ainsi, par exemple, que la paroxétine (Deroxat°) a obtenu une nouvelle indication dans l'anxiété généralisée sans avoir été comparée aux benzodiazépines ou à une psychothérapie, traitements de première ligne.

Toujours dans l'actualité, l'évaluation du tadalafil (Cialis°), proche du sildénafil (Viagra°), repose principalement sur des essais contre placebo. La revue Prescrire regrette que des patients chez lesquels le médicament avait moins de chance d'être efficace (patients ne répondant pas au sildénafil), ou chez lesquels les problèmes d'érection sont les plus graves (ablation de la prostate, traumatisme médullaire, etc.), aient été exclus de la plupart des essais.

Ainsi, nombre de nouveaux médicaments sont commercialisés sans que l'on sache très bien quel est leur intérêt pratique relatif.
Cette situation regrettable en termes de santé publique résulte de l'application de la liberté du commerce au secteur du médicament. Cette liberté étant étendue à celle du prix des médicaments et de la publicité, au moins auprès des professionnels de santé, la facture pharmaceutique pèse de plus en plus lourd dans les comptes sociaux. Pour quel bénéfice ?

Il faut que les responsables politiques renforcent les exigences en matière d'évaluation des médicaments.

A consulter : La Revue Prescrire
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