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Bupropion - Amfébutamone - Zyban ®
Fiche de pratique thérapeutique

AGENCE FRANÇAISE DE SECURITE SANITAIRE DES PRODUITS DE SANTE
23 MAI 2003
Source : http://afssaps.sante.fr/htm/10/tabac/sommaire.htm#

Il s'agit d'un médicament utilisé dans certains pays comme antidépresseur. Il agit en inhibant la recapture de la dopamine et de la noradrénaline au niveau synaptique dans le système nerveux central. [Lire]

Voir également :
  • LES STRATEGIES THERAPEUTIQUES DE L’AIDE A L’ARRET DU TABAC (AFSSAPS)[Lire]
  • Traitement nicotinique de substitution (TNS) : Fiche de pratique thérapeutique [Lire]
  • Evaluation du niveau de dépendance: TEST DE FAGERSTRÖM [Lire]
  • Profil psychologique de la dépendance au tabac. TEST DE HORN [Lire]

    Efficacité

    Son efficacité dans le sevrage tabagique a été démontrée dans plusieurs essais thérapeutiques contrôlés ayant inclus un total de 2292 patients non déprimés (Niveau de preuve = I). Les méta-analyses font apparaître une supériorité légère mais régulière du bupropion LP par rapport au traitement de substitution nicotinique.
    Il n’existe pas de preuve que l’association du bupropion LP et de substituts nicotiniques soit plus efficace que chacun des produits utilisé seul (Niveau de preuve = III). A ce jour, la seule étude ayant évaluée cette association ne montre pas de différence d'efficacité entre le bupropion LP seul ou en association avec les substituts nicotiniques.

    La durée habituelle de traitement par le bupropion LP est de 8 semaines (7 à 9 semaines) (Grade A).
    L’efficacité du bupropion LP a été démontrée dans des essais thérapeutiques comportant des critères d'inclusion restrictifs. Son efficacité dans d'autres populations de patient reste à démontrer. Le bupropion LP a été démontré efficace chez :
    1. Des fumeurs chroniques âgés de plus de 18 ans, en bon état de santé général, indemnes de pathologies cardiaque, rénale, endocrinienne, cutanée, neurologique, psychiatrique et d’hypertension artérielle fumant plus de 15 cigarettes/jour et motivés à l’arrêt du tabac

    2. Des fumeurs atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante ou modérée : stade I (VEMS > 50 %) et stade II (50 % < VEMS > 35 %) de la classification internationale, motivés à l’arrêt du tabac et consommant au moins 15 cigarettes/j l'année précédente et ne s'étant pas arrêté de fumer plus de 3 mois l'année précédente.
    Modalités du traitement par le bupropion LP

    Les modalités suivantes de prescription du bupropion LP sont recommandées
      Respect strict des contre-indications :
    • antécédents d'hypersensibilité au bupropion, ou à l'un de ses excipients
    • troubles convulsifs évolutifs
    • antécédents de convulsion
    • tumeur du système nerveux central
    • troubles bipolaires (ex psychose maniaco-dépressive)
    • sevrage alcoolique
    • sevrage en benzodiazépine et produits apparentés
    • traitement par IMAO
    • anorexie, boulimie, actuelles ou anciennes
    • insuffisance hépatique sévère

      Recherche systématique chez tous les patients de facteurs de risque de convulsions qui abaissent le seuil épileptogène :
    • administration concomitante d'autres médicaments connus pour abaisser le seuil épileptogène. (ex : antipsychotiques, antidépresseurs, antipaludéens, tramadol, théophylline, stéroïdes administrés par voie systémique, quinolones et antihistaminiques sédatifs). En cas de prescription de médicament de ce type chez un patient en cours de traitement par le bupropion LP, la dose maximale de 150 mg par jour est préconisée pour la durée de traitement restante.
    • abus d'alcool
    • antécédent de traumatisme crânien
    • diabète traité par antidiabétiques oraux ou par insuline
    • utilisation de produits psychostimulants ou anorexigènes.
    Il est recommandé de se référer au Résumé des caractéristiques du produit (RCP) lors de sa prescription en raison des précautions d'emploi et des modalités posologiques particulières.

    L’administration du bupropion est déconseillée au cours de la grossesse et de l’allaitement

    Le bupropion LP n'est pas inscrit sur la liste des médicaments remboursables.

    Le bupropion LP présente un risque de convulsions (estimé à 1/1000, soit 0,1 %). Ces crises sont principalement généralisées de type tonico-cloniques. Il s’agit de l’effet indésirable le plus grave et le plus redouté du produit, d’où ses contre-indications d’emploi. D’un point de vue pratique, l’effet indésirable le plus fréquemment rencontré est l’insomnie qui impose de décaler la prise du 2 ème comprimé en respectant toujours un intervalle de 8 heures. Les médecins doivent connaître la possibilité d'usage détourné du bupropion LP dans un but psychostimulant ou récréatif

    Place du bupropion LP dans l’aide à l’arrêt du tabac

    Le praticien doit encourager les tentatives d'arrêt de chaque patient fumeur et soutenir sa démarche (conseil minimal 1 ). Pour un patient prêt à entreprendre une tentative d’arrêt, trois méthodes ont démontré leur efficacité : les traitements nicotiniques de substitution (TNS), les thérapies cognitives et comportementales (TCC) et le bupropion LP. Le traitement nicotinique de substitution est la thérapeutique la plus ancienne et la mieux évaluée. Le traitement nicotinique de substitution présente un rapport bénéfice/risque particulièrement élevé.

    Les traitements pharmacologiques doivent être utilisés en association avec un conseil minimal et un soutien psychologique suivi. Ces traitements pharmacologiques sont indiqués chez les patients dépendants (score de dépendance moyen et élevé au test de Fagerström) afin de diminuer ou d’annuler les symptômes du sevrage. Le choix de leur utilisation est fondé sur les antécédents du patient, le risque d’effets indésirables, le degré de dépendance nicotinique, l’existence de contre-indications éventuelles à ces produits, les pathologies associées, les risques éventuels de pharmacodépendance et de mésusage, les compétences du praticien et les préférences du patient (Accord professionnel). Il n’y a pas de bénéfice actuellement à associer substituts nicotiniques au bupropion LP : cette association n’est pas recommandée (grade C).

    La durée recommandée de traitement par le bupropion LP est de 7 à 9 semaines (Grade A). Des traitements plus prolongés ne sont pas recommandés à ce jour (Accord professionnel).
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