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Phytoestrogènes : oui, mais pas pour tout le monde !
Castelo-Branco C : « Phytoestrogens: fact or fiction ? »
11th World Congress on the Menopause : 18-22 octobre 2005, Buenos Aires (Argentine).

Voir également la mise au point de l'AFSSAPS (2005) [Lire]
Voir également l'avis de la Revue Prescrire [Lire]


L’estrogénothérapie substitutive constitue le traitement de choix des troubles climatériques de la femme ménopausée. Il fait cependant l’objet de nombreuses critiques depuis la publication de la Women Health Initiative Study qui a montré une augmentation des risques vasculaires ou mammaires lié au traitement hormonal.
Force est donc de chercher des stratégies thérapeutiques permettant de lutter contre les principaux symptômes désagréables de la ménopause comme les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, ou les crises de sudation nocturne.

Les phytoestrogènes constituent un ensemble de substances présentent naturellement dans un certain nombre de plantes et se liant de façon préférentielle aux récepteurs aux oestrogènes. Parmi les plantes riches en phytoestrogènes citons le trèfle rouge, le houblon, le soja. Les phytoestrogènes les plus étudiés appartiennent aux groupes des isoflavones (génistéine, daidzéine), des lignans et des coumestrans.
Ces phytoestrogènes pourraient représenter une alternative aux THS classiques, et ce d’autant plus que leur origine végétale, « naturelle » les pare de tous les avantages.
Plus de 70 % des femmes prenant ces compléments n’informent pas leur médecin et seules 4 % d’entre elles reconnaissent avoir reçu des conseils de la part de leur médecin.

Bien que leur activité et leurs risques soient mal démontrés et connus, les phytoestrogènes ont la réputation d’être efficaces et sûrs pour traiter les symptômes climatériques.
Plusieurs études épidémiologiques observationnelles ont montré que chez les femmes des pays d’Asie du Sud-Est la probabilité de présenter des bouffées de chaleur était en relation directe avec le niveau de consommation de soja qui contient des quantités assez importantes de phytoestrogènes. En fait, c’est principalement sur ce type de données, de niveau informatif assez faible, qu’est basé la réputation d’efficacité des phytoestrogènes. Malheureusement, les résultats des études expérimentales sont plus contradictoires et ne montrent pas d’efficacité franche contre les bouffées de chaleur aussi bien avec les extraits de soja que de trèfle rouge. Il en est de même pour l’action anti-ostéoporotique avec des résultats décevants.

En France, les phytoestrogènes n’ont pas le statut de médicament mais de complément alimentaire et font donc l’objet d’une délivrance sans prescription. Compte tenu des incertitudes concernant les effets cliniques réels de ces substances végétales que l’on peut classer, tout au moins par rapport à leurs propriétés in vitro, dans le groupe des modulateurs sélectifs des récepteurs aux oestrogènes (SERM), l’Agence Française de Sécurité Alimentaire recommande de ne pas proposer ces produits aux femmes à haut risque mammaire. Dr Jean-Marie Brideron

Voir également la mise au point de l'AFSSAPS (2005) [Lire]
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