Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
VERTIGES DE L'ENFANT
Source : Oups... perdue

Le vertige est un symptôme rare chez l'enfant. Malgré la bénignité de la plupart des étiologies, la recherche d'une pathologie centrale oblige à la plus grande rigueur dans les différentes étapes du diagnostic.

Diagnostic clinique

Généralement facile en évaluant bien la notion rotatoire par rapport à des troubles de l'équilibre ou un malaise.
L'interrogatoire doit préciser la date de survenue du vertige, sa durée et sa fréquence de survenue, les circonstances déclenchantes (lors de l'immobilité ou à l'occasion de mouvement), les signes associés (signes auditifs et neuro-végétatifs, torticolis, mouvements anormaux), les conséquences du vertige (chute, perte de connaissance, céphalées).

Les antécédents personnels (épilepsie, prise médicamenteuse)
Les antécédents familiaux (migraine, affection neurologique)

L'examen clinique.

Comme chez l'adulte, l'examen clinique ORL et neurologique a pour but la recherche d'une déviation posturale (déficit vestibulo-spinal) et d'un nystagmus (déficit vestibulo-oculaire). Dans le but d'éliminer une possible atteinte centrale une telle atteint peut être orientée par l'analyse de la poursuite oculaire, le contrôle visuel du nystagmus vestibulaire, l'étude du contrôle postural, la recherche d'un nystagmus de type central, d'un gaze nystagmus, d'un nystagmus spontané.

Les examens complémentaires

Les examens complémentaires comprendront les explorations audiologiques et en fonction de l'âge de l'enfant des épreuves vestibulaires instrumentales (pendulaire et calorique).
Les examens radiologiques (scanner des rochers et IRM cérébrale et des angles pontocérébelleux) doivent être orientés en fonction de l'examen clinique.
Voir Exploration radiologique des vertiges

Diagnostic étiologique
  • Les vertiges sans signes d'accompagnement auditif (25 à 28 %)

    • Le vertige paroxystique bénin (VPB) touche en général l'enfant entre 2 et 4 ans, exceptionnellement au-delà de 10 ans.
      Le VBP est un vertige paroxystique qui dure de quelques secondes à une minute, non épileptique, récurrent, accompagné de manifestations objectives ou subjectives.
      Les épisodes rotatoires à début brutal s'associent à une anxiété, une crainte visible sur le visage de l'enfant, une immobilisation ou des essais d'agrippement, des nausées et des vomissements. Il n'existe jamais de perte de connaissance ni de déficit auditif.
      Les antécédents personnels retrouvent assez souvent une notion de torticolis paroxystique et les antécédents familiaux, un terrain migraineux dans 50% des cas.
      Il peut être accompagné de quelques troubles auditifs.

      Les bilans clinique et paracliniques sont normaux. La fréquence du VPB est variable d'un accès hebdomadaire à un accès mensuel, sa récurrence diminuant avec l'âge. L'évolution est spontanément favorable en quelques mois voir années et c'est à l'occasion des récurrences que le diagnostic est habituellement posé.

      Le vertige paroxystique bénin représente 2 à 3 % des vertiges de l'enfant. Il est diagnostiqué par la manœuvre de Dix et Hallpike mettant en évidence un nystagmus géotropique de durée brève survenant avec un temps de latence. Le traitement consiste en une manœuvre libératoire avec d'excellents résultats comme chez l'adulte.

      L'évolution peut être marquée par une transformation en migraine maladie ou en épisodes de syndrome périodique (30%) qui associent des douleurs abdominales, des torticolis spasmodiques, des vomissements périodiques et récurrents.

    • La névrite vestibulaire d'origine probablement virale donne un tableau clinique de vertige important (difficulté de la marche) avec tous les signes digestifs possibles... et peut durer quelques jours à quelques semaines. (cf infra)

    • La migraine ou équivalents migraineux réalise une illusion rotatoire, de durée brève (quelques minutes) souvent accompagnée d'un éblouissement et de céphalées rarement pulsatiles (la céphalée peut manquer).
      Les nausées, les vomissements et l'instabilité y sont fréquents. La crise vertigineuse peut survenir pendant la crise douloureuse, lors de l'aura migraineuse, enfin plus rarement en dehors des épisodes migraineux rendant le diagnostic plus difficile.

      L'interrogatoire retrouve, dans la majorité des cas, une histoire familiale de migraine. L'examen clinique et nystagmographique ainsi que l'électroencéphalogramme sont normaux en dehors des crises

    • L'épilepsie vestibulaire est une cause rare de vertige de l'enfant (1 à 3,5% des cas) qui s'accompagne le plus souvent d'une rotation incontrôlable du corps ou de la tête, et d'une rotation des yeux, ce qui la différencie des autres vertiges.

    • Les problèmes psychologiques, tels que les crises de panique ou d'hyperventilation peuvent entraîner des épisodes répétés que la famille ou l'enfant appellent vertige, et qui sont en réalité des malaises associés à des nausées, des palpitations, pâleurs, oppression et respiration très courte.
      Il s'agit en général d'enfants anxieux avec une histoire familiale de spasmophilie ou d'anxiété.

  • Les vertiges avec signes d'accompagnement auditif

    • Les fistules périlymphatiques réalisent une communication anormale entre l'oreille moyenne et l'oreille interne avec, en principe, une fuite de liquide périlymphatique.
      Elles peuvent être acquises ou congénitales. Acquises, l'origine est soit iatrogène (post-chirurgicale dans le cadre d'une chirurgie de l'otite chronique), soit post-traumatique (traumatisme crânien avec ou sans fracture du crâne, fracture du rocher, traumatisme pénétrant de l'oreille, barotraumatisme), ou par érosion (otomastoïdite aiguë ou chronique par dysperméabilité de la fenêtre ronde, cholestéatome). Congénitales, elles peuvent être associées ou pas à des anomalies cliniquement ou radiologiquement visibles de l'os temporal (dysplasie de Mondini, dilatation des aqueducs, malformations de l'étrier, de la fenêtre ovale, de la fenêtre ronde et microfissures de la capsule otique et du conduit auditif interne).
      L'interrogatoire est riche de renseignements lorsqu'il retrouve des facteurs prédisposants tels qu'un traumatisme crânien rapidement suivi d'une surdité ou d'un vertige, une surdité brusque ou des vertiges dans les suites d'un barotraumatisme ou d'un traumatisme acoustique, l'aggravation d'une surdité après une chirurgie de l'oreille moyenne.
      L'examen clinique doit surtout s'attacher à rechercher des malformations de la tête ou des oreilles (trisomie 21, microcéphalie, craniosténose, ostéogéni imperfecta, malformation des pavillons).

      Cliniquement, l'hypoacousie est habituellement progressive ou fluctuante, plus rarement brusque, et les vertiges surviennent par accès. Il est rare que les vertiges surviennent isolément ou qu'ils soient l'élément dominant du motif de consultation. La recherche de signes vestibulaires de type nystagmus est très décevante.
      L'exploration radiologique (scanner et IRM avec injection de produit de contraste) doivent rechercher des anomalies morphologiques significatifs, pas toujours faciles à mettre en évidence, de l'existence d'une fistule péri-lymphatique.

    • La maladie de Ménière représente moins de 1% des cas de vertiges de l'enfant et elle survient chez des pré-adolescents ou des adolescents. Le diagnostic comprend la triade symptomatique associant vertiges paroxystiques, surdité fluctuante sur les fréquences graves et bourdonnements. La durée de la crise vertigineuse est variable, d'un quart d'heure à plusieurs heures.

    • Les atteintes de l'oreille moyenne, telles que les otites séromuqueuses, sont probablement les premières causes de vertige et de déséquilibre chez l'enfant. Cela implique la nécessité d'un diagnostic et d'une prise en charge spécifique de ces atteintes en cas de vertiges ou de maladresses voir de chutes faciles.
La grande crise vertigineuse

Il s'agit d'un épisode vertigineux aigu pouvant durer plusieurs jours et répondant aux étiologies suivantes :
  • La névrite vestibulaire se présente, comme chez l'adulte, par une grande crise aiguë de vertige, accompagnée de signes neurovégétatifs, sans surdité ni acouphènes
    . Celle-ci dure 3 à 15 jours, puis il s'installe une instabilité qui va s'estomper progressivement.
    L'examen vestibulaire, durant les premiers jours est très évocateur, avec un nystagmus de degré III et une aréflexie unilatérale à l'épreuve calorique ou une prépondérance totale du côté opposée à la lésion.
    La compensation centrale du déficit vestibulaire est plus rapide chez l'enfant que chez l'adulte avec une normalisation de l'épreuve calorique dans 86% des cas chez les enfants (64% pour les adultes).

  • La labyrinthite (8%) répond à deux étiologies:
    • Les labyrinthites séreuses avec une surdité soit aiguë, soit fluctuante, soit progressive, associée à des manifestations vertigineuses souvent minimes, chez un enfant présentant une otite séromuqueuse
      Les labyrinthites aiguës suppurées avec un vertige intense et rotatoire, qui s'installe en quelques heures et qui s'accompagne d'une baisse de l'audition avec nausées et vomissements, chez un enfant présentant une otite moyenne aiguë ou une surinfection d'otite chronique.

    • Le vertige positionnel central se caractérise par un nystagmus de type positionnel, une instabilité qui peut démarrer par une crise aussi violente qu'un épisode labyrinthique périphérique. Cette forme sévère s'améliore graduellement en quelques semaines comme dans la névrite vestibulaire. Une tumeur ou un hématome proche du quatrième ventricule ou des noyaux vestibulaires doit être recherché.


  • La maladie démyélinisante touche principalement les adultes jeunes, beaucoup plus rarement les adolescents.
L'instabilité chronique
  • La tumeur cérébrale doit être évoquée en présence d'une ataxie de l'enfant, surtout d'installation progressive associant des céphalées. Il faut rechercher des signes vestibulaires centraux, une altération des potentiels évoqués auditifs et pratiquer une IRM endocrânienne.

  • Le déficit vestibulaire bilatéral peut être congénital ou acquis dans la petite enfance et doit être recherché devant toute surdité bilatérale profonde. Un retard d'acquisition de la marche au-delà de 18 mois peut être un indice de suspicion du syndrome d'Usher.
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente