Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
DNID - Diabète de type 2 chez l'enfant
La metformine en première intention
Congrès national de la Société française de pédiatrie
21-24 mai 2003 - Nancy
Communication du Dr Michel Polak.

Avec l'accroissement préoccupant de l'obésité chez les enfants et les adolescents est apparue une pathologie jusqu'à présent rare en pédiatrie : le diabète de type 2.
Faute d'essais contrôlés dans cette population, les traitements sont, dans la majorité des cas, comme dans d'autres pathologies, extrapolés des données disponibles chez l'adulte. Si l'activité sportive et les modifications diététiques constituent la clé de voûte de la prise en charge, la metformine, associée dans certains cas à un sulfamide ou à la répaglinide, peuvent être proposées.

La pratique régulière du sport et les mesures diététiques sont souvent difficiles à mettre en place au moment de l'adolescence
Faute d'essais réalisés dans des populations pédiatriques, les des options thérapeutiques de l'adulte ont dû être extrapolées

. On sait néanmoins que, comme chez l'adulte, le diabète de type 2 de l'enfant s'accompagne d'une insulinorésistance [Lire], accrue lors de la puberté et plus marquée chez les filles que chez les garçons.
Il semble qu'il faille aussi une déficience insulinosécrétoire pour qu'apparaisse une hyperglycémie d'abord postprandiale, puis à jeun.

L'objectif thérapeutique est d'atteindre et de maintenir une HbA1c <= 7 %, une glycémie à jeun <= 1,2 g/l et un poids « correct ». Ces cibles doivent être atteintes si l'on veut éviter l'apparition de complications micro- et macrovasculaires précoces.

La prise en charge de ces jeunes diabétiques fait d'abord appel à des modifications de leur mode de vie, associant exercices physiques réguliers et des règles diététiques, mesures, qui, sans doute encore plus que chez l'adulte, sont bien difficiles à mettre en place au moment de l'adolescence.

L'implication active de la famille est indispensable et des programmes éducatifs associés à un soutien psychologique sont recommandés.
L'approche hygiéno-diététique est nécessaire, mais rarement suffisante. Si l'objectif glycémique n'est pas atteint après une période de trois mois, un traitement pharmacologique s'impose.

La metformine a été évaluée chez l'adolescent dans un essai contrôlé, qui a montré son efficacité et sa bonne tolérance. Elle assure une diminution de 1 à 2 % de l'HbA1c. De plus, elle a un effet anorexigène et pourrait donc favoriser la perte de poids. Le risque potentiel d'acidose lactique ne constitue pas une réelle menace chez l'adolescent, car il est généralement lié à d'autres pathologies (insuffisance rénale, cardiaque ou respiratoire, hépatopathies) exceptionnellement présentes à cet âge.

La metformine est actuellement le traitement de première intention.
En cas d'échec de la monothérapie après trois à six mois, un sulfamide hypoglycémiant ou la répaglinide peuvent être ajoutés. Les inhibiteurs de l'alphaglucosidase et les thiazolidinediones ne sont pas utilisés à l'heure actuelle chez l'enfant et l'adolescent.

En cas d'hyperglycémie très importante ou d'acidocétose, une insulinothérapie est instituée. Lorsque le diagnostic de diabète de type 2 est confirmé, elle peut être diminuée ou arrêtée lorsqu'un régime adapté et une activité physique régulière ont été mis en œuvre.

D'autres facteurs de risque sont souvent associés chez ces adolescents obèses, notamment une hypertension artérielle et une dyslipidémie.
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente