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Sinusite de l’adulte
Effect of Amoxicillin-Clavulanate in Clinically Diagnosed Acute Rhinosinusitis A Placebo-Controlled, Double-blind, Randomized Trial in General Practice
Heiner C. Bucherand col - Arch Intern Med. 2003;163:1793-1798


MAJ 2010
Traitement des rhino-sinusites infectieuses aiguës en 2010 [Lire] (congrès 2010 la Société française d’ORL)

La plupart des recommandations de l’AFSSAPS pour la sinusite de l’adulte résulte plus d’accords professionnels que d’arguments fondés sur des preuves concrètes. Ce qui fait qu’on cerne encore mal l’impact réel de l’antibiothérapie sur la maladie diagnostiquée cliniquement.

Dans cette optique l’équipe de l’Institut d’épidémiologie clinique de Bâle conduite par le Dr Heiner Bucher a lancé l’étude BASINUS, un essai sur 252 patients pour tester l’association amoxicilline-clavulanate [2].

Tous les sujets présentaient un historique de rhinorhée purulente et de douleurs maxillaires ou frontales depuis au moins 48 heures. Après randomisation la moitié d’entre eux a reçu 875 mg d’amoxicilline et 125 mg d’acide clavulinique deux fois par jour pendant 6 jours.
Tous les patients recevaient en outre du paracétamol et un décongestionnant.

Et il s’est ainsi trouvé qu’au final aucune différence n’a été relevée au niveau de l’objectif primaire, le temps de guérison. De fait à une semaine le taux de guérison était de 29,8 % avec l’antibiotique contre 30,7 % avec le placebo ; à deux semaines l’écart ne se creusait guère, avec des valeurs de 76,6 % et 74,0 % respectivement. Côté critères secondaires, le nombre de jours pendant lesquels l’activité du patient était limitée par la maladie, à la maison comme au travail, ne montrait pas non plus de différence. La seule divergence concernait en fin de compte la fréquence des effets indésirables, avec près de 4 fois plus de diarrhées avec l’antibiotique en semaine 1, un chiffre qui tombait à 1,7 en semaine 2. Existait aussi une tendance sous princeps vers plus de douleurs abdominales, de pertes vaginales ou de prurit. Par conséquent les auteurs concluent que « les antibiotiques ne devraient pas être donnés d’entrée aux patients avec rhinosinusite ».

Une conclusion qui conforte les recommandations françaises en faveur d’une attitude de type "wait and see", soutenue par un simple traitement symptomatique. Reste qu’il est certain que sous certaines conditions certains patients peuvent tout de même tirer bénéfice d’une antibiothérapie, mais « il faut encore démontrer si ces individus peuvent être identifiés par des tests cliniques comme la rhinoscopie ».


Reste aussi à convaincre les patients du bien-fondé d’une telle stratégie d’abstention – et en cela on peut espérer que les campagnes de la CNAM finiront par porter leurs fruits et changeront les mentalités.

NB :
En cas de récidives voir également
Sinusite chronique de l'adulte
La polypose naso-sinusienne
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