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RHINITES ALLERGIQUES
Source Asthme Infos N° 34 Mars 1999

Les rhinites allergiques représentent une pathologie fréquente et invalidente par les perturbations qu'elle entraine sur la ventilation, le sommeil, l'odorat, le goût...
L'association avec de l'asthme doit systématiquement être recherchée.L'association asthme-rhinite allergique se rencontre dans 10% des formes saisonnières mais 30% des formes perannuelles.
De même, trop souvent les patients asthmatiques négligent les troubles ORL : 70% des asthmatiques ont une rhinite allergique associée.
Le traitement de la rhinite aura des effets bénéfiques pour l'asthme !!!

Une rhinite allergique chronique perannuelle doit donc faire rechercher des pathologies allergiques associées. Ainsi, 20 à 30 % des patients qui souffrent d’une rhinite ont ou auront un asthme et 70 % des asthmatiques présentent une rhinite. De même, la rhinite allergique peut être associée à une dermatite atopique ou à une allergie alimentaire.

    En pratique on distingue:

  • Les rhinites allergiques saisonnières ou " rhume des foins" qui sévissent généralement lors de la période des pollens. Elle atteint 10% des enfants d'âge scolaire ete 15% des adolescents et adultes jeunes. Elle diminue ensuite pour disparaitre chez le sujet agé.

  • La rhinite allergique perannuelle sont essentiellement liées à des allergènes domestiques : acariens, animaux domestiques, blattes. Elle est estimée entre 5 et 10% de la population

    D'autres diagnostic doivent être évoqués :
  • NARES (Non Allergic Rhinitis with Eosinophilic Syndrome)
  • Les rhinite vasomotrices
  • Les rhintes atrophiques (gnéralement chez la personne agée)
  • La polypose nasosinusienne
  • Triade de Widal
SEMIOLOGIE
Dans sa forme classique, la sémiologie est dominée par les crises d'éternuements en salve et d'une rhinorrhée aqueuse. Des signes occulaires peuvent également être présents (pircotement, larmoiement, prurit occulaire).
Tous ces symptomes peuvent apparaitre en dehors de la présence de l'allergène.

En effet, l'allergie - en particulier celle aux acariens - entraine un hypersensibilité des muqueuses ou hyperréactivité nasale. Les odeurs fortes, le tabac, les changements de température (++ le matin au lever), etc... déclanchent l'apparition des symptômes
L'allergie rend la muqueuse nasale fragile et donc plus sensible aux infections.

Dans sa forme atypique, la rhinite allergique (surtout perannuelle) doit être évoquée sur des infections ORL à répétition, des troubles de la ventilation nasale, des troubles du l'odorat, des ronflements nocturnes, de l'asthme voire une simple fatigue chronique.

BILAN - DIAGNOSTIC
L'aspect de la muqueuse nasale est trés variable. Classiquement " pâle", elle peut également être congestive.
L'examen simple au spéculum permet de vérifier l'absence de suppuration de polype, de tumeur, d'anomalie anatomique. L'endoscopie permet d'examiner la totalité des fosses nasales et en particulier d'évoquer une rhinosinusite par l'aspect du méat moyen.

L'imagerie . n'est pas indispensable.
En cas de doute pour une sinusite associée :un scanner des sinus polypose

Le bilan allergique est un temps essentiel.
---- De dépistage type Phadiatop®, EMS : trophallergènes, pneumallergènes ou équivalent
---- Puis par un allergologue

PLUS RAREMENT
---- Les tests de provocation nasale
---- La cytologie nasale
---- Les mesures de résistance nasale

TRAITEMENT
Trois volets : symptomatique, désensibilisation et prévention

Symptomatique : faisant appel aux antihistaminiques per os, corticoïdes locaux , cromones voire sur des périodes courtes un décongestionnant.
Une corticothérapie courte orale est parfois nécéssaire en début de traitement dans les formes sévères et/ou ne répondant pas suffisamment au traitement local.
Dans la rhinite allergique saisonnière, l'utilisation d'un corticoïde retard injectable est encore parfois utilisée. Le rapport bénéfice/inconvenient doit être évalué avec attention et comparé aux autres possibilités actuelles de traitement.

Prurit
Eternuements
Ecoulement Obstruction Odorat
CROMONES
+
+
+/-
-
ANTI
HISTAMINIQUES
+++
++
+/-
-
CORTICOÏDES
LOCAUX
+++
+++
++
+
DECONGESTIONNANTS
-
-
+++
-


LA DESENSIBILISATION
    C'est théoriquement la pratique logique. Sa mise en route nécessite plusieurs conditions:
  1. Le patient doit être motivé, la gêne subie suffisamment importante et le résultat insuffisant du traitement symptomatique
  2. L'allergène doit être prouvé par l'interrogatoire du patient et des tests cutanés et/ou sanguins
  3. Il faut disposer d'un bon allergène. La désensibilisation a fait ses preuves pour : les acariens, la moisissure Alterniata, les pollens (graminés, pariétaires)
La voie injectable reste à ce jour le traitement de référence mais depuis quelques années on peut également proposer la voie sublinguale largement moins contraignante (Pas d'effet secondaire important et prise à domicile).
Dans les années à venir, la voie locale par pulvérisation devrait être de plus en plus utilisée.

PREVENTION
Voir également Asthme: prévention

L'allergie aux pollens est difficile à éviter. On peut toutefois conseiller un début de traitement préventifs (par anti-histaminique per os) dés le début de la période annuelle incriminée, éviter les zones à risque, utiliser des filtres anti-pollens dans sa voiture

L'allergie aux acariens peut et doit bénéficier d'une prise en charge de l'environnement.
ACAREXT-Test® permet d'évaluer la concentration d'allergène. Un test positif doit faire prendre des mesures d'éviction :éviter les moquettes dans les chambres (ou les traiter par un acaricide), les tentures, les doubles rideaux. Utiliser housses anti-acariens, sommiers à lattes ou à ressorts, oreiller en synthétique lavés tous les 3 mois à haute température.
Diminuer le nombre de peluches qui seront également lavées tous les 3 mois au minimum.

L'allergie aux poils d'animaux (chat, chien, hamster,...) est plus facile à gérer par séparation de l'animal si c'est possible...
Dans tous les cas l'animal ne doit pas entrer dans les chambres

L'allergie aux blattes nécessite une hygiène rigoureuse et à faire appel à des entreprises spécialisées.
NB les cartons de supermarché sont souvent riches en oeufs de blattes... et réinfeste le domicile.
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