PROPHYLAXIE ANTIMIGRAINEUSE EN 2001
Bêtabloquants, antagonistes calciques et antiépileptiques
Congrés : Headache World 2000 (Londres)

Dans le traitement préventif des migraines, aucun médicament ne s'est avéré supérieur aux autres. Le choix thérapeutique est donc fonction des contre-indications et des effets secondaires possibles des différentes substances disponibles.

Le traitement prophylactique reste indiqué lorsque le patient présente plus de deux crises majeures par mois ne répondant pas au traitement aigu et ayant des répercussions importantes sur ses activités habituelles. Pour certains auteurs, elle est également justifiée en cas de conter-indicatiob ou non réponse aux triptans

Il est vivement conseillé de n'entreprendre un traitement prophylactique médicamenteux qu'après une analyse précise des crises et de leurs circonstances d'apparition, à partir du journal tenu par le patient et portant au minimum sur les quatre dernières semaines. Il est ainsi possible d'identifier les céphalées par abus d'analgésiques, contre lesquelles les médicaments prophylactiques sont inefficaces.

La monothérapie devrait être la règle en prophylaxie car il n'existe pas d'études convaincantes sur un éventuel effet additif d'un deuxième médicament. L'effet prophylactique peut être lent à se manifester 1 à 3 mois). Une prophylaxie efficace ne devrait pas être poursuivie plus d'un an et progressivement arrétée.

NB : En termes de qualité de vie, la fréquence des crises migraineuses n'est pas un paramètre suffisant pour établir la nécessité d'un traitement prophylactique de la migraine. Quand le nombre initial de crises par mois est inférieur à 4, la fréquence des crises n'est probablement pas le meilleur critère et d'autres variables doivent aussi être prises en compte. Parmi celles-ci, la qualité de vie des patients semble la meilleure pour établir la nécessité d'un traitement prophylactique de la migraine. (Etude PROMISE)
  • DHE. L'efficacité semble modeste (cf MAJ 2003 PROMISE) et leur utilisation contre-indique l'utilisation des triptans en cas de crise.
    Voir l'étude PROMISE ( PROphylaxie de la MIgraine avec SEglor ) [Lire]

  • Les bêtabloquants (propranolol, nadolol, timolol, aténolol, métoprolol) sont les médicaments les mieux étudiés dans la prophylaxie de la migraine. Ils sont particulièrement indiqués chez les patients souffrant d'anxiété, de trémor ou d'hypertension

  • La flunarizine, un antagoniste calcique, est également efficace contre les vertiges mais peut provoquer prise de poids et asthénie ; elle est surtout indiquée en cas de vertiges associés, de troubles du sommeil ou lorsqu'une prise pondérale est nécessaire.

  • Le pizotifène, un antagoniste des récepteurs de la sérotonine, est moins utilisé, a fait remarquer le Pr Diener.

  • Les antidépresseurs. Plusieurs études ont démontré l'efficacité de certains antidépresseurs comme l'amitriptyline mais l'intérêt des ISRS reste controversé dans cette indication.

  • les antiépileptiques La prophylaxie doit débuter par de très petites doses d'antiépileptique qui seront augmentées très progressivement ; il faut souvent deux à trois mois de traitement pour obtenir le plein effet préventif.
    Selon les études, les taux de répondeurs - c'est-à-dire de patients présentant une diminution d'au moins 50 % de la fréquence des crises migraineuses - s'établissent
  • à 48 % pour le valproate (Dépakine ®) (placebo 14 %),
  • à 46 % pour la gabapentine (Neurontin ®)(placebo 16 %)
  • à 47 % pour le topiramate (Epitomax) (placebo 7 %). La prise de topiramate s'accompagne souvent d'une perte pondérale, a précisé le Pr Silberstein.

    Voir également La migraine
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