IXPRIM ® ou ZALDIAR ®
paracétamol + tramadol.
JL Montastruc et A Pathak
Bulletin d’Informations du Service de Pharmacologie Clinique du CHU de Toulouse
Faculté de Médecine, 37, allées Jules-Guesde, BP 7202, 31073 Toulouse CEDEX 7
http://www.pharmacovigilance-toulouse.com.fr
On définit le progrès thérapeutique comme un nouveau médicament bénéfique pour le patient par rapport aux traitements déjà existants. On retient trois critères principaux pour évaluer le progrès thérapeutique : efficacité, sécurité et praticité (commodité d’emploi). Le coût ne vient qu’en dernière ligne.
Un des médicaments les plus promus en 2003 a été l’IXPRIM ° ou ZALDIAR °, un antalgique du palier 2 associant paracétamol + tramadol.
Sur le plan pharmacologique, on doit d’abord signaler le caractère illogique de la combinaison de deux médicaments à demi-vie différentes, 2 h pour le paracétamol, 6,5 h pour le tramadol : l’utilisation chronique de ce médicament fait donc courir un risque d’accumulation opiacée.
Les essais cliniques n’ont pas montré formellement de supériorité antalgique par rapport à l’ibuprofène (400 mg). Dans les douleurs chroniques (lombalgies et douleurs de l’arthrose), on n’a pas pu mettre en évidence de supériorité de cette association par rapport à paracétamol + codéïne.
Le tramadol est responsable d’effets indésirables morphiniques (sédation, constipation, rétention urinaire…) mais surtout de pharmacodépendance, désormais bien décrite.
La Commission de Transparence a attribué une ASMR de niveau V (absence d’Amélioration du Service Médical Rendu) par rapport aux médicaments déjà commercialisés utilisés dans les douleurs modérées à intenses.