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Polypill : une nouvelle pilule pour réduire les risques cardio-vasculaires
Par Laurène Rimondi (source http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2009-04-02/polypill-une-nouvelle-pilule-pour-reduire-les-risques-cardio/919/0/331475)

Revoir également la version Polypill 2005 [Lire]

A polypill strategy to improve adherence: results from the FOCUS project.
(aspirin 100 mg, simvastatin 40 mg, and ramipril 2.5, 5, or 10 mg)
J Am Coll Cardiol. 2014 Nov 18-25;64(20):2071-82.
For secondary prevention following acute MI, younger age, depression, and a complex drug treatment plan are associated with lower medication adherence. Meanwhile, adherence is increased in patients with higher insurance coverage levels and social support. Compared with the 3 drugs given separately, the use of a polypill strategy met the primary endpoint for adherence for secondary prevention following an acute MI.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25193393

Un nouveau traitement représente un espoir pour les personnes présentant un risque cardiovasculaire.

Inventée en Inde, la pilule Polypill est une "prouesse pharmacologique", selon le docteur Nicolas Danchin, cardiologue à l'hôpital Pompidou. Elle associe en effet 5 principes actifs qui sont des médicaments contre l'hypertension, le cholestérol ainsi que de l'aspirine. Si les premiers résultats sont bien confirmés par la suite, l'étude, baptisée TIPS (The Indian Polycap Study), montre qu'administrer cette pilule à une population entière réduirait de 60 % les risques cardiovasculaires et de 50 % les risques d'accident cérébral.

Cette pilule pourrait à terme, selon les scientifiques qui ont mené l'étude, améliorer le traitement et la prévention des maladies du coeur. "Interêt théorique", toutefois, d'après les docteurs Danchin et Thomas, cardiologues à la Pitié-Salpétrière, puisqu'on ne connaît pas les risques sur le long terme de cette pilule, qui a aussi ses limites.

Certains médecins français modèrent en effet cette invention qui en fait "une commodité qui simplifie et facilite" le traitement, mais ne représente "rien de nouveau", si ce n'est d'associer des molécules déjà existantes. Les patients souffrant de problèmes cardiovasculaires reçoivent déjà ces médicaments et peuvent nécessiter, selon les pathologies, des dosages variables, ce que ne permet pas la Polypill. Un avantage, cependant, n'est pas à exclure : peu coûteuse, cette pilule conviendrait aux pays en développement, où 80 % des patients souffrant du coeur seraient localisés.

L'étude clinique de la Polypill a été présentée lundi 30 mars, lors de la 58e conférence annuelle de l'American College of Cardiololy, réunie depuis samedi à Orlando, en Floride. Publiée dans la revue médicale britannique The Lancet

Elle a été conduite en Inde sur 2.053 patients, âgés de 45 à 80 ans, et financée par le laboratoire indien Cadilla Pharmaceuticals. Ce dernier n'aurait cependant eu aucun rôle dans la collecte des données. Selon les docteurs Salim Yusuf et Prem Pais du St John's Medical College, en Inde, il s'agit du premier test clinique destiné à évaluer un tel traitement. Ces cardiologues ont comparé les effets de la Polypill avec huit autres médicaments, sur la tension artérielle, les taux de cholestérol ou encore le rythme cardiaque. La pilule contient de faibles doses de trois médicaments contre l'hypertension (12,5 milligrammes de thiazide, 50 mg d'atenolol, 5 mg de ramipril ainsi que 20 mg de simvastatin et 100 mg d'aspirine).
Une réduction importante du taux de mauvais cholestérol, de la tension artérielle et de la fluidité sanguine, et donc un risque moindre de formation de plaque dans les artères ou de caillot ont été constatés. Les effets secondaires ont été les mêmes avec la Polypill qu'avec chacun des composants pris séparément.


Malgré la progression qu'un tel traitement pourrait représenter, l'hygiène de vie reste salutaire dans ce type de pathologies. Le docteur Christopher Cannon, cardiologue à l'université Harvard, a souligné, dans un éditorial publié dans le Lancet , l'espoir que cette pilule constitue, précisant que "la Polypill, en conjonction avec des efforts pour améliorer le régime alimentaire et encourager l'exercice, pourra un jour réduire fortement le fardeau des maladies cardiovasculaires dans le monde".

Devrons-nous tous prendre bientôt la « pilule magique » ? Jean-Louis Montastruc BIP31.fr 2009, 16 (2), page 15 BIP31.fr a déjà évoqué la « polypill », sorte de remède magique censé réduire le risque de maladie cardiaque de prés de 80% (http://www.bip31.fr/bip/14BIP2003SocialN1.pdf). Des auteurs indiens ont étudié l’association de faibles doses d’un diurétique (hydrochlorothiazide), un bêta-bloquant (atenolol) et un IEC (ramipril) avec la simvastatine (20mg/j) et l’aspirine (100mg/j) en recherchant, chez plus de 2000 malades, l’action sur le LDL cholestérol, la pression sanguine artérielle (PSA), la fréquence cardiaque (FC), le thromboxane B2 et le taux de sortie du protocole.

Schématiquement, chacun des composants de la « polypill » produit les effets attendus : abaissement de la PSA (sans inhibition par l’aspirine), de la FC, de l’agrégation plaquettaire… et aussi du LDL (avec cependant un effet moins marqué de la polypill sur le LDL que de la simvastatine seule).
Aucun signal de majoration d’effet indésirable n’a été relevé (Lancet 2009, 373, 1341).

De nombreuses questions doivent accompagner la lecture de cette étude, trop largement médiatisée

. Que faire avec cette « pilule multiple » chez un patient ne présentant qu’un facteur de risque : par exemple, un hypertendu sans hypercholestérolémie ? Quelles seront les vraies interactions à long terme entre les divers médicaments de cette pilule ? Quelles seront les exigences et les conclusions des Agences du Médicament ?

Assurément, la maniabilité d’une telle formulation fixe sera délicate face à une efficacité partielle, insuffisante ou un effet indésirable de l’un des composants …

Plusieurs réserves méthodologiques s’imposent.

L’étude n’a duré que 12 semaines, avec un pourcentage élevé de sortie d’étude (autour de 15%). Surtout, il ne s’agit que d’un essai de phase 2 ne concernant encore et toujours que des critères intermédiaires
(http://www.bip31.fr/bip/BIP31.fr%202007,%2014,%20(4),%2025-32.pdf).

Il convient donc d’attendre les études de phase 3 portant sur la morbi-mortalité (critère cliniquement pertinent). Ces essais de phase 3 seront les seuls à pouvoir préciser le vrai profil de sécurité (12 semaines restant évidemment très insuffisant pour évaluer les effets indésirables !) et d’interactions médicamenteuses.

Toute décision autre serait prématurée, injustifiée et potentiellement dangereuse pour nos patients !
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