Gleevec ® (imatinib mesylate),
Inhibiteurs de tyrosine kinase
Traitement de la Leucémie Myéloïde Chronique (LMC) à
celui des cancers bronchiques à petites cellules.
Le Gleevec ou STI-571 est le premier médicament anti-cancéreux de sa catégorie : il fait partie des
"anti-tyrosine-kinases". Il est utilisé spécifiquement dans la traitement de certaines
leucémies myéloïdes chroniques (LMC). Ce médicament empêche l'action d'une enzyme
(la tyrosine-kinase), enzyme qui contrôle le développement et la mort des cellules
cancéreuses de la LMC qui sont "Chromosome Philadelphie positives" (95% des
LMC).
Voir également : www.newcmldrug.com/
Voir également : http://www.gleevec.com/
Faq about Gleevec ° http://newscenter.cancer.gov
La FDA (Food and Drug Administration) a approuvé la
mise sur le marché américain de la pilule Gleevec, efficace contre
un cancer du sang jusqu'alors incurable, la leucémie myéloïde
chronique (LMC).
Le principe de ce médicament permet d'épargner les cellules
saines et de cibler les protéines qui se dérèglent à l'intérieur
des protéines cancéreuses.
L'étude réalisée sur 532 patients, a démontré que 90% d'entre
eux ont retrouvé un niveau normal de globules blancs suite à
la prise du Glivec, qui est administré à raison de quatre pilules
par jour.
Les tyrosines kinases sont des enzymes clés du contrôle positif de la multiplication cellulaire
. Fréquemment des mutations de proto oncogènes en oncogènes sont dues justement à des
mutations du domaine kinase rendant l'activité tyrosine kinase constitutive et non régulable. C'est
notoirement le cas dans la LMC ou la translocation (9;22) aboutit à l'expression d'une protéine de
fusion bcr-abl qui possède une activité tyrosine kinase permanente. Il a été clairement démontré que
cette activité tyrosine kinase constitutive est le primum movens de la LMC.
Compte tenu de ces faits des essais d'inhibition de l'activité tyrosine kinase ont été très tôt tentés
dans le but d'arrêter voire de supprimer la prolifération des cellules transformées de cette façon. Les
premiers essais ont eu lieu avec des anticorps monoclonaux. La découverte de petites molécules
inhibitrices de l'activité tyrosine kinase, par interférence avec la liaison à l'ATP, a grandement amélioré
les résultats obtenus in vitro, comparativement à ceux obtenus avec les anticorps monoclonaux.
Plus petits, la pénétration intra-cellulaire des ces composés est bien meilleure, de plus leur interaction
avec le site tyrosine kinase peut être étudié par cristallographie X. Avec le design informatique ce type
d'étude facilite la synthèse de nouveaux composés possédant de meilleures activités inhibitrices de
l'activité enzymatique. Ainsi a été obtenu un composé, le STI 571, dérivé de la 2
phenolaminopyrimidine qui inhibe très fortement l'activité tyrosine kinase des protéines codées par les
gènes v-abl, c-abl , et surtout ber-abl. Son action inhibitrice repose sur son activité compétitrice avec
l'ATP au niveau de la poche de liaison de la protéine avec ce dernier. Ce composé, administré par voie
orale, a déjà été l'objet d'un essai de phase 1 dans la LMC .
Le STI 571 a démontré également in vitro une activité inhibitrice vis-à-vis d'autres
tyrosines kinases que celles des protéines de la famille abl notamment vis-à-vis de celles de c-Kit et
du PDGF. Kit est un récepteur de facteur de croissance mieux connu des hématologues que des
cancérologues : son ligand est le Mast Cell Factor ou facteur Steel qui possède un rôle capital dans la
multiplication de la différenciation des précurseurs précoces hématopoïétiques. Kit est également
exprimé à la surface d'autres types cellulaires que les progéniteurs hématopoïétiques : mélanocytes,
cellules germinales et cellules de cancers bronchiques à petites cellules (CBPC). Ces dernier
expriment également son ligand, le facteur steel.
(1) Aaronson SA. Growth factors and cancer. Science. 1991 Nov 22;254(5035):1146-53. Review.
(2) Druker B, Talpaz M, Resta D et al. Clinical efficacy and safety of an abl specific tyrosine
kinase inhibitor as targeted therapy for chronic myelogenous leukaemia. Blood 1999; 94,
abstract 368.
(3) Krystal GW, Honsawek S, Litz J, Buchdunger E. The selective tyrosine kinase inhibitor STI571
inhibits small cell lung cancer growth. Clin Cancer Res. 2000 Aug;6(8):3319-26.
MAJ 05/2002
38ème réunion de l’ASCO : L’imatinib devient le traitement de première ligne de
la LMC
En 2001, l’imatinib (anciennement STI571,
commercialisé en Europe sous le nom de Glivec), a démontré son efficacité dans
les leucémies myéloïdes chroniques (LMC) réfractaires à l’interféron. Il était donc
naturel, que, compte tenu du progrès considérable représenté par cet inhibiteur
sélectif de la tyrosine kinase, l’imatinib soit comparé au traitement de référence de
première ligne de la LMC avec chromosome Philadelphie, l’association interféron
plus cytarabine ou Ara-C.
Les résultats de cette étude multicentrique internationale ayant inclus 1106 patients
viennent d’être présentés à l’ASCO par Brian Druker de l’université de Portland.
Sur les trois critères de jugement principaux l’imatinib s’est révélé très nettement supérieur au traitement
classique :
7 % des malades sous interféron ont présenté une réponse cytogénétique complète à un an contre 68 % sous
imatinib ;
19 % des sujets sous interféron ont vu leur maladie progresser à un an contre 4 % sous imatinib ;
23 % des patients sous interféron ont dû interrompre leur traitement du fait d’effets secondaires contre moins
de 1 % dans le groupe imatinib.
Pour Brian Druker l’imatinib doit donc devenir dès aujourd’hui le traitement de référence de première ligne de la
LMC avec chromosome Philadelphie.
Il reste à déterminer chez quels malades un essai d’arrêt du traitement pourra être tenté et si cette molécule
révolutionnaire peut être proposée avant ou à la place d’une greffe de moelle, seul traitement actuel à visée
curative dans la LMC. (Source : Jim Online 2002.)