11 Juin 2001, la DHEA en vente en France,
aux risques et périls des utilisateurs et des prescripteurs

Désormais, la commercialisation en France va perdre son caractère confidential alors que cette molécule bénéficie d'un flou juridique exceptionnel.

MAJ 03/2003 : Lire Marche arrière sur la DHEA

En effet, comme aucun laboratoire pharmaceutique n'a fait d'étude sur le produit et qu'aucune demande d'autorisation de mise sur le marché n'a été déposée et la DHEA n'est pas considérée comme un médicament.
le Dr François Meyer, adjoint au responsable de l'évaluation à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS).

A Partir du 11 juin 2001, laboratoire Cooper mettra le DHEA à disposition des officines qui le souhaitent.
Une garantie de qualité ? A priori oui, si on se fie au sérieux reconnu de cette vénérable maison. Mais pas une assurance tous risques, car le contrôle qualité déclenché par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) chez Cooper mais aussi chez les deux autres importateurs

Mais si la DHEA n'est pas un médicament, en France elle doit cependant être prescrite par un médecin.
Les pharmaciens ont le droit d'en faire des préparations magistrales, mais il leur appartient de vérifier la bonne qualité du produit qu'ils préparent.

Selon le Pr Françoise Forette, chef du service de gérontologie à l'hôpital Broca à Paris et coauteur, avec le Pr Etienne-Emile Beaulieu, la prise de DHEA pourrait être contre-indiquée aux personnes atteintes de certains cancers dits "hormono-sensibles" (prostate, sein ou utérus). Selon les cancérologues, la DHEA ne provoquerait pas ces cancers mais pourrait faire "flamber" des tumeurs déjà existantes. « Le groupe d'experts chargé d'évaluer la DHEA a commencé par regarder la littérature internationale sur les cas de cancers », confie François Meyer, adjoint au directeur de l'évaluation de l'Afssaps. Même s'il ajoute : « Aujourd'hui, on n'a pas d'éléments en faveur d'une interdiction. » Le principe de précaution s'impose donc, une fois de plus.

Il est donc justifié de faire pratiquer un bilan hormonal afin de voir si on manque ou pas de DHEA et de vérifier l'absence de cancer hormono-dépendant c'est càd dire prostate chez l'homme et sein ou utérus pour la femme. Pour ces dernières, si un THS est déjà en cours, la DHEA - partiellement transformée en oestrogènes - pourrait entrainer un surdosage et donc une éventuelle augmentation du risque. Des études doivent être faite pour cette association.


Et si tout est correct, l'utilisation peut être proposée. Le professeur Baulieu assure que des résultats « spectaculaires » chez les hommes - les grands oubliés pour l'instant - vont bientôt être publiés, établissant une « corrélation très sérieuse entre faible taux de DHEA et mortalité élevée chez les hommes ».

DHEA
La nouvelle esbroufe

DHEA, fontaine de jouvence, qui maintiendrait le corps jeune, l'esprit alerte et entretiendrait la libido. Superhormone qui protégerait contre les principales causes de mortalité : pathologie cardiovasculaire, cancers, défaillances du système immunitaire, pathologies dégénératives, etc...
En réalité, pas un seul de ces bienfaits n'est démontré par des essais cliniques de méthodologie correcte versus placebo. Sur l'autre plateau de la balance, les effets indésirables sont bien réels et inquiétants : des effets androgéniques et des éléments en faveur qu'un risque de cancers hormonodépendants.
Actuellement l'engouement pour la DHEA ne repose sur aucune donnée solide. Il ne fait ni prescrire ni conseiller cette mystification multimédiatisée. Il y a beaucoup mieux pour aider à bien vieillir.
Prescrire N° 227, Avril 2002


Voir également par ordre de lise en ligneDr H. Raybaud
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