Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
ASPIRINE - UN MEDICAMENT D'AVENIR ?
MAJ 2012

De la saliciline isolée de l'écorce de Saule, l'acide acétyl salycilique (AAS ) découvert en 1899, les découvertes continuent.
L'AAS, à dose adéquate, inhibe la cyclo-oxygénase de la chaîne inflammatoire par acétylation irreversible.
A faible dose ( 75 à 300 mg/j ) ses propriétés anti agrégantes sont maintenant bien connues.La cyclo-oxygénase des plaquettes serait plus sensible

NB NB NB :
Chez l'enfant et le nourrisson, en première intention, pour la lutte contre la fièvre, le paracétamol demeure le traitement de référence [Lire]

Voir infra la fiche de transparence AFSSAPS (formes, posologies, intoxication, etc...)
Voir : Traitements antiagrégants et prévention cardiovasculaire
( MAJ 07/2003- EBM)
Bon usage des agents antiplaquettaires : Recommandation ANSM - HAS -2012 [Lire]


ASPIRINE : QUAND? QUI ?
Source : "Collaborative meta-analysis of randomised trials of antiplatelet therapy for prevention of death, myocardial infarction, and stroke in high risk patients." Br Med J 2002; 324: 71-86.

Bon usage des agents antiplaquettaires : Recommandation ANSM - HAS -2012 [Lire]

La prescription d’un traitement antiagrégant plaquettaire au long cours doit reposer des études d'envergure. mais la complexité des situations cliniques rencontrées et du large éventail de produits et de protocoles disponibles, rend la décision difficile.

Les grandes méta-analyses proposées par le British Medical Journal faites sur 287 études randomisées incluant 135 000 malades à haut risque vasculaire dans des comparaisons avec un placebo et 77 000 patients du même type dans des comparaisons entre différents protocoles ont été analysées.

Le critère de jugement retenu était la survenue d’un événement vasculaire majeur défini comme un infarctus du myocarde (IDM) non fatal, un accident vasculaire cérébral (AVC) non fatal ou un décès de cause vasculaire.

Ce travail permet les conclusions suivantes :
-1) Globalement, la prescription d’un traitement antiagrégant chez les sujets à haut risque (accident vasculaire aigu, antécédents d’accident vasculaire ou conditions prédisposantes) diminue d’un quart le risque d’événement vasculaire majeur.

2) Le risque d’IDM non fatal est réduit d’un tiers, celui d’AVC non fatal d’un quart et la mortalité vasculaire globale d’un sixième sans effet sur la mortalité d’autres causes.

3) La réduction du risque d’événements vasculaires majeurs en valeur absolue est de
  • 36 pour 1000 pour un traitement de deux ans en cas d’antécédents d’IDM, d’AVC ou d’accident ischémique transitoire,
  • 38 pour 1000 pour un traitement d’un mois en cas d’IDM aigu
  • 9 pour 1000 pour un traitement de trois semaines après un AVC aigu
  • 22 pour 1000 pour un traitement de deux ans dans d’autres circonstances cliniques incluant l’angor stable, l’artérite des membres inférieurs et la fibrillation auriculaire.
  • 4) Lorsque l’aspirine est utilisée, des posologies quotidiennes de 75 à 150 mg par jour sont au moins aussi efficaces que des doses plus élevées et des posologies inférieures à 75 mg ont des résultats incertains.

    5) Comparé à l’aspirine, le clopidogrel réduit le risque d’événements vasculaires majeurs de 10 %, alors que le dipyridamole associé à l’aspirine ne semble pas plus efficace que l’aspirine seule.

    6) Chez les sujets à très haut risque d’occlusion coronaire (angor instable, patient venant de bénéficier d’une angioplastie) l’addition à un antiagrégant d’un traitement intraveineux par glycoprotéines IIb/ IIIa sur une courte période, diminue le nombre d’événements vasculaires majeurs de 20 pour 1000 avec un risque d’hémorragie extra crânienne supplémentaire de 23 pour 1000.
    MAJ 11/2002 : L'aspirine en prévention primaire [Lire]

    Prévention coronaire : l'aspirine a un bel avenir devant elle...
    Source : N Engl J Med, vol 346, N°23, June 6, 2002, pp 1800-1806 par http://www.destinationsante.com/filnews.html


    Et surtout, elle présente un rapport coût efficacité littéralement incomparable ! Après un infarctus du myocarde et pour prévenir les récidives, les médecins doivent à la fois contrôler les facteurs de risques - essentiellement l'excès de cholestérol et le tabagisme - et mettre en place un traitement pour éviter la formation de caillots dans le sang. Ces " thrombus " en effet, sont à l'origine d'accidents dramatiques. A Genève et Boston, Rotterdam et San Francisco, quatre équipes ont comparé le rapport coût efficacité de deux médicaments de référence : l'aspirine à faible dose, reconnue pour son effet anti-agrégant, et le plus récent des médicaments prescrits dans cette indication, le clopidogrel.

    Le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y a pas photo. Partant du fait que ce type de traitement doit être utilisé sans discontinuer pour des durées jusqu'à... 25 ans, les auteurs ont calculé que chaque année de vie sauvée par un traitement continu à l'aspirine reviendrait à 11 700 euros. Ce n'est pas rien. Mais 5% des patients ne peuvent prendre d'aspirine. En cas d'allergie par exemple. Dans ce cas, l'administration de clopidogrel porterait le coût d'une année de vie sauvée à... 33 000 euros.

    Et si par facilité ou pour toute autre raison les prescripteurs se laissaient aller à systématiquement prescrire la nouveauté ? Chaque année de vie sauvée deviendrait alors... hors de prix, à 138 000 euros. Ce qui amène les auteurs à conclure que le clopidogrel " présente un rapport coût efficacité dissuasif, sauf à limiter sa prescription aux seuls malades auxquels l'administration d'aspirine ne peut être envisagée. "

    D'AUTRES ETUDES A CONFIRMER....

    CANCER OESOPHAGE
    Tennesse - USA - 14 000 personnes pendant 12 ans.
    Réduction de 90 % du cancer oesophage.

    GLUTAMATE
    L'administration, in vitro, d'aspirine à des neurones de rat a empéché 83 % de ces cellules de mourrir sous l'effet d'un fort taux de glutamate (Science 22/11/1996 ).

    CANCER DU COLON
    Selon une synthèse de plusieurs études (pour l'OMS) la consommation régulière d'aspirine pendant plusieurs années peut diminuer de moitié le risque de acncer du côlon.
    La dose efficace reste à préciser

    VIEILLISSEMENT CUTANE
    Voir :
    Peeling à l'acide acétyl-salycilique

    MAJ 05/2004
    L'aspirine préviendrait certains cancers du sein

    Une étude publiée hier dans le très sérieux JAMA (Journal of the American Medical Association) fait part de son rôle potentiellement protecteur vis-à-vis du cancer du sein. Et plus précisément vis-à-vis des tumeurs sensibles aux oestrogènes (récepteurs hormonaux positifs), les plus répandues d'ailleurs puisqu'elles sont à l'origine de 60 à 70% des 34 000 nouveaux cas annuels dans l'Hexagone.

    Plusieurs publications avaient déjà soulevé cette hypothèse, mais avec des résultats très contradictoires. C'est la première étude qui montre un réel effet protecteur, mais uniquement dans un sous-groupe particulier, celui des patientes ayant des récepteurs hormonaux positifs, selon les auteurs de cette publication, l'équipe du docteur Mary Beth Terry et du docteur Alfred Neugut épidémiologistes à la Columbia University de New York. Ces experts ont comparé de 1996 à 1997 deux groupes de 1 400 femmes de 59 ans en moyenne, les unes traitées pour un cancer du sein, les autres indemnes de cette affection. Ils leur ont demandé si elles avaient pris de l'aspirine et à quel rythme, dans les cinq années précédant l'enquête. Au final, les grandes consommatrices d'aspirine seule – au moins quatre fois par semaine durant au moins trois mois – avaient 30% en moins de cancer que celles qui n'en prenaient pas. Et cet effet protecteur ne s'est manifesté que chez les patientes ayant des tumeurs sensibles aux oestrogènes.

    Dans un éditorial associé, le docteur Raymond DuBois (université Vanderbilt à Nashville), salue les conclusions d'une telle étude, tout en reconnaissant que «les doses optimales à prescrire pour obtenir un tel effet anticancéreux restent encore inconnues». Il s'interroge aussi sur les possibles mécanismes d'action de cette molécule dans le cancer du sein. De par son effet antiprostaglandines, elle bloquerait l'angiogenèse qui participe aux premiers stades de développement de la tumeur. Un premier effet antitumoral donc. Doublé d'un second effet, grâce à l'inhibition de l'expression des aromatases qui rendent actifs les oestrogènes. Un phénomène qui permettrait d'expliquer l'effet sélectif de l'aspirine sur les seules tumeurs sensibles aux oestrogènes.

    Tout en soulignant la facilité d'un tel moyen de prévention, du moins s'il s'avère vérifié par d'autres études, les auteurs nuancent néanmoins leurs propos. «Les effets bénéfiques doivent être mis en parallèle avec les effets indésirables liés à une prise d'aspirine au long cours, en particulier les risques d'ulcère gastrique ou de saignements digestifs.»
    Diverses études ont mis l'accent sur son rôle possiblement préventif dans le cas de certains cancers dont celui du côlon (35 000 nouveaux cas en France chaque année).

    Aspirine (acide acétylsalicylique)


    Source : fiche de transparence Afssaps Résumé : DRUGSOFT.COM

    PROPRIETES
      L'aspirine possède de nombreuses propriétés pharmacologiques ; elle agit comme :
    • antalgique et antipyrétique ;
    • anti-inflammatoire ;
    • antiagrégant plaquettaire.
    CHOIX D'UNE ASPIRINE
      Il dépend de l'objectif poursuivi.

    • Comme antalgique et antipyrétique
      Les traitements sont de courte durée : donner la préférence aux formes d'action rapide :
      aspirine ordinaire : très peu soluble, elle se disperse incomplètement dans le contenu gastrique ;
      aspirine soluble en milieu aqueux : le pic plasmatique de salicylémie est atteint en moins d'une heure, deux fois plus vite qu'avec l'aspirine ordinaire. Cette solubilité peut être obtenue de deux façons :
      par addition d'une substance alcalinisante, aspirine dite tamponnée en comprimés à avaler ou à dissoudre dans l'eau (l'addition d'une substance effervescente accélère la solubilité mais contient le plus souvent du sodium) ;
      par préparation d'un sel de sodium ou de lysine de l'acide acétylsalicylique à dissoudre dans l'eau ;
      aspirine injectable, en raison de sa plus grande efficacité et de sa rapidité d'action.

    • Comme anti-inflammatoire
      Les traitements sont prolongés et à des posologies souvent élevées.
      L'amélioration de la tolérance digestive est recherchée par des procédés galéniques divers :
      ---- formes à délitement entérique : les comprimés d'aspirine sont enrobés d'une substance soluble uniquement en milieu alcalin ; le pic plasmatique de salicylémie est atteint en 4 à 6 heures ;
      ---- formes à micrograins enrobés : ils sont dispersés dès leur passage dans l'estomac, mais sans contact direct avec la muqueuse gastrique.

    • Comme anti-agrégant plaquettaire
      Les traitements sont de longue durée.
      Les principales indications thérapeutiques actuellement autorisées pour des spécialités à base d'aspirine sont :
      ---- la prévention secondaire après un premier accident ischémique myocardique ou cérébral lié à l'athérosclérose ;
      ----- le traitement de l'infarctus du myocarde à la phase aiguë et dans les semaines qui suivent ;
      ---- le traitement de l'angor instable ;
      ---- le traitement préventif avant angioplastie transluminale.

      Il ne semble pas que la forme galénique influence l'effet en traitement chronique.

    • Associations
      De très nombreuses spécialités contiennent, à côté de l'aspirine, d'autres produits dont il convient de prendre en compte les effets et les risques propres.
      L'adjonction de vitamines n'ajoute rien aux propriétés pharmacologiques de l'aspirine.
    EFFETS INDESIRABLES
    • Intoxication :
      Elle est fréquente chez le nourrisson et l'enfant. Elle se manifeste surtout par des troubles neurologiques (agitation, troubles de la conscience) et respiratoires (hyperpnée). On l'objective par la salicylurie (bandelettes réactives) et la salicylémie (des taux supérieurs à 30 mg pour 100 ml sont considérés comme toxiques). Pour l'éviter, respecter les règles de posologie et l'espacement des prises.

    • Troubles digestifs :
      toute prise d'aspirine s'accompagne d'un accroissement des pertes sanguines digestives. Ce saignement constant est moindre avec les aspirines solubles et les aspirines à délitement entérique. L'aspirine favorise les hémorragies digestives en créant des ulcérations aiguës ou des gastrites ou en faisant saigner des lésions préexistantes

    • Accidents allergiques :
      indépendants de la dose absorbée, ils sont une contre-indication définitive à l'emploi de l'aspirine. Crises d'asthme, toxidermie, oedème de Quincke sont parmi les plus fréquents.

    • Ototoxicité :
      (bourdonnements d'oreille et hypoacousie) : elle est le signe habituel et le plus précoce du surdosage, mais disparaît avec la diminution des doses.
    PRECAUTIONS D'EMPLOI
    • L'aspirine agit sur l'hémostase et le système fibrinolytique ; elle est donc contre-indiquée dans les syndromes hémorragiques, les traitements anti-coagulants, une semaine avant une intervention chirurgicale. Pour ces mêmes raisons, l'aspirine doit être déconseillée chez les cirrhotiques et les ulcéreux gastro-duodénaux.
    • L'association avec les anticoagulants et le méthotrexate doit être évitée.
    • L'usage prolongé de l'aspirine à forte dose au cours de la grossesse expose à certains risques, plus particulièrement pendant les 3 premiers mois (bien qu'aucun effet tératogène n'ait été prouvé) et en fin de grossesse car :
      ---- elle peut retarder la date de l'accouchement et prolonger le travail ;
      ---- elle peut entraîner des hémorragies chez le foetus et le nouveau-né.
      ---- Ce risque foetal existe tout au long de la grossesse.
    • L'aspirine est déconseillée dans la goutte.
    • Les formes contenant du sodium sont à proscrire dans les régimes désodés stricts.
    POSOLOGIE
  • Chez l'adulte
    ---- antalgique et antipyrétique : par prise de 0,30 g à 1 g et jusqu'à environ 3 g par jour ;
    ---- anti-inflammatoire : de 3 à 6 g par jour ;
    ---- antiagrégant plaquettaire : si des posologies de l'ordre de 1 à 1,5 g se sont révélées actives, la posologie la plus basse actuellement considérée comme efficace est de 75 mg/j... jusqu'à 300 mg/J
    Une étude a confirmé l'efficacité de 160 mg par jour d'aspirine dans le traitement de l'infarctus du myocarde à la phase aiguë et subaiguë.

  • Chez le nourrisson et l'enfant
  • Nouveautéswbm@esculape.com Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente