Accueil
Recherche
Nouveautés
Email webmaster
Sommaire général
Page précédente
Le virus Zika
Août 2015 - Décembre 2015 - Mars 2016
Prise en charge médicale des personnes atteintes par le virus Zika
[Texte complet / HCSP]


Le virus Zika est un arbovirus. La transmission est presque exclusivement vectorielle par les moustiques du genre Aedes qui sont également vecteurs de la dengue et du chikungunya.

Le risque pandémique ?
Septembre 2016
« Environ 2,6 milliards de personnes vivent dans des régions d'Afrique et d'Asie-Pacifique où les espèces locales de moustiques et des conditions climatiques appropriées rendent la transmission du Zika théoriquement possible », souligne le Dr Kamran Khan (St Michael's Hospital, Toronto) de Toronto, principal auteur de l'étude (cf infra)

MAJ mars 2016
Malgré la réputation de bénignité et des signes cliniques modérés l'infection par le Zika est associée au cours de la grossesse à un risque élevé non seulement de microcéphalies mais aussi d'autres anomalies neurologiques, de retards de croissance, d'anomalies placentaire et de mort foetale.
Il reste à déterminer les causes de ce risque fœtal majeur qui n'avait pas été constaté lors des épidémies africaines. (cf infra NEJM)

MAJ 19/12/2015
Le virus Zika contamine la Guyane et la Martinique (cf infra)

Le risque Zika
Février 2016
L'Institut Pasteur de Lille a développé un site qui permet de faire le point sur son risque d'être contaminé en tant que voyageur. Il est spécifiquement dédié à l'évaluation du risque d'avoir été infecté par le virus Zika en renseignant le pays visité dans les neuf derniers mois [www.pasteur-lille.fr/zika]

Compte tenu de la présence des moustiques vecteurs et des flux de voyageurs, le HCSP a évalué le risque d’introduction de la maladie Zika et l’impact épidémique possible dans les départements français d’Amérique (DFA), à La Réunion, à Mayotte ainsi que dans les départements métropolitains où Aedes albopictus est implanté.

Le HCSP fait des recommandations en termes de stratégie de surveillance épidémiologique de la maladie Zika, de diagnostic biologique en distinguant les zones où co-circule le virus de la dengue, et de prise en charge des patients.

Une stratégie de diagnostic

Cliniquement, le diagnostic entre dengue, chigungunya, Zika voire paludisme est pratiquement impossible. Pour les populations à risque, le paludisme reste l'urgence absolue.

Au vu des données de la littérature, pour le diagnostic des infections par le virus Zika, la stratégie suivante est recommandée diagnostic simultané d’infections par les virus dengue, chikungunya et Zika ( Esculape : et paludisme)
    Dans les départements où la dengue est endémique :
  • prélèvement de sérum pour le diagnostic des infections de la dengue et du chikungunya en suivant la stratégie de diagnostic nationale : détection du génome viral par RT-PCR de J0 à J7 après la date de début des signes et détection des IgM et des IgG à partir de J5. [Revoir]
  • Ce prélèvement servira aussi à la recherche du génome viral Zika dans les 5 jours qui suivront l’apparition des symptômes en complément des analyses réalisées sur les urines.
  • prélèvement d’urines jusqu’à J10 après le début des signes cliniques pour une recherche du génome du virus Zika par RT-PCR.

    Remarque : la recherche d’anticorps dans le sérum ne pourra pas permettre de différencier entre une infection par le virus de la dengue et le virus Zika.

    Dans les départements où la dengue ne circule pas :
  • prélèvement de sérum pour le diagnostic des infections de la dengue et du chikungunya en suivant la stratégie de diagnostic nationale : détection du génome viral par RT-PCR de J0 à J7 après la date de début des signes et détection des IgM et des IgG à partir de J5.
  • Sur ce sérum une recherche des IgM et IgG anti-Zika pourra être réalisée. Ce prélèvement servira aussi à la recherche du génome viral Zika dans les 5 jours qui suivront l’apparition des symptômes en complément des analyses réalisées sur les urines ;
  • prélèvement d’urines jusqu’à J10 après le début des signes cliniques pour une recherche du génome du virus Zika par RT-PCR.

    La population dans les départements où la dengue ne circule pas est en grande majorité immunologiquement naïve. Donc, en plus du diagnostic direct sur les urines et le sang, un diagnostic indirect par la recherche d’IgM et d’IgG anti-Zika pourrait être opportun. La cinétique d’apparition des anticorps étant peu décrite dans la littérature, cette recherche d’anticorps pourrait être réalisée sur le sérum quel que soit la date du prélèvement.

[Texte complet / HCSP]
==========================================================

Le virus Zika contamine la Guyane et la Martinique
Publié le 19.12.2015
http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/13358-Le-virus-Zika-contamine-en-Guyane-et-en-Martinique

Alors que l’état d’urgence national a été décrété au Brésil à cause du virus Zika, deux cas de contamination viennent d’être confirmés en Guyane et en Martinique, indiquent plusieurs sources d’après l’AFP. Les autorités régionales « sont mobilisées afin de surveiller et de limiter la dissémination du virus et de prendre en charge les personnes concernées », indique Le Monde.

Le virus entrainerait des malformations congénitales chez les nouveaux-nés, comme la microencéphalie. Elle se traduit par une boîte crânienne d’une taille anormalement petite, entravant le développement intellectuel correct de l’enfant.

Moustique tigre en cause
Le virus est transmis notamment par piqure de moustique tigre, également l'un des vecteurs du chikungunya et de la dengue. Fin novembre, le ministère de la Santé brésilien a confirmé qu’il existait un lien entre le virus Zika et les 1790 cas de microcéphalies suspects signalés à ce jour dans le pays. Les autorités ont donc décrété l’état d’urgence national dans le mois de décembre. Il est demandé aux femmes enceintes d’éviter les zones à risque, qui sont le Nordeste et la région de Sao Paulo.
Le gouvernement estime par ailleurs que 500 000 personnes auraient été contaminées par ce virus, qui ne se transmet pas d'homme à homme.

Symptômes similaires au chikungunya
Les symptômes dus au virus sont similaires à ceux du chikungunya, c’est-à-dire de la fièvre accompagnée de maux de tête, une éruption cutanée, des douleurs articulaires et musculaires ainsi que des symptômes digestifs. Mais les cas peuvent aussi être asymptomatiques. Il n’existe pas de vaccin pour se prémunir du virus Zika.

En plus de se protéger contre les piqûres de moustique dans les régions à risque, les populations peuvent veiller à détruire les foyers de prolifération de moustiques au sein des maisons ou des immeubles.

================================

ALERTE@sante.gouv.fr
20/12/2015
Cas confirmés de Zika en Guyane et en Martinique

Le virus zika circule actuellement dans les départements français d'Amérique. Sa transmission est presque exclusivement vectorielle par les moustiques Aedes, vecteurs de la dengue et du chikungunya.

Dans ce contexte, il est possible que vous soyez sollicités en consultation par des résidents ou par des voyageurs allant ou revenant des zones de circulation du virus et présentant des symptômes compatibles avec le Zika.

Les patients, les membres de leur famille et leur entourage doivent être informés sur le risque de transmission et les moyens de minimiser ce risque en réduisant les vecteurs et le contact humain-vecteur. Les patients infectés par le virus Zika doivent éviter tout contact avec le vecteur.

Si la majorité des formes sont asymptomatiques, les principaux symptômes sont un exanthème maculo-papuleux avec ou sans fièvre et au moins 2 signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale, arthralgies, myalgies, en l’absence d’autre étiologie.

L'infection, classiquement bénigne, peut cependant être à l'origine, d'un certain nombre de complications neurologiques sévères (méningites, encéphalites) et syndromes de Guillain-Barré. Au cours du premier trimestre de la grossesse, l’infection peut s’accompagner d’un risque de malformations congénitales de type microcéphalies (0,65% des cas).


Les moyens de diagnostic biologique restent classiques avec un diagnostic direct par détection du génome viral par RT-PCR et un diagnostic indirect par détection des anticorps.

Le traitement est symptomatique, antalgique contre la douleur et la fièvre, en évitant le recours aux anti-inflammatoires tant qu’une dengue n’a pas été éliminée. L'aspirine est déconseillée.

Les femmes enceintes et les parents d’enfants et de nourrissons doivent adopter des mesures de protection renforcés. Outre les vêtements couvrants, il est recommandé d’utiliser des produits répulsifs adaptés en respectant les précautions d’emploi et protéger les berceaux et poussettes par des moustiquaires (l’utilisation des répulsifs avant deux mois est déconseillée).

Pour toute question, information ou signalement, vous êtes invités à contacter la plateforme de veille et d’urgences sanitaires de votre ARS.

Pour plus d’informations consulter l’avis du HCSP : Prise en charge médicale des personnes atteintes http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=517

Zika Virus Infection in Pregnant Women in Rio de Janeiro
Mars 2016

[Lien / nejm.org]

MAJ mars 2016
Malgré la réputation de bénignité et des signes cliniques modérés l'infection par le Zika est associée au cours de la grossesse à un risque élevé non seulement de microcéphalies mais aussi d'autres anomalies neurologiques, de retards de croissance, d'anomalies placentaire et de mort foetale.
Il reste à déterminer les causes de ce risque fœtal majeur qui n'avait pas été constaté lors des épidémies africaines.

To characterize the spectrum of ZIKV disease in pregnancy, we followed patients in Rio de Janeiro to describe clinical manifestations in mothers and repercussions of acute ZIKV infection in fetuses.

METHODS
We enrolled pregnant women in whom a rash had developed within the previous 5 days and tested blood and urine specimens for ZIKV by reverse-transcriptase–polymerasechain-reaction assays. We followed the women prospectively and collected clinical and ultrasonographic data.

RESULTS
A total of 88 women were enrolled from September 2015 through February 2016; of these 88 women, 72 (82%) tested positive for ZIKV in blood, urine, or both. The timing of acute ZIKV infection ranged from 5 to 38 weeks of gestation. Predominant clinical features included pruritic descending macular or maculopapular rash, arthralgias, conjunctival injection, and headache; 28% had fever (short-term and low-grade). Women who were positive for ZIKV were more likely than those who were negative for the virus to have maculopapular rash (44% vs. 12%, P=0.02), conjunctival involvement (58% vs. 13%, P=0.002), and lymphadenopathy (40% vs. 7%, P=0.02). Fetal ultrasonography was performed in 42 ZIKV-positive women (58%) and in all ZIKV-negative women. Fetal abnormalities were detected by Doppler ultrasonography in 12 of the 42 ZIKV-positive women (29%) and in none of the 16 ZIKV-negative women. Adverse findings included fetal deaths at 36 and 38 weeks of gestation (2 fetuses), in utero growth restriction with or without microcephaly (5 fetuses), ventricular calcifications or other central nervous system (CNS) lesions (7 fetuses), and abnormal amniotic fluid volume or cerebral or umbilical artery flow (7 fetuses). To date, 8 of the 42 women in whom fetal ultrasonography was performed have delivered their babies, and the ultrasonographic findings have been confirmed.

CONCLUSIONS

Despite mild clinical symptoms, ZIKV infection during pregnancy appears to be associated with grave outcomes, including fetal death, placental insufficiency, fetal growth restriction, and CNS injury.
[Lien / nejm.org]

Potential for Zika virus introduction and transmission in resource-limited countries in Africa and the Asia-Pacific region: a modelling study
[Lien / thelancet.com]
Isaac I Bogoch, MD†, Oliver J Brady, DPhil†, Moritz U G Kraemer, BSc†, Matthew German, MSc, Maria I Creatore, PhD, Shannon Brent, MPH, Alexander G Watts, PhD, Prof Simon I Hay, DSc, Manisha A Kulkarni, PhD, Prof John S Brownstein, PhD, Dr Kamran Khan, Septembre 2016

« Environ 2,6 milliards de personnes vivent dans des régions d'Afrique et d'Asie-Pacifique où les espèces locales de moustiques et des conditions climatiques appropriées rendent la transmission du Zika théoriquement possible », souligne le Dr Kamran Khan (St Michael's Hospital, Toronto) de Toronto, principal auteur de l'étude

. Background
As the epidemic of Zika virus expands in the Americas, countries across Africa and the Asia-Pacific region are becoming increasingly susceptible to the importation and possible local spread of the virus. To support public health readiness, we aim to identify regions and times where the potential health, economic, and social effects from Zika virus are greatest, focusing on resource-limited countries in Africa and the Asia-Pacific region.

Methods
Our model combined transportation network analysis, ecological modelling of mosquito occurrences, and vector competence for flavivirus transmission, using data from the International Air Transport Association, entomological observations from Zika's primary vector species, and climate conditions using WorldClim. We overlaid monthly flows of airline travellers arriving to Africa and the Asia-Pacific region from areas of the Americas suitable for year-round transmission of Zika virus with monthly maps of climatic suitability for mosquito-borne transmission of Zika virus within Africa and the Asia-Pacific region.

Findings
An estimated 2·6 billion people live in areas of Africa and the Asia-Pacific region where the presence of competent mosquito vectors and suitable climatic conditions could support local transmission of Zika virus. Countries with large volumes of travellers arriving from Zika virus-affected areas of the Americas and large populations at risk of mosquito-borne Zika virus infection include India (67 422 travellers arriving per year; 1·2 billion residents in potential Zika transmission areas), China (238 415 travellers; 242 million residents), Indonesia (13 865 travellers; 197 million residents), Philippines (35 635 travellers; 70 million residents), and Thailand (29 241 travellers; 59 million residents).

Interpretation
Many countries across Africa and the Asia-Pacific region are vulnerable to Zika virus. Strategic use of available health and human resources is essential to prevent or mitigate the health, economic, and social consequences of Zika virus, especially in resource-limited countries.

Funding Canadian Institutes of Health Research and the US Centers for Disease Control and Prevention.
.
Accueil
Recherche
Nouveautés
Email webmaster
Tous les textes - FMC
Sommaire général
Page précédente