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Prévention du paludisme à Plasmodium falciparum

12e Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de la Société de Pathologie infectieuse de Langue Française HIA Bégin, Saint Mandé - 14 avril 1999

Les mesures de protection contre les moustiques sont celles qui présentent le meilleur rapport bénéfice/risque.
Effectives dès la tombée de la nuit, particulièrement utiles pour les jeunes enfants, elles reposent sur le port de vêtements amples et couvrants, l'utilisation correcte de répulsifs et d'insecticides efficaces (prudence chez l'enfant et la femme enceinte), la mise en place, chaque fois que possible, d'une moustiquaire imprégnée.


Voir la MAJ 2007 SPILF
Prise en charge et prévention du paludisme d'importation
à Plasmodium falciparum
[Lire] (Pdf court) et [Lire](pdf long)
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La chimioprophylaxie est le complément des mesures de protection contre les moustiques.
Les informations indispensables à recueillir pour la prescription d'une chimioprophylaxie concernent le voyageur (contre-indications, interactions médicamenteuses et d'apprécier les possibilités socioéconomiques d'accès aux soins) et le voyage (zones traversées ou visitées, altitude, saison, durée et conditions matérielles du séjour) : leur objectif est d'évaluer le risque réel d'exposition.

Prophylaxie chez l'adulte.
Voir Les pays par groupe
  • Pays du groupe 1 : chloroquine 100 mg/j tous les jours
  • Pays du groupe 2 : chloroquine (100 mg/j) + proguanil (200 mg/j) utilisés séparément ou en association (Savarine)
  • Pays du groupe 3 : méfloquine 250 mg, une fois/semaine
  • Zones de méfloquino-résistance (zones forestières de la Thaïlande, frontalière du Cambodge, du Myanmar et le Laos) : La doxycycline (Doxypalu®) peut être conseillée à la place de la méfloquine. Posologie : 100 mg/jour, en débutant la veille du départ et en poursuivant quatre semaines après la sortie de la zone à risque. Attention : la doxycycline peut entraîner une photosensibilité cutanée. Elle est contre indiquée en cas de grossesse et pour les enfants de moins de 8 ans. [Lire]
    L’association atovaquone-proguanil peut aussi être prescrite.
  • Intolérances, contre-indications à la méfloquine : En cas d'intolérance forte ou de contre-indication à la méfloquine, la doxycycline (Doxypalu®) peut être conseillée à la place de la méfloquine. [Lire]
  • Un site de référence avant de partir Chu de Rouen (Paludisme - Vaccins - Turista - Trousses de santé - liens)
  • Une information actualisée par destination Chu de Rouen

  • Prophylaxie chez l'enfant.
    Molécule Présentation Posologie Commentaires
    chloroquine sirop 25 mg/5 mL < 8,5 kg 12,5 mg/j
    9-16,5 kg 25 mg/j
    17-33 kg 50 mg/j
    33,5-45 kg 75 mg/j
    attention aux intoxications accidentelles
    Chloroquine comprimés sécables de 100 mg 9-16,5 kg 25 mg/j
    17-33 kg 50 mg/j
    33,5-45 kg 75 mg/j
    attention aux intoxications accidentelles.
    Proguanil comprimés 100 mg < 8,5 kg 25 mg/j
    9-16,5 kg 50 mg/j
    17-33 kg 100 mg/j
    33,5-45 kg: 150 mg/j
    .
    Méfloquine comprimés 50 mg 15-20 kg 50 mg 1 fois/semaine
    21-30 kg 100 mg 1 fois/semaine
    31-45 kg 200 mg 1 fois/semaine
    contre-indication: en dessous de 15 kg (en prophylaxie) et en cas d'antécédents de convulsions


    La chimioprophylaxie est-elle toujours nécessaire ?
    Une liste des pays pour lesquels une chimioprophylaxie n'est jamais utile (groupe 0 = pas de paludisme à P. falciparum) est établie chaque année par le Conseil supérieur d'Hygiène Publique de France.
    Un recensement des grandes villes et régions pour lesquelles le risque d'exposition est également nul bien qu'elles ne fassent pas partie de pays du groupe 0, doit être disponible.

    Pour toutes les autres destinations, le jury considère que :
  • pour une durée de séjour inférieure à sept jours, une chimioprophylaxie est toujours nécessaire dans les zones où le risque de transmission est élevé ;
  • dans les zones où le risque de transmission est faible, l'intérêt de la chimioprophylaxie peut être discuté selon les conditions de séjour et les possibilités d'accès aux soins lors du retour ;
  • pour une durée de séjour supérieure ou égale à sept jours, une chimioprophylaxie est toujours nécessaire.

  • La chimioprophylaxie doit être commencée la veille du départ en ce qui concerne la chloroquine, le proguanil et la doxycycline. Pour la méfloquine, deux doses sont données, l'une 10 jours et l'autre trois jours avant le départ (doses test).

    Cas particuliers
  • Femmes enceintes : une femme enceinte ne doit se rendre en zone impaludée qu'en cas d'absolue nécessité. Seuls la chloroquine et le proguanil sont autorisés.
  • Enfant : il ne faut emmener des nourrissons ou des jeunes enfants dans une zone impaludée qu'en cas d'absolue nécessité.
  • Populations migrantes: Ces sujets, lorsqu'ils se rendent dans leurs pays d'origine, doivent bénéficier de la même chimioprophylaxie que les autres sujets non-immuns.

    Quelle est la durée de la chimioprophylaxie ?

    Pour les séjours de durée inférieure à trois mois, la chimioprophylaxie doit être maintenue en zone d'endémie et doit couvrir quatre semaines après le retour.
    Pour les séjours prolongés (durée supérieure à trois mois), ou chez les expatriés la chimioprophylaxie doit être maintenue aussi longtemps que possible. On recommandera aux voyageurs de prendre contact rapidement avec un médecin sur place pour évaluer la pertinence et le rapport bénéfice/risque de la chimioprophylaxie.
    Le jury ne retient pas d'argument pour limiter l'utilisation prophylactique de la méfloquine à trois mois.
    Chez les sujets ayant reçu un traitement curatif après leur retour par quinine (sept jours), méfloquine ou halofantrine, aucune chimioprophylaxie complémentaire n'est nécessaire en l'absence de nouvelle exposition.

    Place du traitement de réserve

    Le traitement de réserve doit être limité aux voyageurs en situation d'isolement les mettant à plus de 12 heures d'une structure de soins.
    Même en cas d'autotraitement, le voyageur doit être informé de la nécessité d'un avis médical rapide.
    Le jury considère que les seules molécules utilisables sont par ordre de préférence la quinine orale, la méfloquine et l'association pyriméthamine-sulfadoxine (FANSIDAR ®).
    La doxycycline associée à la quinine est conseillée quand il existe un risque de polychimiorésistance.
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