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les ACT
Artemisinin-based combination therapy
Combinaisons à base d'artémisinine.

Source http://www.msf.fr/site/site.nsf/pages/lesact

Les ACT, Artemisinin-based combination therapy (combinaisons à base d'artémisinine) sont aujourd'hui les seuls véritablement efficaces contre le paludisme.

L'artémésinine, issue d'une plante chinoise, a largement prouvé son efficacité en Asie. Des études menées dans de nombreux pays impaludés (2 millions de cas traités) démontrent à la fois son efficacité et sa facilité d'administration (injectable ou voie orale en une dose quotidienne). Elle élimine plus rapidement les parasites présents dans le sang. C'est donc un atout en phase épidémique : elle "casse" la transmission épidémique.

Pour augmenter son effet, mais aussi retarder l'apparition de résistances, elle est administrée en association avec une autre molécule, SP, amodiaquine ou méfloquine : ce sont les ACT, combinaisons thérapeutiques. La faible parasitémie restante grâce à l'effet de l'artémisinine est éliminée par le deuxième antipaludéen d'action plus prolongée.

Toujours pour limiter l'apparition de résistances, mais aussi pour réduire les coûts, il est aussi indispensable d'améliorer le diagnostic du paludisme en procédant à des examens de sang : leur utilisation permet un diagnostic précis, et donc de traiter uniquement les personnes affectées par le paludisme, ce qui diminue de près de 50% le nombre des cas réellement à soigner. En règle générale, aujourd'hui, le diagnostic se fait surtout sur des signes cliniques (fièvre, courbatures, vomissements...) assez peu spécifiques et des antipaludéens sont donc donnés à des personnes qui ne souffrent pas de paludisme.

UN TRAITEMENT RECOMMANDE PAR L'OMS En 2002, l'OMS publie une recommandation claire sur la nécessité d'utiliser les ACT dans les pays touchés par les résistances aux antipaludéens classiques. "L'OMS, sur l'avis d'experts internationaux, recommande l'introduction de polythérapies pour remplacer les monothérapies dans le traitement du paludisme... L'OMS préconise en particulier le recours à des associations médicamenteuses contenant des dérivés d'artémisinine - ACT". [Lire]

UN MEDICAMENT ENCORE CHER
Produit en faibles quantités, ce médicament est plus cher que la chloroquine. Un traitement de première ligne chloroquine ou SP coûte actuellement entre 0,2 et 0,5 $ alors qu'un traitement ACT oscille entre 1,2 et 2,4 $ (pour MSF : 1$ + 0,5 $ pour le test rapide), soit cinq à six fois plus cher que des traitements classiques mais... inutiles. Pour de nombreux patients, cette différence est le prix de la vie. Un prix que, malheureusement, bien peu de personnes en Afrique peuvent payer. Seule une fabrication à grande échelle pourra faire significativement baisser le prix.

(1) Nick White, président du Wellcome Trust Southern Asian Tropical medicine Research Units et professeur de médecine tropicale – Université d'Oxford

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Les combinaisons thérapeutiques antipaludiques
Rapport d'une consultation technique de l'OMS

Texte complet http://www.paho.org/French/AD/DPC/CD/mal-adct.htm

L'augmentation de la résistance à la chloroquine et à la sulfadoxine/pyriméthamine (Fansidar ® ) va probablement entraîner une augmentation de la morbidité et de la mortalité palustres, notamment chez les enfants, aussi faut-il remplacer d'urgence les antipaludiques qui sont devenus inefficaces ou sont en train de perdre rapidement de leur efficacité.

Si l'on veut aller de l'avant dans l'amélioration de l'efficacité thérapeutique et l'allongement du délai d'apparition de la résistance aux antipaludiques, il faut recourir à des combinaisons thérapeutiques basées sur des molécules " novatrices " dont le mode d'action est différent. Les combinaisons à base d'artémisinine ont de nets avantages en ce sens qu'elles permettent une guérison clinique et parasitologique rapide, qu'on ne leur connaît pour l'instant aucune résistance parasitaire, qu'elles réduisent la charge gamétocytaire et qu'elles sont généralement bien tolérées.

A la lumière des données disponibles quant à leur innocuité et leur efficacité, les options thérapeutiques suivantes actuellement disponibles pourraient être mises en œuvre (dans l'ordre de priorité) si les considérations de coût n'entrent pas en ligne de compte:
  • artéméther-luméfantrine Coartem °;
  • artésunate (3 jours) plus amodiaquine;
  • artésunate (3 jours) plus SP (sulfadoxine-pyriméthamine) dans les régions où la SP conserve une bonne efficacité; et SP plus amodiaquine dans les régions où l'amodiaquine et la SP conservent une bonne efficacité. Cette option se limite essentiellement aux pays de l'Afrique de l'Ouest.
Voir : Les antipaludéens : DCI et nom commerciaux internationaux : [Lire]
Voir : Antipaludéens : quelle association en 2004 ? [Lire]


Chaque fois que la mise en œuvre de ces combinaisons thérapeutiques est envisagée, elle doit s'appuyer sur un suivi permanent de leur efficacité et de leur innocuité, notamment chez les très jeunes enfants, les femmes enceintes, les mères allaitantes et leurs nourrissons.
Les combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine en sont encore à un stade précoce en Afrique et nécessitent d'importantes études de phase IV ainsi qu'une surveillance après mise sur le marché.
Il est recommandé que d'autres combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine actuellement en cours d'étude bénéficient d'un développement accéléré, notamment l'association artémisinine + pipéraquine + triméthoprime (Artecom °) ainsi que les associations Lapdapartésunate et pyronaridine-artésunate. Les options qu'il n'est pas recommandé de prendre en compte pour l'instant dans la politique de traitement sont les suivantes: associations à base de chloroquine (CQ + SP et CQ + artésunate); traitement d'un jour par l'artésunate + SP; associations à base de méfloquine (par exemple méfloquine plus artésunate) dans les zones où la transmission est intense; et traitement d'un jour par l'artésunate plus la méfloquine lors de la phase aiguë d'une situation d'urgence complexe ou d'une épidémie de paludisme. Les participants ont pris acte de l'absence de traitement préventif à la fois sans danger et efficace à utiliser pendant la grossesse dans les zones à forte transmission où existe une résistance à la sulfadoxine-pyriméthamine ainsi qu'en situation d'épidémie. C'est un problème qui doit être abordé sans délai.
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