L'OMS préconise de nouvelles thérapies
anti-paludéennes en Afrique
OMS Avril 2002
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a
recommandé jeudi aux pays, principalement africains, affectés par le
paludisme d'adopter de nouvelles associations thérapeutiques,
dérivées d'une plante chinoise, de préférence à des médicaments
bon marché ayant perdu leur efficacité.
Les Etats africains veulent sauver d'ici à 2010 la vie de la moitié des
800.000 jeunes enfants victimes chaque année de cette maladie.
Mais la pharmacorésistance accrue des médicaments les plus couramment disponibles et les
moins chers, comme la chloroquine, rend cette lutte vouée à l'échec, a relevé l'agence des
Nations unies.
Le parasite est ainsi devenu résistant à la chloroquine, qui avait sauvé des millions de vies
durant des décennies en Afrique.
Les nouvelles associations thérapeutiques, à base d'artémisinine (ACT, artemisinin-based
combination treatment), dérivées en partie d'une plante chinoise, éliminent le parasite très
rapidement, et permettent au malade de récupérer vite, avec peu d'effets secondaires,
affirme l'OMS.
L'OMS a décidé d'ajouter l'une de ces associations médicamenteuses
(artéméther/lumefantrine) à sa liste des médicaments essentiels prioritaires dans le monde.
Ce médicament, connu sous son nom de marque Coartem, est le seul qui associe dans un même comprimé un composé de l'artémisinine et un autre composé.
Cette recommandation a été faite à l'occasion de la Journée du paludisme en Afrique.
L'agence de l'ONU recommande que les pays entament la transition vers les ACT dès que
les niveaux de résistance dépassent 15%, et que le changement soit opéré avant que la
résistance n'atteigne 25%.
"Le nouveau message de l'OMS est un pas en avant. Maintenant nous demandons à l'OMS
de présenter clairement la manière dont elle prévoit de soutenir l'introduction rapide des
ACT dans les pays à hauts niveaux de résistance", a déclaré son directeur pour l'accès aux
médicaments essentiels, Bernard Pécoul, demandant une mobilisation de fonds.
Ces combinaisons ont été utilisées depuis des décennies avec succès en Chine, et depuis
plus de dix ans en Asie du Sud-Est, a noté MSF.
En 2001, dans le Kwazulu Natal (Afrique du sud), l'adoption de mesures préventives et le
traitement ACT ont réduit le nombre de morts dus au paludisme de 87% par rapport à
2000, selon cette ONG.
Le nouveau Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a décidé de
financer des actions proposées pour faire reculer le paludisme à Zanzibar et en Zambie, et
notamment l'achat et l'utilisation progressive des nouvelles ACT.