HERPES GENITAL : TRANSMISSION

L'excrétion virale asymptomatique joue un rôle non négligeable dans la transmission de l'infection HSV2.

Rôle dans la transmission
Le risque de transmission d'herpès génital dû à une excrétion asymptomatique a été montré dans une étude prospective menée sur 144 couples discordants (l'un séropositif pour HSV2 et l'autre séronégatif - suivi 334 jours en moyenne)).
Une transmission est survenue dans 14 couples. Dans 9 cas, le partenaire source était totalement asymptomatique et dans 4 cas, la transmission a résulté d'un contact sexuel pendant les prodromes (3 cas) ou dans les quelques heures précdant l'apparition des lésions (1 cas).
LA TRANSMISSION DE HSV2 PEUT DONC INTERVENIR EN DEHORS DE TOUTE MANIFESTATION CLINIQUE DE L'HERPES et le phénomène d'excrétion virale asymptomatique explique en partie la progression épidémiologique.

Fréquence de l'excrétion virale asymptomatique
Dans une population de 65 femmes soufrant d'herpés génital à HSV2 et suivies en moyenne pendant 105 jours, on a mis en évidence une excrétion virale asymptomatique chez 55% d'entre-elles
Cette excrétion virale est intervenue en moyenne sur 2% des jours.
Dans cette étude, l'excrétion asymptomatique représentait un tiers de la période totale de réactivation de l'infection herpétique.
Sur 30 femmes suivies pendant 100 jours environ, 73% ont présenté une excrétion virale au moins une fois.

Caractéristiques de l'excrétion virale asymptomatique
Chez les femmes présentant un herpès génital clinique, l'excrétion asymptomatique est plus fréquentes dans les périodes précédant et suivant les récurences. Il a en effet été rapporté qu'environ 30% des épisodes d'excrétion asymptomatique interviennent dans les 7 jours précédant une poussée et 20% dans les 7 jours suivant la poussée.

La date de contamination est également un facteur important. Ila été démontré que l'excrétion virale asymptomatique était 3 fois plus fréquente dans les 3 premiers mois suivant la résolution d'un premier épisode d'herpès HSV2 que durant les périodes plus tardives
Le nombre annuel de poussées symptomatiques constitue également un facteur qui influe sur la fréquence de l'excrétion virale asymptomatique. Les femmes qui présentent de nombreuses récurences par an ont une excrétion asymptomatique plus fréquente que celle n'ayant présenté aucine poussée dans l'année précédente.
Concernant l'homme, il est vraissemblalble que cette excrétion soit similaire à ce que l'on peut observer chez la femme.

Le rôle majeur de l'excrétion virale asymptomatique dans la progression constante de l'herpès génital HSV2 doit la placer au centre de toute réflexion concernant les stratégies de prise en charge de cette affection en terme de santé publique

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