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Alcoolisme : l'histoire n'est pas finie...
Professeur Antoine Hadengue Médecin-chef Service de gastroentérologie et d'hépatologie HUG, Genève
docteur Pascal Gache Unité d'alcoologie HUG, Genève
Revue Médicale Suisse N° 169 publiée le 03/09/2008

Six milliards et demi de coût social. Huit milliards de bénéfice économique. L’alcool pèse lourd dans l’économie et sur notre santé. Rien de nouveau. L’alcool est devenu le premier facteur de maladie dans les pays en développement lorsqu’ils ont surmonté la malnutrition.
Tenace, le préjugé que l’alcoolisme «maladie auto-infligée» ne justifie pas la mise en œuvre des mêmes moyens de santé et outils de recherche que d’autres maladies somatiques ou psychiques.

Mais la science avance, singulièrement en génétique et en neurobiologie, et grâce à cela, notre compréhension de l’alcoolisme et de sa prise en charge.
  • Génétique. Après des années de croyance en une transmission exclusivement sociale, le caractère génétique du risque de dépendance à l’alcool n’est plus contestable. Pas moins de onze polymorphismes génétiques sont significativement associés au risque d’alcoolisme (Online mendelian inheritance in man, le 26 juin 2008). Ces gènes concernent surtout les voies du métabolisme de l’alcool (ADH et ALDH), de la dopamine (CRD2), de la sérotonine (SLC6A4), et du GABA-A.

  • Neurobiologie. A côté de la dopamine, de la sérotonine et du «circuit de récompense» par les endorphines dont l’implication est admise depuis plusieurs années, l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), voit son rôle dans la genèse de la dépendance et du craving mieux cerné. Le GABA est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central des mammifères et on a démontré un lien entre les sous-types de récepteurs GABA et la dépendance à l’alcool.

  • Le craving La «motivation à boire», ce «craving» qui précipite les alcooliques dans la rechute a un substrat neurobiologique de mieux en mieux identifié. La maladie alcoolique se conçoit comme un conditionnement organique du neurone. Non plus comme un manque de «volonté», une tare ou encore une punition.
La perspective des traitements de l’alcoolisme s’en trouve bouleversée. Le baclofène. Un puissant agoniste GABA-B capable, selon la dose administrée, de réduire, voire de supprimer l’appétence pour l’alcool des animaux dépendants, pourrait trouver sa place dans le traitement de l’alcoolisme.... A suivre donc. [Lire]

Voir également le site www.alcool-et-baclofene.fr/
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