Effets indésirables des traitements prolongés par inhibiteur
de la pompe à protons
Annie-Pierre Jonville-Béra Pharmacologue CRPV de Tours
[ BIP31.fr 2011, 18 (1), page - 3 ]
En raison de leur efficacité et de leur bonne
acceptabilité, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont
souvent pris sur de très longues périodes. Cependant, certains
de leurs effets indésirables, certes rares, nécessitent d'être pris
en compte pour leur prescription mais surtout pour leur arrêt.
Les IPP sont des promédicaments transformées par les
cellules pariétales en un métabolite se liant de façon irréversible
à l'ATPase H+/K+ et inhibant ainsi la production d'acide
chlorhydrique. Leur utilisation au long cours peut être à
l'origine d'effets indésirables, conséquences de l'inhibition de
cette sécrétion acide.
Ainsi, des données sont en faveur du risque d'anémie
lié à une diminution de l'absorption de la vitamine B12 et du
fer.
Plusieurs études épidémiologiques ont évoqué le risque
d'ostéoporose ou de fracture, en particulier de hanche,
probablement favorisé par une diminution de l'absorption du
calcium en cas de très longues durées de traitement.
De plus,
plusieurs cas d'hypomagnésémie associés à un traitement
prolongé par IPP ont été rapportés, mais le mécanisme n'est pas
élucidé. [Lire](MAJ 2012)
Les études concernant le risque de pneumopathie sont
contradictoires, mais quelques unes évoquent une augmentation
du risque d'infection intestinale, en particulier à clostridium
difficile.
Enfin, parmi les effets indésirables non liés à la durée
de traitement, plusieurs cas de néphrite interstitielle aigue ont
été rapportés avec les IPP, souvent associés à des
manifestations extra rénales d'hypersensibilité.
L'existence d'effets indésirables durée-dépendants doit
conduire les prescripteurs à réévaluer régulièrement la nécessité
de poursuivre un IPP.
Si un traitement prolongé est
indispensable, les auteurs préconisent d'augmenter les apports
alimentaires de calcium et de surveiller la concentration
plasmatique en vitamine B12 si le patient est âgé.
Enfin, en cas
d'arrêt de l'IPP, celui-ci doit être progressif afin d'éviter un
rebond de sécrétion acide. (Gastroenterology 2010, 139, 1115 ;
d’après Actual Pharmaco Clin 2010, 86, 5)
IPP et diarrhées à Clostridium difficile
Le 8 février 2012, la FDA a publié sur son site, un message informant du lien possible entre la consommation d'Inhibiteurs de la Pompe à Protons (IPP) et la survenue de diarrhées à Clostridium difficile. Les infections bactériennes à C.difficile se présentent sous la forme de diarrhées aqueuses, associées à une inflammation colique.
La FDA conseille aux médecins de suspendre les traitements à base d'IPP en cas de doute sur l'origine d'une diarrhée chronique.
Le simple arrêt de l'IPP permet généralement une guérison spontanée toutefois, un traitement est parfois nécessaire et il fait généralement appel au métronidazole. (Source : medscape.fr sauf pour le traitement)
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