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Afssaps
Mise au point juin 2006
sur le traitement hormonal de la ménopause (THM - THS)

Texte complet http://afssaps.sante.fr/htm/10/ths/thm_mise_aupoint.pdf

Les recommandations sont identiques à celles précédemment émises en décembre 2003. [Lire]
  • A l'instauration du traitement, toute information utile permettant une prescription adaptée et éclairée doit être fournie aux patientes. Ainsi, les risques inhérents au traitement doivent leur être communiqués, de même que les résultats des études récentes qui suggèrent que le risque pourrait varier selon les produits.
    Esculape L'apport du THS après E3N [Lire] (Gyneweb)

  • De plus, le traitement doit être ré-évalué régulièrement, au moins une fois par an, en prenant en considération l'évolution du rapport béné-fice/ risque. Cette ré-évaluation pourra s'accompagner d'une suspen-sion temporaire du traitement afin de contrôler la persistance du syn-drome climatérique et sa sévérité.

  • Quelle que soit l’indication, il est rappelé que :
    • avant d’initier ou de ré-instaurer un THM, un examen clinique et gynécologique complet (y compris analyse des antécédents fami-liaux) doit être effectué.
    • Un examen régulier des seins doit être pra- tiqué selon les recommandations en vigueur (palpation, mammogra-phie, échographie…) et adapté en fonction des cas individuels. Le THM est contre-indiqué en cas de cancer du sein connu ou suspecté, ou d’autres tumeurs estrogéno-dépendantes connues ou suspectées (par ex. cancer de l’endomètre) ;
    • l’utilisation d’un THM chez des patientes présentant des antécédents d’accident thrombo-embolique veineux ou un état thrombotique connu nécessite une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque. Le THM est contre-indiqué en cas d’accident thrombo-embolique veineux en évolution, ou d’antécédents thrombo-emboliques vei-neux récidivants ;
    • le THM est également contre-indiqué dans les situations suivantes :
      ---- hémorragie génitale sans diagnostic établi,
      ---- accident thrombo-embolique artériel récent ou en évolution,
      ---- affection hépatique aiguë ou chronique, ou antécédents d’affection hépatique, jusqu’à normalisation des tests hépatiques,
      ---- hypersensibilité aux principes actifs ou à l’un des excipients.
Pour aider à la prise en charge et à l’information des patientes, l’Afssaps met à disposition sur son site internet (www.afssaps.sante.fr) deux documents d’information destinés aux patientes sous forme de questions/réponses et de messages-clé.

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Texte complet http://afssaps.sante.fr/htm/10/ths/thm_mise_aupoint.pdf

Les résultats de l’étude WHI ont été complétés avec l’analyse de l’essai "estrogènes seuls"

Cette seconde étude WHI [15], étude randomisée en double-insu, a inclus 10 739 femmes américaines, âgées de 50 à 79 ans, ménopausées et hystérectomisées qui ont reçu soit 0,625 mg/j d’ECE, soit un placebo.
Avec une durée moyenne de suivi de 6,8 ans, les analyses montrent que le traitement par ECE augmente le risque de survenue d’accident vascu-laire cérébral.
En revanche, il n’a pas été mis en évidence de sur-risque de maladies coronariennes, en particulier chez les femmes ménopausées traitées âgées de 50 à 59 ans en début de ménopause [16].
Il n’a pas été mis en évidence de sur-risque de cancer du sein. Une analyse complémentaire de l’étude avec un suivi moyen de 7,1 ans confirme ce résultat [17].

L’étude française E3N permet une analyse du risque de cancer du sein en fonction du type de THM
L’étude E3N est une étude observationnelle menée auprès de femmes françaises ménopausées nées entre 1925 et 1950 n’ayant jamais reçu de THM jusqu’à 1 an avant leur inclusion dans la cohorte.
Une première analyse de l’étude a déjà été publiée [18] et un complément a été présenté lors du 11e congrès international sur la ménopause à Buenos Aires en octobre 2005 [19]. Cette étude complémentaire précise les premiers résultats, puisqu’un plus grand nombre de femmes a été inclus et la période de suivi a été plus longue. Ainsi, 69 647 femmes ont été incluses et suivies pendant une durée moyenne de 7,7 ans. Les femmes ont été traitées par un THM avec une durée moyenne de traitement de 5,5 ans. Les résultats confirment l'augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes traitées par un THM combiné comprenant un progestatif de synthèse. Cette augmentation semblerait moins marquée avec la dydrogestérone comparativement aux autres progestatifs de synthèse. Par contre, les résultats suggèrent que le risque de cancer du sein ne serait pas augmenté chez les femmes prenant un estrogène (essentiellement par voie transdermique) associé à la progestérone micronisée, et ce, quelle que soit la durée d'utilisation dans la période étudiée. Par ailleurs, une augmentation du risque est observée avec l’utilisation d’estrogènes seuls.

L’étude ESTHER évalue le risque thrombo-embolique veineux en fonction de la voie d’administration des estrogènes et du type de progestatif
L’étude ESTHER est une étude cas-témoin réalisée auprès de femmes françaises âgées de 45 à 70 ans ayant eu un premier épisode d'accident thromboembolique veineux idiopathique. Une première analyse de l’étude a déjà été publiée [20] et un complément a été présenté lors du 11ème congrès international sur la ménopause à Buenos Aires en octobre 2005 [21]. Dans celui-ci, un nombre de cas plus élevé a été analysé (253 cas appariés à 597 contrôles). Les résultats confirment l’augmentation du risque thromboembolique veineux chez les femmes recevant un THM estroprogestatif avec un estrogène par voie orale. Le risque serait également augmenté chez les femmes utilisant un estrogène par voie transdermique en association avec un dérivé norpregnane.
Par contre, les résultats suggèrent que le risque ne serait pas augmenté chez les femmes recevant un estrogène par voie transdermique seul ou en association avec la progestérone micronisée ou avec un dérivé pregnane micronisée, et ce, quelle que soit la durée d'utilisation dans la période étudiée..
Par ailleurs, une augmentation du risque est observée avec l’utilisation d’estrogènes seuls.

Ce qui est établi en termes de risques

Actuellement aucune donnée issue d’essais randomisés ne permet de savoir si les risques associés au THM sont influencés ou non par le type d’estrogène (estrogènes conjugués équins, estradiol), ou par le type de progestatif (acétate de médroxyprogestérone, lévonorgestrel, noréthistérone, progestérone, etc.), ou par la voie d’administration de l’estrogène (orale, transdermique), ou enfin par les modalités d’utilisation du progestatif (administration séquentielle ou continue).

Cancer du sein

Plusieurs facteurs hormonaux modulent le risque de cancer du sein. Ce risque est corrélé à l’imprégnation estrogénique, qui dépend de la durée de la période qui se situe entre la puberté et la ménopause. Le THM prolonge l’imprégnation estrogénique naturelle et place la femme traitée à un niveau de risque supérieur à celui d'une femme de même âge non traitée.
D’après l’essai WHI [1], il existe un sur-risque de cancer du sein chez les femmes utilisant un THM estroprogestatif. Ce sur-risque de cancer augmente avec la durée du traitement. La WHI rapporte pour la première fois que les tumeurs mammaires ont été diagnostiquées à un stade plus invasif [3]. L’hypothèse d’un retard de diagnostic est évoquée, lié à une hyperdensité mammaire engendrée par la prise de THM. Sur la base des données actuelles, un THM à base d’estrogènes seuls ne semble pas augmenter le risque de cancer du sein [15 ; 17].
L’augmentation du risque de cancer du sein liée au THM estroprogestatif pourrait dépendre du type de THM, d’après l’étude observationnelle française E3N. L’étude suggère qu’il n’y aurait pas d’augmentation du risque lorsque le THM associe un estrogène (essentiellement par voie transdermique) à la progestérone micronisée [18 ; 19]. Ce résultat nécessite d’être confirmé par d’autres études.

Cancer de l’endomètre

L’absence d’augmentation du risque de cancer de l’endomètre lorsque les estrogènes, connus pour augmenter ce risque, sont associés à un progestatif en continu est retrouvée par l’étude MWS alors que les progestatifs administrés en séquentiel ne supprimeraient pas totalement le risque [1 ; 4 ; 23]. Par ailleurs, dans cette même étude, il a été suggéré que la tibolone, sur une durée moyenne de suivi de 3,4 ans, augmenterait le risque de survenue du cancer de l’endomètre.

Cancer de l’ovaire

Quelques données suggèrent que le THM pourrait être associé à une augmentation du risque de cancer de l’ovaire [4], mais ceci nécessiterait d’être confirmé par d’autres études.

Risque thrombo-embolique veineux

Le THM augmente le risque thrombo-embolique veineux (thrombose veineuse, embolie pulmonaire), surtout la première année de traitement, ce qui nécessite de respecter scrupuleusement les contre-indications de prescription. Ce risque augmente avec l’âge. Les antécédents familiaux thrombo-emboliques veineux représentent un facteur de risque à prendre en considération.

Le risque thrombo-embolique veineux lié au THM pourrait dépendre de la voie d’administration des estrogènes et du type de progestatif d’après l’étude cas-témoin française ESTHER [20 ; 21 ; 22]. L’étude suggère qu’il n’y aurait pas d’augmentation du risque lorsque le THM est administré par voie transdermique, excepté lorsque les estrogènes sont associés aux dérivés norpregnanes. Ce résultat doit être confirmé par d’autres études.
Il ne permet en aucun cas de conclure que la voie transdermique réduirait l'ensemble des autres risques induits par le THM, ni que ce traitement peut être prescrit en cas de risque majoré de maladie thrombo-embolique veineuse.


Risque cardiovasculaire

Les études randomisées HERS I et II (Heart and Estrogen/progestin Replacement Study) [13 ; 14] avaient montré que le THM, administré par voie orale, ne diminuait pas les risques cardiovasculaires chez les femmes ayant une maladie coronaire.

Les données de WHI [1 ; 5 ; 8] confirment que le THM estroprogestatif ne protège pas du risque d'accident coronaire et entraînerait même une augmentation du risque d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral au cours de la première année de traitement chez les femmes sans antécédents cardiovasculaires. Cette augmentation du risque d'accident ischémique a été observée chez des femmes de plus de 60 ans, trai-tées par estrogènes conjugués équins et acétate de médroxyprogestérone. De même, les résultats des analyses de l’autre étude WHI montrent que le traitement par estrogènes seuls n’exerce pas d’effet protecteur sur la survenue de maladies coronariennes, en particulier chez les femmes de plus de 60 ans, et augmente le risque de survenue d’accident vasculaire cérébral [15 ; 16].

Une méta-analyse regroupant 28 essais contrôlés randomisés complets, soit 39 769 sujets, confirme l’augmentation du risque de survenue d’accident vasculaire cérébral chez les utilisatrices de THM [24]. Le même niveau de risque est retrouvé quelle que soit la nature du THM (estrogènes seuls ou associations estroprogestatives). Cette étude précise que le risque est significativement augmenté seulement pour les accidents vasculaires cérébraux d’origine ischémique. Il faut noter que les résultats sont très influencés par le poids de l’étude WHI.

Par ailleurs, l’essai LIFT, destiné à évaluer les effets de la tibolone 1,25 mg dans la réduction des fractures vertébrales chez 4 538 femmes âgées de 60 à 85 ans, ménopausées et ostéoporotiques, a récemment été arrêté, après une durée moyenne de suivi de 2,4 ans. Les résultats, encore non publiés, ont en effet montré une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral par rapport au placebo. å Troubles cognitifs Contrairement à ce qui était espéré, il n’y a pas aujourd’hui de données mettant en évidence un effet protecteur du THM sur les troubles cognitifs. Le THM pourrait même accroître le risque de démence (chez des femmes de plus de 65 ans) [6].

Ce qui est établi en termes d’efficacité
  • Troubles du climatère
    L’efficacité du THM dans le traitement des troubles du climatère, notamment sur les symptômes vasomoteurs, a été largement démontrée.

  • Prévention de l’ostéoporose
    Effet sur la densité osseuse : La perte osseuse, qui est associée à un risque fracturaire, est rapide la première année de ménopause. Le THM permet de prévenir cette perte osseuse et l'effet est dose-dépendant. A l'arrêt du THM, la perte osseuse reprend au rythme physiologique.

    Effet sur les fractures : Le THM est le seul traitement ayant démontré son efficacité dans la prévention primaire des fractures ostéoporotiques dans la population géné-rale (en l’absence de mesure de la densité minérale osseuse -DMO-). Le bénéfice anti-fracturaire (en termes de risque relatif) est identique quel que soit le risque fracturaire initial.

    Dans l’étude WHI [2], le pourcentage de fractures observées au terme de 5 années de traitement est de 8,6 % chez les femmes ayant reçu un THM, versus 11,1 % chez les femmes non traitées. La durée pendant laquelle le risque fracturaire est réduit après l'arrêt du traitement n’est pas connue mais il semble qu’elle ne soit pas supérieure à quelques années.
    Il n’est pas établi non plus qu’un THM administré en début de ménopause prévienne les fractures à distance de l’arrêt du traitement.
    Enfin, il n’y a pas ou peu de données d’efficacité sur la prévention des fractures en cas de ménopause précoce, de DMO basse, ainsi que chez les femmes ayant des antécédents de fractures vertébrales.

  • Cancer colo-rectal
    La WHI portant sur le traitement ECE + MPA [1] rapporte une diminu-tion du risque de cancer colo-rectal ; cet éventuel effet protecteur du THM sur la survenue d'un cancer colo-rectal n’est pas encore suffisamment documenté, notamment sur la durée de cette protection
Quel est le rapport bénéfice/risque du THM en fonction des indications ?
  • Dans le traitement des troubles climatériques
    Le rapport bénéfice/risque du THM est favorable lorsque les troubles du climatère perçus par la patiente sont suffisamment gênants pour altérer sa qualité de vie. Le traitement peut être instauré si la femme le souhaite, à la dose minimale efficace, pour une durée la plus courte possible. En effet, dans l’étude WHI, le suivi du groupe traité par estroprogestatif a été arrêté prématurément au terme de 5 années de traitement et celui du groupe traité par estrogènes seuls au bout de 6,8 ans, le rapport bénéfice/ risque ayant été jugé défavorable par rapport au groupe placebo.

  • Dans le traitement de l’ostéoporose [25]
    Dans la prévention du risque fracturaire, le rapport bénéfice/risque du THM, quel que soit le produit envisagé, est défavorable sur la base des données actuellement disponibles.
    L’administration d’un THM pourra être envisagée chez la femme ménopausée qui a un risque élevé de fractures :
    • lorsque la patiente présente des troubles du climatère qu’elle perçoit comme altérant sa qualité de vie (cf. ci-dessus) ;
    • lorsque la patiente présente une intolérance à un autre traitement indiqué dans la prévention de l’ostéoporose et après une évaluation individuelle précise et soigneuse du rapport bénéfice/risque.
    Chez les femmes ménopausées en bonne santé sans trouble du climatère et sans facteur de risque d’ostéoporose, la prescription de THM n’est pas recommandée.
En résumé…

Cette nouvelle analyse des données de risques reste en accord avec les conclusions déjà formulées en mai 2004 dans le rap-port de l’audition publique Anaes/Afssaps [11].
  • Il existe un sur-risque de cancer du sein chez les femmes utilisant un THM estroprogestatif. Ce sur-risque de cancer augmente avec la durée du traitement. Aucune différence n'est démontrée en fonction de la voie d'administration (orale, extra-digestive), ni en fonction du schéma d'administration (séquentiel ou continu). Des données (E3N) suggèrent que le sur-risque de cancer du sein lié au traitement estroprogestatif pourrait varier en fonction du type de progestatif mais ces données nécessitent d’être confirmées.

  • Le THM, estroprogestatif ou par estrogènes seuls, n'exerce pas d'effet protecteur sur la maladie coronarienne et vis-à-vis du risque cérébrovasculaire, que les femmes aient ou non des antécédents cardio-ou cérébro-vasculaires. Il existe une augmentation du risque coronarien et cérébrovasculaire sous traitement estroprogestatif, sans que l'on observe de variation notable en fonction de la durée de traite-ment. Néanmoins, l’augmentation du risque coronarien a été observée chez des femmes de plus de 60 ans traitées par l’association estrogènes conjugués équins et acétate de médroxyprogestérone.

  • Il existe une élévation du risque de maladie veineuse thromboembolique sous THM estroprogestatif. Ce risque ne semble pas exister avec les estrogènes administrés par voie transdermique mais ces données nécessitent d’être confirmées.
Texte complet et références : http://afssaps.sante.fr/htm/10/ths/thm_mise_aupoint.pdf
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