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LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL - SPM
La différence entre un terroriste et une femme en SPM est que avec le premier on peut négocier

Le syndrome prémenstruel (SPM) représente la gêne fonctionnelle le plus fréquemment signalée par les femmes (30 à 45 %).
Il s'agit d'un ensemble de manifestations bénignes pouvant intéresser tous les appareils, et dont le seul point commun est leur caractère cyclique, apparaissant dans les jours qui précèdent les règles pour disparaître au début ou au cours de la menstruation.

La physiopathologie reste mystérieuse mais le fait capital semble être l'augmentation de la perméabilité capillaire avec constitution d'un œdème tissulaire interstitiel notamment mammaire (mastodynie), cérébral (manifestations neuro­psychologiques) et péritonéo­colique (troubles abdomino­pelviens). Actuellement, l'hyperoestrogénie " relative ", ou insuffisance lutéale parait la plus acceptée. La progestérone étant sécrétée par le corps jaune en quantité insuffisante pour s'opposer à l'effet périphérique des estrogènes en deuxième partie de cycle.

SEMIOLOGIE
  • ­ la tension mammaire : il s'agit au minimum d'une simple mastodynie mais les seins peuvent réellement douloureux. Cette symptomatologie peut aussi bien apparaître sur un sein normal que sur un sein porteur de lésions de mastose.
  • la tension abdomino­-pelvienne : ballonnement abdominal plus ou moins prononcé, toujours gênant, souvent associé à un trouble du transit
  • la tension psychique : parfois subjective c'est une période de baisse de performances personnelles et intellectuelles, et, comme le prouvent les statistiques, d'augmentation spectaculaire de fréquence de comportements anormaux (accidents de voiture), délictueux (du délit simple au crime) et suicidaires. Sur le plan clinique, les difficultés les plus fréquemment alléguées sont l'irritabilité, ou au contraire la somnolence avec fatigabilité, voire des épisodes dépressifs passagers.
  • La rétention d'eau avec une prise de poids généralement modérée pouvant aller jusqu'au tableau d'oedème cyclique idiopatique avec hyperaldostéronisme secondaire
  • Les migraines....
TRAITEMENT
NB : Le traitement idéal reste encore à découvrir....
  • Il est toujours utile de conseiller des mesures hygiéno­diététiques durant cette période et d'observer un certain degré de restriction hydrosodée, éviter les sucres à élimination rapide, ainsi que les excitants du système nerveux (café, tabac, alcool);
  • Traitement symptomatique des manifestations les plus pénibles (antalgiques, anti­inflammatoires, tranquillisants)
  • Vitamine B6, zinc, acides gammalinoléique (huile d'onagre) précurseur des prostaglandines E1, dont le déficit a été invoqué à l'origine de la plupart des manifestations du syndrome prémenstruel.
  • Antiinflammatoires non stéroïdiens L’administration d’antiinflammatoires non stéroïdiens peut être envisagée dans le traitement du syndrome prémenstruel, surtout lorsque celui-ci est associé à des dysménorrhées, des céphalées ou des douleurs musculosquelettiques. Les antiinflammatoires non stéroïdiens peuvent cependant entraîner une rétention hydrosodée..
  • Diurétiques (antialdostérone) peuvent être utilisés si un élément œdémateux important intervient, prouvé par des fluctuations pondérales objectives d'un jour à l'autre malgré une restriction hydrosodée correcte
  • L'hormonothérapie progestative reste le recours le plus fréquent et le plus utile en cas d'échec des autres moyens. Les meilleurs résultats sont à attendre des progestatifs de synthèse démégestone, rétroprogestérone [Lire], à raison de 2 à 3 comprimés par jour en commençant 2 à 3 jours avant la date d'apparition habituelle des symptômes, jusqu'à la veille de la date présumée des règles.
    Les nor­androstanes sont moins régulièrement efficaces, mais peuvent avoir de bons résultats en cas d'échec des PS 1 face à certains symptômes (céphalées, asthénie), probablement du fait de leur proximité chimique avec la testostérone. Il semble d'ailleurs que chaque patiente soit mieux soulagée par un progestatif de synthèse que par les autres.
    Le DIU hormonal "Mirena" mérite également d'être proposé mais son efficacité parait variable.
  • Il est également possible d'utiliser un estro­progestatif oral pour mettre l'ovaire au repos et substituer un climat hormonal artificiel. On choisira une formulation à climat progestatif dominant, ne comportant pas plus de 30 microgrammes d'éthinyl­estradiol.
    Il est également possible d'utiliser une pilule monophasique en continu (c'est à dire sans faire l'arrêt de 7 jours) deux ou trois mois d’affilée ( Par exemple : Varnoline °, Minidril ° ou Cilest °)
  • Pour les mastodynies isolées, on peut utiliser les préparations locales (gel de progestérone).
  • Les antidépresseurs sérotoninergiques [Lire] peuvent être également indiqués.
    Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont efficaces sur les symptômes prémenstruels, physiques et émotionnels, et sont proposés comme traitement de premier choix dans le syndrome prémenstruel dysphorique. L'efficacité de la fluoxétine (20 mg p.j.) et de la sertraline (50 à 150 mg p.j.) a été démontrée dans plusieurs études randomisées contrôlées. La paroxétine (20 à 30 mg p.j.) et le citalopram (20 à 30 mg p.j.) ont été moins étudiés mais peuvent être de bonnes alternatives. Les effets indésirables de ces différents ISRS sont comparables et consistent surtout en nausées, fatigue, insomnie, sédation et troubles de la libido.
    Dans la plupart de ces études, les ISRS ont été administrés de façon continue pendant toute la durée du cycle menstruel. Certaines études indiquent toutefois que leur administration intermittente (c.-à-d. entre l'ovulation et le début des menstruations, soit deux semaines avant la date présumée des menstruations) est au moins aussi efficace.
    Les récidives à l'arrêt du traitement sont fréquentes, ce qui implique parfois un traitement de longue durée. On ne dispose cependant pas d'étude de longue durée sur l'efficacité des ISRS dans cette indication.
  • Autres psychotropes D'autres antidépresseurs tels la clomipramine et la nortriptyline semblent également efficaces dans le traitement du trouble prémenstruel dysphorique, mais les données sont plus limitées et le risque d'effets indésirables paraît plus élevé.
    Bien qu'un effet favorable sur les symptômes prémenstruels ait été observé avec l' alprazolam et la buspirone dans certaines études randomisées contrôlées, les anxiolytiques ne sont pas recommandés de manière systématique, notamment en raison du risque de tolérance et de dépendance [en ce qui concerne l'usage rationnel des benzodiazépines
  • La phytothérapie manque encore de preuve mais peut mériter d'être utilisée. Les plantes utilisées seront sédatives et/ou progestérone-like
  • Cas particulier des migraines : elles semblent relever d'un autre mécanisme, représenté par une chute anormalement rapide de l'estradiol en période prémenstruelle. Elles relèvent donc d'une estrogénothérapie pendant cette période, la meilleure formule thérapeutique semblant représentée par l'application cutanée de 2,5 g de gel alcoolique d'estradiol pendant une semaine en commençant deux à trois jours avant la date d'apparition habituelle du phénomène.
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