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Dépistage du cancer du sein
Société française de santé publique - Flash-Email-SFSP N°23 du 9 juin 2006
Site internet : http://www.sfsp.info

Dans le contexte actuel de promotion large et consensuelle du dépistage des cancers, la revue Prescrire nous livre une réflexion documentée, structurée, argumentée qui va bien à contre-courant de toute l'idéologie actuelle. [Lire]

Voir également : Dépistez, dépistez... il en restera toujours quelque chose [Lire]

L'analyse de la littérature des essais, une dizaine d'essais comparatifs randomisés chez environ 400 000 femmes au total, ne permet pas de démontrer et d'affirmer scientifiquement l'intérêt du dépistage systématisé par mammographie. Les données montrent que de nombreuses études sont entachées d'erreurs ou de parti pris méthodologiques. Les études retenues selon des critères scientifiques strictes ne concluent pas à l'intérêt du dépistage. Les méta analyses ne sont pas plus contributives pour conclure.

Ainsi, un bénéfice en termes de mortalité totale du dépistage mammographique dans la population générale n'est pas démontré.
Si un effet (positif ou négatif) sur la mortalité totale existe, il est de faible ampleur.

Si on tient compte des résultats des essais de bonne et de médiocre qualité, on peut estimer que l'effet va d'une diminution relative de la mortalité de 1% à une augmentation relative de3 %, au bout de 13 ans (pour une mortalité totale absolue de l'ordre d'environ 3 500 pour 100 000 femmes âgées de 50 ans à 59 ans suivies 13 ans, dans un essai canadien ; dont environ 450 décès dus à un cancer du sein, pour environ 2 500 cancers survenus).

Le dépistage mammographique dans la population générale détecte un grand nombre de cancers du sein. Cependant, environ un tiers des cancers ne sont pas le fait des dépistages organisés et sont diagnostiqués entre deux sessions de dépistage ("cancers de l'intervalle").

D'autre part, 30% à 50% des cancers dépistés sont très probablement non dangereux, car localisés et peu agressifs. Le dépistage par mammographies n'a pas diminué le nombre de traitements agressifs, notamment des ablations d'un sein. Environ 60% des anomalies dépistées en France sont en fait des "faux positifs".

Les diagnostics de cancer non dangereux ("diagnostics par excès") sont à l'origine d'examens complémentaires et de traitements inutiles, parfois agressifs, qui ont eux-mêmes des effets indésirables.
L'irradiation répétée des seins est à l'origine de quelques cancers, en nombre mal connu. Les risques de faux positifs, de traitement par excès et de cancers radio induits sont d'autant plus élevés que le dépistage mammographique a commencé tôt.

L'ensemble de ces éléments demande à réévaluer le risque/bénéfice de ces dépistages. Si la décision est prise de réaliser des mammographies de dépistage malgré les incertitudes et les limites de la méthode, les meilleures conditions sont généralement celles du dépistage organisé avec contrôle de sa qualité.

"Le principal effet délétère du dépistage est le sur-diagnostic. Il consiste à détecter des lésions qui ne seraient jamais devenues des cancers du vivant d'une femme" nous explique le Dr Marie-Hélène Dilhuydy spécialiste de la question et membre du Conseil d'administration d'Europa Donna.

· Sources : La Revue Prescrire - Mai 2006 - Tome 26 - N°272 - pp. 348-374 http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierKcSeinDepSyn.php
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