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An Investigation of the Apparent Breast Cancer Epidemic in France
Screening and incidence trends in birth cohorts

Bernard Junod , Per-Henrik Zahl , Robert M. Kaplan , Jorn Olsen and Sander Greenland
BMC Cancer 2011, 11:401doi:10.1186/1471-2407-11-401
Par aimable autorisation du Dr B. Junod
Traduction en français par le Formindep [Lire]

L'augmentation du surdiagnostic de cancer du sein qui entraîne des traitements inutiles et dangereux consécutifs au dépistage y est estimée à 76% chez les femmes de 50 à 64 ans.
Les auteurs de l'étude concluent que l'épidémie de cancer du sein n'est pas réelle
Elle s'explique par l'intensification du dépistage

Jorn Olsen, co-auteur de l'article, directeur du Danish epidemiology science Center et patron du département d'épidémiologie à l'Université de Californie Los Angeles, a réagi à la nouvelle de la mise en ligne du manuscrit en ces termes : "Good to hear this. Screening is one of the most complicated public health activities, the results are diverse, there are so many conflicts of interest and the screening idea is such an easy idea to sell to the public.
Thank you for inviting us into this debate
".
Traduction en français par le Formindep [Lire]

Background
Official descriptive data from France showed a strong increase in breast-cancer incidence between 1980 to 2005 without a corresponding change in breast-cancer mortality.
This study quantifies the part of incidence increase due to secular changes in risk factor exposure and in overdiagnosis due to organised or opportunistic screening. Overdiagnosis was defined as non progressive tumours diagnosed as cancer at histology or progressive cancer that would remain asymptomatic until time of death for another cause.

Methods
Comparison between age-matched cohorts from 1980 to 2005.
All women residing in France and born 1911-1915, 1926-1930 and 1941-1945 are included. Sources are official data sets and published French reports on screening by mammography, age and time specific breast-cancer incidence and mortality, hormone replacement therapy, alcohol and obesity. Outcome measures include breast-cancer incidence differences adjusted for changes in risk factor distributions between pairs of age-matched cohorts who had experienced different levels of screening intensity.

Results
There was an 8-fold increase in the number of mammography machines operating in France between 1980 and 2000.
Opportunistic and organised screening increased over time. In comparison to age-matched cohorts born 15 years earlier, recent cohorts had adjusted incidence proportion over 11 years that were 76% higher [95% confidence limits (CL) 67%, 85.0%] for women aged 50 to 64 years and 23% higher [95% CL 15%, 31%] for women aged 65 to 79 years. Given that mortality did not change correspondingly, this increase in adjusted 11 year incidence proportion was considered as an estimate of overdiagnosis.

Conclusions
Breast cancer may be overdiagnosed because screening increases diagnosis of slowly progressing non-life threatening cancer and increases misdiagnosis among women without progressive cancer. We suggest that these effects could largely explain the reported "epidemic" of breast cancer in France. Better predictive classification of tumours is needed in order to avoid unnecessary cancer diagnoses and subsequent procedures.

[Texte complet]

Revoir également :
  • Séminaire du 28 mai 2011 "Quelles ruptures pour imaginer la médecine du futur ? " Organise par l'unité d'oncologie pédiatrique et adultes jeunes Hôpital Raymond Poincaré - Garche [Lire]
  • Conflits d'intérêts et surdiagnostic du cancer du sein Les Cinquièmes rencontres du FORMINDEP [Lire]
  • Dépistage du cancer du sein : des interrogations demeurent [Lire] (Mars 2009)
  • Mammographies et dépistage des cancers du sein : Pour un choix éclairé des femmes désirant participer au dépistage [Lire] (Prescrire)
  • Les auteurs concluent que malgré des délais de mise en œuvre différents du dépistage par mammographie, la mortalité liée au cancer du sein reste similaire et suggèrent donc que le dépistage n'a pas joué un rôle direct dans la réduction de la mortalité par cancer du sein. [Lire]
  • Swedish Two-County Trial: Impact of Mammographic Screening on Breast Cancer Mortality during 3 Decades [Lire]
  • Quels sont les bienfaits et les dommages de la participation à un programme de dépistage ? [Lire]
  • Cancer du sein: les illusions du dépistage [Lire] (www.larecherche.fr)
  • USPSTF Breast Cancer Screening Talking Points[Lire] (American College of Preventive Medicine)
  • Dépistage du cancer du sein [Lire] (Société française de santé publique)
  • Dépistage mammographique des cancers du sein Une balance bénéfices-risques peu favorable [Lire] (Prescrire)
Et en pratique ?
Le dépistage est organisé. Quel médecin peut s'y opposer ?
Une fois le diagnostic fait, le "vin est tiré "et s'enclanche automatiquement le protocole de traitement.
Qui oserait s'y soustraire ???

NB NB NB
En France la mortalité par cancer du sein est restée quasiment constante malgré l'explosion du nombre de cancers diagnostiqués. Ce phénomène pourrait être lié à l'amélioration des traitements... ou au surdiagnostic radiologique et anatomopathologique... c'est à dire à la "survie/guérison" de femmes traitées à tort.
Une analyse que personne ne peut faire....

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L'augmentation du cancer du sein en France est une illusion due au surdiagnostic

Une récente publication de "BMC cancer" a quantifié l'augmentation de la fréquence des cancers du sein due au sudiagnostic : des "cancers" qui n'auraient jamais eu de conséquence sur la santé de la femme s'ils n'avaient été diagnostiqués. Il existe dans le sein de nombreuses lésions tumorales non prédictives d'une vraie maladie cancéreuse, étiquetées à tort comme "cancer" par la biopsie. Chez les femmes de 50 à 64 ans, le cancer du sein a apparemment augmenté de 80 % à 15 ans d'intervalle, sans que la mortalité évolue. Une part d'augmentation de 4 % s'explique par l'évolution de l'obésité, de la consommation d'alcool et de la prise d'hormones substitutives alors que les 76 % restants résultent du surdiagnostic.

Quoique confirmés à l'examen au microscope d'une biopsie, ces diagnostics ne correspondaient pas à une maladie cancéreuse véritable. La découverte de cellules considérées comme malignes dans le sein est d'autant moins prédictive d'un vrai cancer qu'elle succède à une mammographie suspecte lors d'un examen de dépistage. Les auteurs de l'étude concluent que l'épidémie de cancer du sein n'est pas réelle : elle s'explique par l'intensification du dépistage.

De 1980 à 2000, le nombre d'appareils de mammographie a passé de 308 à 2511 et le dépistage organisé s'est étendu depuis les années 1980 jusqu'à sa généralisation au niveau national en 2004. Chaque surdiagnostic est dommageable pour plusieurs raisons. Il entraîne des traitements inutiles et dangereux incluant la chirurgie, la radiothérapie et la prise de médicaments antimitotiques. Il donne aussi à la patiente et au médecin l'illusion de l'efficacité d'une intervention précoce : la guérison est apparente à cause de la confusion entre vraie maladie cancéreuse et surdiagnostic. Cette étude conclut à la nécessité de reconsidérer les critères diagnostiques et de définition du cancer.

1 Junod B*, Zahl PH, Kaplan RM, Olsen J, Greenland S. An investigation of the apparent epidemic of breast cancer in France : Screening and incidence trends in birth cohorts.
http://www.biomedcentral.com/1471-2407/11/401
http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1471-2407-11-401.pdf
*junod.bernard@wanadoo.fr ; FORMINDEP, Roubaix, France.
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