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Newsletter de Contraception
Janvier 2006
Par aimable autorisation


Cette newsletter reprend le communiqué commun du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG

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Pilule contraceptive et cancer :
les bénéfices excèdent clairement les risques


Le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC) a déclenché cet été [1] une vive émotion en annonçant que les pilules contraceptives estroprogestatives devaient être officiellement considérées comme des substances cancérogènes.

Les représentants du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM) et de la Société Française de Gynécologie (SFG) craignant une lecture caricaturale des données scientifiques rappelées par le CIRC, tiennent à faire la déclaration suivante :

Face à l'augmentation des cancers du sein sous pilule relevée par les travaux du CIRC, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG soulignent que celle-ci est faible et que ce risque disparaît dix ans après la fin de l'utilisation de cette contraception. Il faut dire que le risque d'avoir un cancer du sein est plus élevé, si on vit dans un pays à haut niveau économique comme le nôtre, et probablement si on n'a pas d'enfant ou si on a des enfants après 30 ans.

S'agissant de l'augmentation du risque du cancer du col de l'utérus, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG rappellent que ce dernier est surtout un cancer sexuellement transmissible, lié à la présence de certains papillomavirus humains (HPV) potentiellement cancérogènes, même si les hormones peuvent jouer un rôle de promotion dans son évolution. Ils insistent enfin sur le fait que la vie sexuelle, le nombre de partenaires et le tabagisme sont des facteurs directement à l'origine d'une augmentation du risque de cancer du col de l'utérus.
Une augmentation significativement plus importante que celle pouvant être associée à la prise de pilule.

Les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG estiment que les risques cancérogènes des pilules, certes réels mais assez faibles, doivent être mis en balance avec les avantages de la contraception orale :
  • Diminution de moitié du taux de cancer de l'endomètre (qui est le deuxième cancer génital chez la femme, soit 4500 cas par an en France),
  • Diminution de moitié du taux de cancer de l'ovaire (3100 cas par an),
  • Peut-être diminution du cancer colo-rectal,
  • Espacement des naissances et donc des pathologies liées à la grossesse et à l'accouchement (hypertension, diabète, hémorragies, accidents thrombo-emboliques…).
    Cet avantage est d'autant plus précieux dans les pays en développement que 8 femmes sur 1000 y meurent en donnant la vie.
  • Il faut encore compter avec la diminution des grossesses extra-utérines, des fausses-couches, des interruptions volontaires de grossesse (IVG) et de leurs conséquences…
  • Enfin, le fait d'arrêter la pilule priverait les femmes de plusieurs avantages (espacement des naissances, examens systématiques et dépistages faits à l'occasion de la prescription de celle-ci…).
Pour conclure, le CNGOF, la FNCGM et la SFG font leur la déclaration de l'OMS datant du 21 Septembre 2005 :

« Il est important de noter que le CIRC, dans sa déclaration de Juin 2005 n'a pas évalué le profil global des bénéfices et des risques des contraceptifs oraux en matière de santé publique.

Comme l'a souligné le CIRC, les contraceptifs oraux modifient légèrement le risque de cancer, ce risque augmentant au niveau de certains sites (sein, col utérin, foie) et diminuant au niveau de certains autres (endomètre, ovaire).

Différentes équipes de l'OMS évaluent régulièrement la sécurité et la balance risques-bénéfices des contraceptifs oraux. Elles ont conclu que pour la plupart des femmes les bénéfices pour la santé excèdent clairement les risques » (WHO, Family Planning Home, Evidence-based Guidance, 21 Septembre 2005)

Pour le CNGOF, pour la FNCGM et pour la SFG, la pilule a été et est bien plus qu'un dispositif médical. Les bénéfices acquis par la pilule concernent la société toute entière. Evitons donc tout alarmisme injustifié.

[1] : The Lancet Oncology, Current Issue, Volume 6, Number 8, August 2005;552-553 http://oncology.thelancet.com
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