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Évaluation de l’intérêt de la recherche des papillomavirus humains (HPV)
dans le dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus

ANAES - Mai 2004

Le test de détection du génome d’HPV pourra apporter un bénéfice dans le dépistage des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus.
Voir également Cancer du col utérin et virus HPV

En France, en 2004, la place exacte du test en première intention reste à déterminer :
  • le test HPV associé au frottis offre des perspectives prometteuses : le bénéfice médical et économique devra être réévalué après le résultat des essais randomisés et des études de cohortes en cours, et la réalisation d’un modèle coût-efficacité

  • le test HPV seul à la place du frottis cervico-utérin n’est pas justifié : c’est une hypothèse à évaluer à plus long terme.
L’opportunité d’utiliser ce nouveau test dans le cadre du dépistage devrait être comparée à une stratégie d’optimisation du dépistage actuel dans l’optique d’une meilleure couverture. Dans la perspective d’une mise en oeuvre future de ce test, des prérequis seront indispensables : confirmation de la population cible, algorithmes de prise en charge, définition des conditions techniques et des modalités du contrôle de qualité, formation des professionnels et information des patientes, évaluation de l’impact sur les pratiques professionnelles.

RAPPELS

Le cancer du col de l’utérus se situait, en France, en 2000, au huitième rang des cancers de la femme en termes d’incidence et au cinquième rang en termes de mortalité. Le dépistage est individuel, spontané, non organisé sauf dans 5 départements ; il repose sur le frottis cervico-utérin au rythme d’un frottis tous les 2 ou 3 ans, après deux frottis consécutifs normaux à 1 an d’intervalle.

Le rôle des papillomavirus humains [Human Papillomavirus (HPV)] dans la survenue de lésions précancéreuses et cancéreuses du col est bien établi et des tests diagnostiques de l’infection sont disponibles. Ce test est indiqué et inscrit à la NABM (nomenclature des actes de biologie médicale) pour le suivi des femmes présentant des lésions malpighiennes de signification indéterminée (ASC-US) à la cytologie.

C’est dans ce contexte que la Direction générale de la santé (DGS) a saisi l’Anaes pour évaluer l’intérêt du test de détection d’HPV en première intention dans le dépistage des lésions précancéreuses et du cancer du col (appelé dans ce rapport dépistage primaire). L’étude n’avait pas pour objet l’évaluation des autres indications du test HPV, la réévaluation du frottis en milieu liquide réalisée en 2002 par l’Anaes, ni l’évaluation de l’impact des modalités du dépistage en France (rythme des frottis, organisation).

MÉTHODE

L’évaluation de l’intérêt du test HPV a reposé sur l’étude des critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et s’est fondée sur l’analyse critique de la littérature de langue anglaise et française. Celle-ci a été soumise à un groupe de travail constitué de 16 experts proposés par les sociétés savantes concernées. Les conclusions et perspectives proposées ont été soumises à un groupe de lecture constitué de 23 experts. Les deux groupes ont répondu à un questionnaire reprenant les principales conclusions et propositions.
  • L’histoire naturelle de la maladie est connue
    L’histoire naturelle du cancer du col est un processus lent. L’association entre l’HPV et le cancer du col est bien établie. Les critères de causalité (force de l’association, stabilité, spécificité, relation temporelle, plausibilité biologique et travaux expérimentaux) ont été appliqués au cas d’HPV et cancer du col. Les HPV type 16 et 18 ont été classés agents carcinogènes par l’OMS et l’IARC (International Agency for Research on Cancer), et d’autres types dits à « haut risque » ont été identifiés. L’impact de la charge virale sur le risque d’évolution des lésions cytologiques est probable mais reste en cours d’étude.

  • Facteurs de risque permettant de sélectionner la population
    L’infection est transmissible par contact sexuel ; la prévalence de l’HPV diminue à partir de 30 ou 35 ans, la plupart des infections étant transitoires en particulier chez la femme jeune ; la persistance de l’infection par un HPV à haut risque est le facteur de risque majeur d’évolution vers un cancer. Le rôle des cofacteurs dans la dynamique de l’infection et dans l’évolution des lésions précancéreuses (parité, contraception orale, tabagisme, co-infection, etc.) fait l’objet de travaux en cours.
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