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L'homéopathie
Applications pratiques en gynécologie-obstétrique

Newsletter Spéciale
XII èmes Journées Parisiennes d'Echographie - juin 2006

Par aimable autorisation de
Dr Christelle BESNARD-CHARVET,
Gynécologue-obstétricienne
517, rue du Docteur Trenel
69 560 Sainte Colombe

La thérapeutique homéopathique est utilisée en France par 30 000 médecins environ et 10 millions de patients.
Les applications en gynécologie-obstétrique sont nombreuses ; de plus en plus de patients et de médecins sont désireux de connaître la thérapeutique homéopathique et ses champs d’application.
L'homéopathie est une thérapeutique qui utilise des substances minérales, végétales ou animales à doses infinitésimales, et des dilutions hormonales, précieuses en gynécologie où beaucoup de troubles sont liés à des perturbations hormonales.
Cette communication va évoquer la place de l’homéopathie en gynéco-obstétrique.

HOMEOPATHIE ET GYNECOLOGIE

Les principales indications sont les troubles fonctionnels en rapport avec un dérèglement hormonal, certaines dermatoses et infections gynécologiques.

Le syndrome prémenstruel (avec son association mastodynie, irritabilité, oedèmes) et les troubles du cycle (ménométrorragies en particulier chez des femmes présentant des contre-indications aux traitements hormonaux) répondent à des thérapeutiques homéopathiques (FOLLICULINUM est un bon exemple d’utilisation de dilutions hormonales) ; des traitements de terrain seront souvent associés.

Le traitement homéopathique des dysménorrhées est particulièrement intéressant chez la toute jeune fille chez laquelle l’administration de la pilule oestro-progestative ou de traitements antalgiques répétés doit être discutée en raison de leur iatrogénicité.

Les bouffées de chaleur (BDC) pourront être améliorées par des traitements symptomatiques (les deux médicaments les plus prescrits d’après une étude récente sont BELLADONNA et LACHESIS)
Le traitement de terrain des BDC repose sur des médicaments comme LACHESIS, SEPIA, GRAPHITES, SULFUR, THUYA, dont la prescription améliorera aussi les troubles du sommeil, les troubles du comportement.

En période de péri-ménopause, des dilutions hormonales : FOLLICULINUM FSH, LHRH peuvent déclencher des règles et diminuer les bouffées de chaleur en jouant sur les secrétions ovariennes résiduelles.

Les mycoses répondront à des traitements de crise mais la supériorité de l’homéopathie par rapport à l’allopathie est surtout nette dans la prévention des récidives et le traitement des mycoses à répétition.

Les médicaments homéopathiques peuvent être prescrits dans la prévention et le traitement des crises d’herpès.

Les mastopathies fibro-kystiques peuvent être améliorées par des traitements homéopathiques mais, comme avant tout traitement médicamenteux, un bilan complet (échographie, mammographie, ponction éventuelle) doit avoir éliminé la nécessité d’une intervention chirurgicale si suspicion de tumeur maligne.

Les traitements homéopathiques peuvent aussi accompagner des traitements allopathiques lourds comme des chimiothérapies en améliorant la tolérance des nausées.

HOMEOPATHIE ET GROSSESSE

Les indications de l’homéopathie pendant la grossesse sont nombreuses : soit parce qu’il n’existe pas de médicament allopathique pour traiter le symptôme (exemples : nausées de grossesse, douleurs ligamentaires…), soit parce que le médicament allopathique peut présenter des effets secondaires nocifs pour le fœtus et la mère (benzodiazépines dans les troubles du sommeil et l’angoisse…).

On citera :
  • les nausées
  • les troubles du comportement
  • les troubles du sommeil
  • les contractions (utérus tonique sans modifications cervicales)
  • les impatiences
  • les troubles veineux
  • les douleurs du bassin
  • les douleurs de type sciatique
  • la prévention des infections urinaires à répétition
  • les pathologies intercurrentes, par exemple ORL
  • l’aide au sevrage tabagique. Des protocoles sont en cours d’évaluation.
PREPARATION A L'ACCOUCHEMENT HOMEOPATHIQUE

De nombreuses patientes sont demandeuses d’une préparation à l’accouchement homéopathique.
Le traitement homéopathique ne remplace évidemment pas la prise en charge classique de l’accouchement. Il n’a pas pour but de diminuer la douleur de l’accouchement mais de favoriser la dilatation et de réduire le temps du travail, de prévenir les complications du post-partum.

Plusieurs études sont à notre disposition (2-4-7) :
  • ACTAEA RACEMOSA est toujours cité pour la préparation du col.
  • IGNATIA peut être donné systématiquement au 9ème mois si l’angoisse paraît importante.
  • CAULOPHYLLUM a été étudié dans le faux travail et la dystocie de démarrage (3).
  • ARNICA est souvent prescrit systématiquement au cours du dernier mois. Il peut aussi n’être utilisé qu’après l’accouchement en cas d’épisiotomie, de déchirure périnéale.
HOMEOPATHIE EN POST-PARTUM

Le post-partum est une période rêvée pour utiliser la thérapeutique homéopathique ; en effet, de nombreux médicaments allopathiques sont déconseillés pendant l’allaitement. Les petits maux sont nombreux et les traitements allopathiques souvent agressifs. Une étude réalisée en 1994 à l’hôpital Edouard HERRIOT à Lyon (2) a confirmé l’intérêt d’un traitement homéopathique pour diminuer les risques de complications des suites de couches.

La prescription homéopathique trouve sa place dans le traitement :
  • des douleurs périnéales
  • des tranchées
  • de la douleur de la montée laiteuse et chez les patientes ne souhaitant pas allaiter : un protocole a été validé dans le service de maternité du Docteur BERREBI dans le Centre Hospitalier de Toulouse (1). Ainsi, l’homéopathie (APIS et BRYONIA) permet de diminuer la douleur de la montée laiteuse.
  • des douleurs liées aux crevasses
  • de la fatigue du post-partum souvent liée à une déperdition liquidienne ; il existe fréquemment une anémie qui justifie rarement une transfusion, mais souvent un traitement martial, d’action lente. Des médicaments homéopathiques comme CHINA RUBRA et SILICEA seront prescrits judicieusement.
  • du baby-blues : en allopathie, le traitement consiste en la prescription de benzodiazépines. Si l’écoute et l’aide psychologique est primordiale, l’approche thérapeutique homéopathique permet de mieux identifier ces baby-blues et d’apporter une aide médicamenteuse.
  • des troubles circulatoires : traitement similaire à celui de la grossesse.
  • des bosses séro-sanguines du nourrisson (ARNICA).
L'HOMEOPATHIE EN QUELQUES LIGNES
LE MEDECIN HOMEOPATHE
Comme tout soignant, il écoute les patients, cherche leurs symptômes ; il examine les patients, pose des diagnostics et soigne. Il utilise tout traitement qui peut être utile au malade (médication allopathique, homéopathique, approche psychologique seule...).

La connaissance de la thérapeutique homéopathique nécessite un apprentissage, mais qui est à la portée de tout soignant. Plusieurs degrés de formations (courtes en quelques heures ou approfondies en quelques années) permettent à chacun d’obtenir les connaissances souhaitables afin de prescrire rapidement le ou les médicaments.

LE MEDICAMENT HOMEOPATHIQUE
Le médicament homéopathique a été officialisé en France en 1965. De nombreuses publications parues dans des revues internationales (Lancet, Pediatrics ...) (6-8-9) prouvent son efficacité dans des domaines variés (hématologie, rhumatologie, gastro-entérologie, allergologie...).
Le médicament homéopathique existe sous forme de granules à laisser fondre sous la langue, mais également sous forme de solutés buvables (gouttes, sirop), de pommades, de suppositoires, d’ovules vaginaux… Il existe des médicaments dits complexes qui associent plusieurs médicaments dans le même produit.

LA PRESCRIPTION HOMEOPATHIQUE
Elle a longtemps été jugée compliquée par les médecins non formés en homéopathie. En fait, elle n’est pas plus compliquée que les règles de prescription en allopathie (nombre de comprimés, ou gélules, dosages, rythme d’administration). Elle repose sur quelques principes :

On nomme basses dilutions les 4 ou 5 CH, moyennes dilutions les 7 et 9 CH, hautes dilutions les 15 et 30 CH. Lorsque le symptôme est localisé, la prescription se fait en basse dilution (rougeur, brûlure légère, coup…). Lorsque les symptômes sont généraux ou fonctionnels, on utilise les dilutions moyennes (spasmes, crampes, maux de tête…) Les dilutions élevées s’adressent à des symptômes comportementaux ou des maladies chroniques (traitements de terrain). Elles peuvent être aussi utilisées pour donner un signal plus prononcé.

Les médicaments sont souvent prescrits en granules une ou plusieurs fois par jour ; on préférera les doses de globules une fois par semaine pour traiter le terrain ou pour donner un effet signal plus important (exemple une dose d’ARNICA après un accouchement). La prescription homéopathique n’est pas dose dépendante ; les répétitions des prises sont importantes dans les pathologies aiguës (répétition du signal médicamenteux).
Dans les pathologies moins aiguës, on ne répétera qu’une fois par jour la prescription.
En cas de traitement de terrain, on pourra prescrire le médicament en 15 CH une dose par semaine ou 5 granules par jour en dilution. Comme en allopathie, la durée du traitement dépendra de la pathologie et de l’évolution des symptômes.

EVALUATION DES TRAITEMENTS HOMEOPATHIQUES
Le traitement homéopathique fait souvent appel à des traitements individualisés donc difficilement reproductibles. Comment apprécier l’efficacité des traitements dans ces indications autrement que par des échelles d’amélioration de la qualité de la vie, subjectives et soumises à des biais méthodologiques ?

L’ouverture à la thérapeutique homéopathique de nombreux services de maternité dans des hôpitaux publics et privés (demande des chefs de service, formation des sages-femmes, mise à disposition de médicaments homéopathiques dans les pharmacies) doivent rendre possibles des études à grande échelle concernant la préparation à l’accouchement, le déroulement du travail (faux travail, dystocie de démarrage, dystocie cervicale, dystocie dynamique..), le post-partum.

En gynécologie, des recueils d’observations peuvent aider à préciser la place de l’homéopathie. Des protocoles sont actuellement discutés.
CONCLUSIONS

La thérapeutique homéopathique, efficace et dénuée d’effets secondaires, peut s’intégrer dans notre arsenal thérapeutique, en gynécologie, pendant la grossesse, en préparation à l’accouchement, en suites de couches. La demande des patientes doit nous inciter à connaître cette thérapeutique pour mieux les conseiller.

NOTA BENE
La présentation sur le site Esculape d'une méthode thérapeutique ou d'un produit ne signifie pas que le responsable du site cautionne les informations présentées ou le site référencé.
Dans tous les cas, seul votre médecin traitant peut vous renseigner et doit être informé de votre démarche.
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