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Vaginose bactérienne et grossesse
Source anaes.fr

Diagnostic de vaginose bactérienne
Le meilleur moyen pour diagnostiquer la vaginose bactérienne est l'examen direct des sécrétions vaginales par coloration de Gram. Les critères d'interprétation des résultats sont ceux de Spiegel, Nugent ou Thomasson ( grade A).
Les recherches spécifiques par culture de Gardnerella vaginalis et des mycoplasmes qui participent avec les bactéries anaérobies au tableau de vaginose bactérienne ne sont pas justifiées au cours de la grossesse (grade A). Toute vaginose bactérienne doit être traitée pendant la grossesse.
Voir également Les vaginoses

Traitement
Ce traitement fait appel au métronidazole per os (1 g/j pendant 7 jours ou 2 g en dose unique) qui est efficace pour négativer les prélèvements bactériologiques et sans effet tératogène (grade A).
Les traitements par ovules n'ont pas fait la preuve de leur efficacité chez la femme enceinte.

En raison de la fréquence des récidives après traitement, un prélèvement de contrôle tous les trimestres paraît justifié chez les femmes traitées, et le traitement renouvelé si nécessaire.

Par ailleurs :
The Lancet, 2003, 36, 983-988
Au cours de la grossesse, le traitement d'une infection par Gardenella vaginalis par antibiothérapie - clindamycine - est licite. Il réduit significativement le risque de prématurité, mort in utero ou extraction itératives.
Les auteurs proposent donc de dépister et traiter .
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L'origine infectieuse de la prématurité
Kiss H et coll. : “Prospective randomised controlled trial of an infection screening programme to reduce the rate of preterm delivery.”
Br Med J 2004;329:371-375.

La prématurité est la première cause de morbidité et de mortalité néonatale.
Parmi les causes curables de prématurité, de nombreux arguments plaident pour un rôle majeur des infections vaginales, en particulier de la vaginose bactérienne souvent asymptomatique.


Voir recommandation ANAES : Grossesse et vaginose [Lire]

Une équipe autrichienne a effectué une étude multicentrique randomisée pour évaluer l’efficacité de ce dépistage sur le taux de prématurité.
  • 4429 femmes enceintes qui se présentaient pour leur visite de routine du début du deuxième trimestre ont bénéficié d’un prélèvement bactériologique vaginal systématique.
  • La moitié de ces femmes ont été randomisées en un groupe intervention pour lesquelles le résultat de l’examen était communiqué à l’obstétricien qui pouvait décider alors, le cas échéant, d’un traitement antibiotique local, suivi en cas d’échec d’un traitement par voie générale et d’une surveillance bactériologique.
  • Pour l’autre moitié des femmes, qui constituaient le groupe témoin, les résultats du prélèvement n’étaient pas transmis au médecin.
Dans 20 % des observations environ et dans les deux groupes, le prélèvement a révélé la présence d’un germe pathogène dans la flore vaginale.
  • Le taux de prématurité (< 37 semaines d’aménorrhée) s’est établi à 3 % dans le groupe intervention (avec un intervalle de confiance à 95 % entre 1,7 et 3,5 %) contre 5,3 % chez les témoins (P=0,0001).
  • Le pourcentage d’enfants prématurés et de moins de 2500 g à la naissance était significativement inférieur dans le groupe intervention (1,7 % contre 3,5 % ; P=0,0002).
  • Le taux d’avortement tardif a également été divisé par deux dans le groupe intervention
  • la fréquence des morts intra-utérines était équivalente dans les deux groupes.
Les résultats sont en faveur de ce dépistage systématique.

Pour les auteurs ces résultats devraient suffire à inclure cet examen simple dans le bilan systématique du deuxième trimestre de la grossesse.
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