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EPILEPSIE ET GROSSESSE
Docteur Bénédicte CADOU-FEUILLOLEY Neurologue. Conférence FMC de Grasse Dr Frédéric Rouquier
Texte complet [Lire]

Chez une femme traitée pour épilepsie, la grossesse doit être programmée afin d'envisager une modification et un suivi du traitement.
Une prévention du risque tératogène par l'acide folique est faite 2 mois avant la conception
L'avis du neurologue demeure indispensable


L'influence de la grossesse sur l'épilepsie est très variable. Dans 50 % des cas, les crises restent aussi fréquentes.
Elles sont plus fréquentes dans 25 % des cas, et moins fréquentes dans la même proportion.

La période à risque est celle qui entourage l'accouchement et les jours après l'accouchement en raison de réveils nocturnes fréquents.
Chez les mères traitées pour épilepsie, le risque d'avortement spontané est identique à celui de la population générale.

Il existe en moyenne 2 fois plus de malformations congénitaies chez les enfants issus de mère épileptique; ce risque est lié en grande partie à la prise du traitement: tous les médicaments semblent pouvoir être responsables de malformations, mais certains médicaments sont plus particulièrement liés à un type de malformation que d'autres:
  • malformation de la moelle épinière (spina-bifida sous valproate),
  • malformation cardiaque sous phénobarbital,
  • malformation du visage sous phénytofne,
  • malformation digestive sous carbamazépine.
Le risque est moindre si le traitement est réduit à une monothérapie et si la posologie est répartie équitablement sur 24 h.
Le traitement préventif de ces malformations repose sur l'acide folique prescrit pendant 2 mois avant la conception et pendant les 2 premiers mois de la grossesse.

Le traitement anti-épileptique doit être surveillé pendant la grossesse compte-tenu de la prise de poids, mais en se fondant principalement sur l'évolution des crises car les résultats fournis par les dosages des médicaments sont difficiles à interpréter.

GROSSESSE ET DEPAKINE

Décembre 2014
L'Agence européenne du médicament vient d'entériner un avis que le CRAT défend depuis plus de 10 ans : « Le valproate ne doit pas être prescrit aux filles, aux adolescentes, aux femmes en âge de procréer et aux femmes enceintes, sauf en cas d'inefficacité ou d'intolérance à toutes les autres alternatives médicamenteuses » [Lien / lecrat.fr]

Etat des connaissances sur l'acide valproïque [Lien / lecrat.fr] (12/2014)


En fin de grossesse, il est souhaitable de prescrire à la mère un traitement par vitamine K.

Si possible, il est donc préférable de prévoir les grossesses, de réévaluer la nécessité du traitement, d'avoir recours si celà est possible à une benzodiazépine isolée qui n'aurait pas d'effet tératogène.

Traitement anti-épileptique au cours de la grossesse.
http://cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/Neurologie/Neurologie-2.html ou copie locale [Lire]

Les antiepileptiques en monothérapie font courir un faible risque tératogène. Toute femme jeune épileptique traitée doit en être informée si possible dès la mise en route du traitement en lui conseillant de consulter avant la grossesse de façon à programmer la surveillance et à prescrire un traitement par l'acide folique (voir ci-dessous). Il ne faut pas passer sous silence le risque de malformations lié au traitement. Il faut rappeler l'existence d'un risque de malformations ou de complications de la grossesse chez les femmes non épileptiques et ne prenant aucun traitement et le risque lié à la survenue d'un état de mal en cas d'arrêt intempestif du traitement au cours de la grossesse.

Au début de la grossesse il faut prévenir le risque tératogène:
  1. en prescrivant dans la mesure du possible une monochimiothérapie à une dose minimale et en évitant tout surdosage grâce au contrôle des taux sanguins de l'antiépileptique choisi.

  2. en associant un traitement polyvitaminique comportant de l'acide folique si celui-ci n'a pu être prescrit avant le débur de la grossesse
    .L'effet préventif du traitement par l'acide folique concerne essentiellement le risque de spina bifida sous traitement par l'acide valproïque; ce risque, comme l'effet préventif du traitement vitaminique, n'est cependant pas universellement admis.

  3. en détectant les anomalies foetales par examens échographiques précoces à la recherche d'une cardiopathie ou d'un spina bifida. L'échographie permet également de suivre l'évolution du périmètre crânien lorsqu'un retard de croissance intra-utérin est suspécté.

  4. en pratiquant ventuellement une amniocenthèse avec dosage de l'alpha-foetoprotéine et de l'acétylcholinestérase dans le liquide amniotique prélevé entre la 16ème et la 18ème semaine d'aménorrhée pour confirmer une suspicion de spina bifida.
A la fin de la grossesse le risque tératogène est écarté, il faut alors doser le taux plamatique du médicament aux 8ème et 9ème mois, et si nécessaire augmenter la posologie pour éviter les crises en fin de grossesse ou en cours d'accouchement. Les taux sauguins ont en effet tendance à diminuer en raison de la prise de poids et de l'accélération du métabolisme hépatique.
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