Diabète et grossesse
Comparaison entre un sulfamide et l'insuline
A comparison of glyburide an insulin in women with gestational diabetes mellitus.
Langer O, Conway DL, Berkus MD, Xenakis EM, Gonzales O.
N Engl J Med 2000 Oct
19;343(16):1134-1138.
Classiquement, le traitement du diabète pendant la grossesse ( qu'il soit antérieur ou simplement gestationnel) passe par l'utilisation d'insuline en 2 ou 3 injections journalières ([Lire].
En effet,
par crainte d'une tératogénicité des sulfonylurées ou d'une hypoglycémie néonatale existe.
Une étude des Department of Obstetrics and Gynecology, St. Luke's-Roosevelt Hospital
Center, New York et du Department of Obstetrics and Gynecology, University of Texas
Health Science Center at San Antonio, San Antonio a démontré qu'il n'y avait pas de
différence entre les deux traitements aussi bien pour les taux de glucose que pour
l'hémoglobine glycosylée.
La conclusion des auteurs est que l'on peut utiliser sans danger le
glibenclamide comme alternative à l'insuline dans le traitement du diabète gestationnel.
L'étude portait sur 404 femmes âgées entre 18 et 40 ans souffrant d'un diabète gestationnel modéré,
ne répondant pas à un régime, traitées entre 11 et 33 semaine de façon randomisée par insuline ou
par glibenclamide (Daonil ®).
Les objectifs de l'étude étaient
premièrement d'obtenir un bon contrôle du diabète et deuxièmement de déterminer les complications
maternelles et néonatales.
Les glycémies moyennes sur une semaine avant traitement étaient de 6,4
± 1,1 mmol/l dans le groupe traité par sulfonylurée et de 6,5 ± 1,2 mmol/l dans le groupe sous
insuline. Les taux sériques moyens pendant le traitement étaient de 5,9 ± 0,9mmol/l pour le glyburide
et de 5,9 ± 1,0 mmol/l pour l'insuline. Parmi les femmes du groupe des sulfonylurée, 8 (4 %) ont
nécessité un passage à l'insuline. L'hémoglobine glycosylée est restée stable et comparable dans
les deux groupes de l'étude. Les taux de prééclampsie (6 % dans les deux groupes) et de
césariennes (23 % contre 24 %) étaient similaires dans les deux groupes. L'étude n'a pas mis en
évidence de différence significative entre les deux groupes en ce qui concerne une grande taille des
enfants pour l'âge gestationnel (³ 90e percentile), la macrosomie (poids de naissance de 4 000 g ou
plus), les complications pulmonaires, l'hypoglycémie, l'admission aux soins intensifs ou les
anomalies fœtales.
La conclusion des auteurs est que l'on peut utiliser sans danger le
glibenclamide comme alternative à l'insuline dans le traitement du diabète gestationnel.
Source : O. Langer, Department of Obstetrics and Gynecology, St. Luke's-Roosevelt Hospital Center, New York, et al.,
Department of Obstetrics and Gynecology, University of Texas Health Science Center at San Antonio, San Antonio ; The
New England Journal of Medicine, vol. 343, n° 316 (2000), p. 1134-1138
NB : Les auteurs
ont tout de même eu la prudence de ne pas inclure les patientes recevant ce traitement
avant 11SA. Ces substances sont capables de traverser le placenta et même si la
littérature décrit des effets tératogènes aux sulfamides surtout pour des doses importantes
il n'a pas été démontré qu'il puisse exister un seuil de toxicité et que les doses utilisées en
thérapeutique courante soient sans danger.
BIAM (http://www2.biam2.org/www/Sub2258.html) 1.TERATOGENE CHEZ L'ANIMAL
Chez des rate recevant des doses considérables de sulfamides hypoglycémiants, sans rapport avec les doses
thérapeutiques.
2.TERATOGENICITE
L'exposition durant le premier trimestre de la grossesse pourrait être à l'origine de diverses malformations graves :
- Lancet 1991;338:866-869.
3.HYPOGLYCEMIE NEONATALE
Risque d'hypoglycémie néonatale sévère par stimulation excessive des cellules bêta de Langerhans du foetus lors de
l'administration à la mère, en fin de grossesse, de sulfamides hypoglycémiants.