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Grossesse et diabète
La metformine peut elle représenter une alternative à l'insulinothérapie ?

Rowan JA et coll : Metformin versus insulin for the treatment of gestational diabetes. N Engl J Med 358:2003-15,2008.

Voir également : metformine
Certaines équipes l’utilisent dans la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques et la poursuivent en début de grossesse. D’autres l’ont étudiée dans le diabète gestationnel où son intérêt n’est pas clairement établi à ce jour.
La metformine passe le placenta. Les concentrations plasmatiques néonatales sont similaires voire supérieures à celles de la mère.
Aspect malformatif : Les données publiées chez les femmes enceintes exposées à la metformine au 1er trimestre sont nombreuses et rassurantes. Il s’agit pour l’essentiel de patientes traitées pour syndrome des ovaires polykystiques. Aspect fœtal et néonatal : Aux 2ème et 3ème trimestres, les données publiées concernent principalement le diabète gestationnel. Elles sont nombreuses et aucun effet néonatal particulier n’est retenu chez les nouveau-nés.



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Le diabète gestationnel complique 5 % des grossesses avec une prévalence en augmentation. Il est associé à des complications obstétricales et périnatales ainsi qu’à une augmentation du risque de diabète chez l’enfant. Si la prise en charge diététique ne suffit pas à normaliser la glycémie une insulinothérapie s’avère nécessaire. Cependant ce traitement comporte de nombreuses contraintes dont le risque de survenue d’hypoglycémies et de prise de poids.

Dans un essai ouvert, 751 femmes ayant un diabète gestationnel (terme de 20 à 33 semaines de grossesse) ayant des glycémies trop élevées malgré le suivi diététique (seuil à jeun 0,97 g/l ; seuil 2 heures après un repas 1,25 g/l) ont été randomisées pour recevoir un traitement par metformine ou par insuline. Le critère de jugement principal était composite et incluait : hypoglycémie néonatale, détresse respiratoire, nécessité d’une photothérapie, traumatisme à la naissance, score d’Apgar à 5 minutes inférieur à 7, prématurité. Les critères secondaires de jugement comportaient les mesures anthropométriques de l’enfant, le contrôle glycémique maternel, les complications hypertensives, la tolérance en glucose dans le post-partum et l’acceptabilité du traitement.

Le traitement par metformine a été attribué à 363 femmes, 92,6 % ont pu poursuivre leur traitement jusqu’au terme mais pour 46,3 % ce traitement n’a pas été assez efficace et une association à l’insuline a été prescrite.

Le critère de jugement principal ne différait pas entre les deux groupes de traitement avec un taux de survenue pour ce critère composite de 32 % dans le groupe metformine et de 32,2 % dans le groupe insuline. De même, pour les critères de jugement secondaire les taux ne différaient pas entre les groupes. Aucun effet indésirable sérieux n’est survenu sous metformine. Enfin la satisfaction vis-à-vis du traitement était meilleure sous metformine qu’avec l’insulinothérapie (76 versus 27,2 %). L’évaluation du devenir des enfants a été progammée à 2 ans.

Dans le traitement du diabète gestationnel, la metformine n’est pas associée à une augmentation des complications périnatales en comparaison à l’insulinothérapie.

Cependant, en attendant la confirmation de ces données ainsi que l’évaluation du suivi des enfants, la prescription de la metformine en routine chez les femmes ayant un diabète gestationnel semble prématurée.
A suivre ....

Dr Laurence Du Pasquier
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