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DEPRESSION et GROSSESSE
CONGRES ANNUEL DE L'AMERICAN PSYCHIATRIC ASSOCIATION
DU 1er AU 6 MAI 2004, NEW YORK
Le Quotidien du Médecin du : 28/05/2004 - MAJ 2012 - 2013

S'ils sont beaucoup moins fréquents qu'au cours du post-partum [Lire], les troubles dépressifs existent pendant la grossesse puisqu'ils concernent environ 10 % des femmes enceintes.
L'installation de la symptomatologie est souvent insidieuse et les troubles dépressifs surviennent plus souvent au début et en fin de grossesse.

Environ, 20 % des dépressions postnatales (Lire : Baby-blues) seraient le prolongement ou la récurrence d'une dépression présente durant la grossesse. Les troubles de l'humeur sont plus fréquents chez certaines catégories de femmes et retentissent sur le déroulement de la grossesse.
Les femmes enceintes consultent rarement pour ce motif : les idées reçues ont la vie dure et la grossesse est avant tout censée être une période d'épanouissement.

Les antidépresseurs IRS favorisent l'autisme des petits garçons
Avril 2014
Les chercheurs de l'Université Johns Hopkins Bloomberg à Baltimore (Etats-Unis) ont examiné les données médicales de près de 1000 mères et leurs bébés. « Les résultats de cette e étude révèlent qu'une exposition prénatale précoce aux IRSI augmente réellement le risque de trouble autistique, surtout chez les garçons» explique la professeur Irva Hertz-Picciotto, épidémiologiste qui a dirigé cette étude. Cette dernière souligne que la prise de ces médicaments représente réellement un défi pour les futures mamans et leur médecin étant donné que les problèmes de dépression sous-jacents peuvent également présenter un risque pour le bébé.
[topsante.com/]

Grossesse : les antidépresseurs mauvais pour le cœur de bébé
Juin 2013
Une étude menée menée en juin 2013 par le Pr Stephen Pilling, de l’Institut national pour la santé de Grande-Bretagne, qui estime même que le risque de naître avec un trouble cardiaque est carrément multiplié par deux. « Les inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ou IRS) sont des antidépresseurs qui sont généralement prescrits en première intention. Or, le risque induit par ces antidépresseurs doit bien être mesuré par les médecins lorsqu’ils les prescrivent à des jeunes femmes qui souffrent d’une forme de dépression légère ou modérée » insiste le Pr Pilling qui ajoute : « Les autorités sanitaires insistent sur le fait qu’il ne faut ni fumer ni boire pendant la grossesse. Mais on ne parle pas assez des risques provoqués par la prise des antidépresseurs, alors que ces risques sont tout aussi importants, si ce n’est plus. »
[topsante.com/]

Inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine
peuvent être utilisés pendant la grossesse
JAMA. 2013;309(1):48-54.

Parmi les femmes ayant eu des naissances uniques dans les pays nordiques, aucune association significative n'a été trouvée entre l'utilisation des ISRS pendant la grossesse et le risque de mortinatalité, de mortalité néonatale, post-néonatale et la mortalité. Selon les auteurs, cette recherche montre que le taux de bébés mort-nés ou de décès du nourrisson est certes très légèrement plus élevé chez les femmes consommant des antidépresseurs mais les médicaments ne sont pas en cause. Les responsables seraient les maladies psychiatriques graves, le tabagisme et l'âge plus avancé de ces futures mamans sous antidépresseurs. Toutefois, les décisions relatives à l'utilisation des ISRS pendant la grossesse doit tenir compte des autres résultats périnataux et les risques associés à la maladie mentale de la mère. [Lire]

Confirmation du risque d'HTAP chez les enfants exposés in utero aux antidépresseurs ISRS
(British Medical Journal, édition en ligne du 12 janvier 2012)

L'analyse a porté sur plus de 1,6 million d'enfants parmi lesquels 30.000 mères environ ont pris des ISRS au cours de leur grossesse dont 11.014 (0,7%) sur la fin et 17.053 (1,1%) au début.
Le risque d'hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né était associé de manière statistiquement significative à la prise d'ISRS par la mère en fin de grossesse, avec un risque relatif rapproché (OR) de 2,1.
Pour chacun des antidépresseurs analysés (sertraline, citalopram, paroxétine et fluoxétine), la magnitude du risque était similaire.

Chez les mères prenant un ISRS en fin de grossesse qui avaient en outre déjà été hospitalisées pour un trouble psychiatriques, l'OR d'hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né était de 3,1.
Les chercheurs notent également une hausse du risque d'hypertension pulmonaire persistante avec la prise d'ISRS en début de grossesse, mais à la limite du seuil de significativité et de moindre ampleur (OR de 1,4).

Ces résultats confirment que la prise d'ISRS en fin de grossesse est associé à un risque d'hypertension pulmonaire persistante chez le nouveau-né qui est significatif mais faible, avec une incidence de trois cas pour 1.000 enfants nés vivants, et qu'il s'agit plutôt d'un effet de classe thérapeutique, concluent les chercheurs.

Dans une étude réalisée chez 300 femmes dans un service d'obstétrique par cette psychiatre, un trouble dépressif majeur a été dépisté chez 16,5 % des femmes enceintes et plus du quart de ces futures mères avaient des antécédents de troubles dépressifs. Huit femmes déprimées sur 10 ne recevaient aucun traitement et les deux tiers, aucun soutien psychologique. Que ces troubles apparaissent ou non chez des femmes ayant eu des symptômes dépressifs antérieurement.

Pour H. Flynn, cette enquête souligne l'inadaptation des modalités de prise en charge.
Elle pose la question du diagnostic face à des tableaux parfois atypiques où, si troubles de l'humeur et asthénie sont présents, la symptomatologie peut être dominée par des plaintes somatiques multiples et récidivantes, des préoccupations et inquiétudes disproportionnées sur le devenir de l'enfant, sur la capacité à être mère.

En dehors des antécédents personnels et familiaux de dépression, certains facteurs de risque bien identifiés peuvent aider à faire le diagnostic :
  • la primiparité et le jeune âge (< 20 ans),
  • des antécédents d'accident obstétrical et d'avortement,
  • des sentiments négatifs ou ambivalents par rapport à la grossesse,
  • un isolement affectif,
  • des antécédents de traumatisme ou de violence. D'après Kimberley Yonkers (université Yale, Etats-Unis) ces antécédents semblent être des facteurs de risque majeurs.
Son étude de prévalence des troubles dépressifs chez des femmes socialement défavorisées n'ayant accès gratuitement aux soins que parce qu'elles sont enceintes (l'étude a été réalisée aux Etats-Unis) révèle en effet des taux beaucoup plus élevés de troubles dépressifs dans cette catégorie de la population ; la prévalence atteint 24 % des femmes enceintes dont la moitié avait des idées suicidaires.

Au cours de la grossesse, les psychotropes sont évités au premier trimestre du fait des risques d'embryopathie, un tricyclique imipraminique est conseillé au-delà, médicament antidépresseur qui sera interrompu, ou dont la posologie sera diminuée, deux semaines avant l'accouchement de façon à éviter le retentissement sur l'enfant des effets atropiniques.

Impact sur la prématurité.

L'impact sur la relation et l'attachement mère-enfant des troubles dépressifs du post-partum sont bien connus. Celui de ces troubles de l'humeur sur l'accouchement lui-même le sont moins. Sheila Marcus (Ann Harbor, Etats-Unis) a étudié le lien entre troubles de l'humeur chez les mères et particularités de la naissance de l'enfant chez 3 500 femmes et montré l'existence d'un lien étroit entre la prématurité et les troubles dépressifs de la mère chez les 13 % des femmes de cette cohorte ayant accouché prématurément.

Une des hypothèses physiopathologiques pour expliquer ce phénomène serait l'influence de la dépression sur le métabolisme du cortisol, comme semblent le suggérer les mesures réalisées chez les nouveau-nés et leur mère.

Par ailleurs, cette étude confirme le petit poids de naissance chez les enfants de mère souffrant de troubles dépressifs.

Dépressions post-natales. [Lire]

Exposition in utero aux antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, quel risque à la naissance?
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/MED-INFO-MP5/AC/ArchivesRev.asp?Rev=50

Il y a un an, la FDA et Santé Canada demandaient aux laboratoires pharmaceutiques de modifier les recommandations concernant les médicaments antidépresseurs inhibiteurs sélectifs et non-sélectifs de la recapture de la sérotonine en raison d’accidents survenus chez des nouveaux-nés exposés in utero à ces médicaments. Il était donc conseillé de diminuer progressivement les posologies à la fin du troisième trimestre de la grossesse afin de permettre une fenêtre thérapeutique de 7 à 10 jours avant l'accouchement.

Deux articles reviennent sur la nature et la gravité des troubles décrits chez les nouveaux-nés exposés en fin de grossesse à ces médicaments (1,2). Les données issues de publications ainsi que les cas recensés dans la base d’effets indésirables de la FDA montrent que si le risque de complications à la naissance après exposition aux inhibiteurs de la recapture de la sérotonine en fin de grossesse est plus élevé (2 à 10 fois selon le groupe de comparaison), les symptômes observés sont en général de gravité modérée.

Il s’agit principalement de troubles neurologiques, moteurs, respiratoires ou digestifs disparaissant généralement après 2 semaines. Deux médicaments, la fluoxétine-Prozac ® et la paroxétine-Deroxa t®, étaient plus souvent en cause. Les symptômes ne permettent pas de faire la part entre syndrome sérotoninergique et syndrome de sevrage, les deux mécanismes pouvant se succéder.

Les caractéristiques pharmacocinétiques des médicaments peuvent orienter l’interprétation.
  • Ainsi la fluoxétine qui présente une longue demi-vie peut davantage exposer à un syndrome sétoninergique à la naissance.
  • En revanche, la paroxétine de demi-vie plus courte peut favoriser la survenue d'un syndrome de sevrage.
Les taux plasmatiques disponibles chez certains nouveaux-nés n’ont pas permis de trancher.

Au total, il demeure beaucoup d'incertitudes concernant les risques pour le nouveau-né au regard du bénéfice attendu chez la mère. Moses-Kolko E.L. et al. Neonatal Signs After Late In Utero Exposure to Serotonin Reuptake Inhibitors. Literature Review and Implications for Clinical Applications. JAMA, Mai 2005, 293:2372-2383 Koren G. et al. Is maternal use of selective serotonin reuptake inhibitors in the third trimester of pregnancy harmful to neonates? CMAJ, Mai 2005, 172:1457-1459
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