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ALCOOL et GROSSESSE
Extraits du Bulletin d'information de Pharmacovigilance de Toulouse
Philippe ROUX http://www.cafesante32.com

Alcool et grossesse,parlons-en
Guide à l'usage des professionnels
Il concerne au premier chef tous les professionnels en contact avec les femmes enceintes et celles qui sont en désir de grossesse (médecins généralistes, gynécologues-obstétriciens, sages-femmes…).
[Lire] (Juin 2011)

Patientes et professionnels de santé s’interrogent fréquemment sur les risques liés à l’exposition aux médicaments, aux solvants, aux drogues illicites pendant la grossesse. En revanche, la prise d’un certain nombre de produits de consommation courante n’est pas toujours envisagée avec lucidité.

Ainsi, si la majorité des femmes disent réduire leur consommation de boissons alcoolisées pendant leur grossesse, près de 4 % des femmes enceintes déclarent consommer au moins un verre d’alcool par jour.

Or, l’alcool représente l’un des produits les plus tératogènes connu. Cette molécule de petits poids moléculaire est très lipophile et traverse sans encombre le filtre placentaire et se retrouve dans la circulation fœtale et le liquide amniotique à des concentrations comparables à celles de la mère.

L’exposition au premier trimestre lors de la période d’embryogénèse, conduit à un syndrome malformatif touchant notamment le crâne, la face et les membres.
L’exposition plus tardive lors des phases de croissance et de maturation des organes en place aura des conséquences plus difficiles à objectiver à la naissance mais qui se traduiront dans les premières années de vie par des retards du développement intellectuel, une hyperactivité, des troubles du langage, des difficultés d’apprentissage scolaire

. Les retards de croissance observés chez les nouveau-nés semblent proportionnels à la quantité d’alcool absorbée.
L’ensemble de ces anomalies traduit le syndrome d’alcoolisation fœtale qui touche 1,3 à 3,5 naissances pour 1000 par an.

Ce syndrome s’exprime clairement pour une consommation quotidienne de 3 verres de vin mais les premières anomalies s’observent à partir de 2 verres. Des niveaux de consommation inférieurs n’ont cependant pas fait la preuve de leur innocuité.

En conséquence, on peut rappeler la nécessité
  1. d’évaluer clairement la prise d’alcool par les femmes enceintes (celle-ci n’étant pas toujours avouée)
  2. d’éviter la prescription de certaines préparations médicamenteuses contenant de l’alcool et
  3. d’informer sur les risques d’ingérer des boissons alcoolisées même à des quantités qui peuvent sembler très raisonnables à certaines patientes…
tout en rassurant cependant une patiente inquiète quant à une prise ponctuelle.
(C. Damase)

Alcool pendant la grossesse
tératogène et neuro-toxique

D. Subtil, A. Fourmaintraux, T. Danel, D. Therby, C. Samaille-Villette, C. Catteau, X. Codaccioni, F. Puech
(Lille, Roubaix, St Pierre et St Denis de la Réunion)
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens de France - CNGOF

Les conséquences de l’alcoolisation maternelle sont cliniquement repérables à partir d’une consommation quotidienne de trois verres de boisson alcoolisée.

Ces conséquences sont souvent méconnues, d’une part par le fait que le diagnostic clinique du syndrome d’alccolisation fœtal n’est pas toujours posé, d’autre part parce que ses conséquences neurologiques n’apparaissent que tardivement (déficit cognitif, troubles de l’attention, instabilité). En dessous de ce seuil de trois verres par jour, il n’est pas possible de conclure à l’innocuité de l’alcool, dont la toxicité neurologique est par ailleurs certaine à doses élevées.

Comme dans d’autres pays, l’information de toutes les filles et de toutes les femmes devrait passer par un étiquetage des bouteilles contenant de l’alcool, bien en amont de la grossesse. Compte tenu de la toxicité de l’alcool, seule l’option « zéro alcool » pendant la grossesse est médicalement raisonnable. Un interrogatoire et une information systématiques sont donc nécessaires en début de grossesse.

La prise en charge des femmes enceintes qui s’alcoolisent de manière excessive est difficile et nécessite un travail en réseau où l’obstétricien devrait avoir une part importante. Celui-ci tentera de convaincre la mère de l’intérêt qu’il y aurait pour elle et pour son enfant à cesser de boire et devra laisser progressivement place à une attitude — volontairement positive — de soutien à une femme et un enfant en réelles difficultés. Des succès peuvent être escomptés pour ces familles.
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