Marqueurs tumoraux dans le
Cancer du sein

Sources : XXVIII ème Colloque National des Biologistes des Hôpitaux
Colmar 4 au 8 octobre 1999 - C. Mathelin, B Gairard, C Hoehl (Strasbourg)
et 9éme Congrés International sur les traitements anticancéreux - J-M Riedinger (Dijon)

De nombreux marqueurs sériques des tumeurs mammaires ont été étudiés. Le marqueur idéal doit être capable de détecter la maladie encore asymptomatique et ne devrait pas s'observer chez le sujet sain.
Enfin, dans le suivi du traitement et/ou du patient en rémission, les valeurs prédictives positive et négative devraient être élevées.
Seul un petit nombre d'entre eux sont utiles au clinicien dans sa pratique quotidienne et sont a même d'améliorer le service médical rendu au patient.
Les dosages des marqueurs sériques, pour un même patient, doivent être effectués dans le même laboratoire et avec la même technique. Un premier résultat supérieur aux valeurs usuelles doit être vérifié sur un autre prélèvement. Le résultat d'un dosage de marqueur sérique doit être interprété en fonction du contexte clinique et des résultats des autres examens.

LE CANCER ANTIGEN 15-3 ou CA 15-3

Cet antigène décrt par Tobias et coll en 1985 est une glycoprotéine présente au pôle ductal des cellules épithéliales normales de nombreux tissus (sein, utérus, ovaire,...). Dans les cellules cancéreuses elle s'exprime sur toute la surface cellulaire d'où elle est libérée dans la circulation sanguine.
La plupart des méthodes rétiennent les valeurs de 25 à 30 U/ml et selon les séries 1 à 7 % des femmes saines ont une valeur augmentée
AUGMENTATION DU CA 15-3 DANS LES MALADIES BENIGNES
Le taux peut s'élever dans les pathologies suivantes : hépatopathies (cirrhose, hépatite, lithiase), broncho-pneumopathies (Tuberculose, BPCO,infections), pathologie ovarienne bénigne, mastopathie, pathologies auto-immunes, dernier trimèstre de la grossesse.
AUGMENTATION TUMORALE DU CA 15-3
Cancers non mammaires
---- Cancer de l'ovaire (60%)
---- Cancer pulmonaire (35%)
---- Cancer du pancréas (33%)
---- Cancer hépatobiliaire (29%)
---- Cancers colorectaux (22%)
Cancers mammaires
Chez une femme atteinte de cancer du sein, l'augmentation du CA 15-3 est corrélée au stade de la maladie. 88 à 97% despatientes qui ont un taux élevé au moment du diagnostic vont développer des métastases.
Lorsque le développement est purement local, l'élévation du marqueur ne se rencontre que dans 9% des patientes.
Lorsque la maladie est métastatique, le dosage est pathologique dans 80% des métastases osseuses, 75% des M. hépatiques; 60% des M. pulmonaires et seulement 23% dans les rechutes locorégionales.
Il apparait donc :
---- Le dosage du CA 15-3 n'a aucune utilité dans le dépistage précoce du cancer du sein
---- Le dosage du CA 15-3 n'a aucune utilité dans le diagnostic du cancer du sein
---- Le dosage initial - avant traitement - est indispensable : pronostic et suivi du traitement.
---- Son intérêt est réel dans le suivi des patientes traitées : l'évolution du CA 15-3 est bien corrélée à la réponse clinique (80 % avec possibilité d'une augmentation transitoire par lyse cellulaire / effet pointe qui signe l'efficacité du traitement). La fiabilité dépend du taux initial et de la vitesse de décroissance.
---- L'élévation du CA 15-3 précède de plusieurs mois l'apparition de signes cliniques de métastases. On peut donc estimer qu'un dosage réslisé régulièrement permettrait de détecter précocement prés de la moitié des récidives
---- Des incertitudes demeurent toutefois sur l'utilité du dosage pour la surveillance des patientes traitées et asymptomatiques. Dans les recommandations de l'ANAES de novembre 1998 : « aucun examen complémentaire n'est recommandé pour le dépistage des métastases à distance chez les patientes asymptomatiques ».
En effet, si ce dosage peut permettre un diagnostic précoce des rechutes, il n'est pas démontré en l'état actuel des connaissances, que leur traitement au stade infra-clinique améliore la survie.
Des résultats préliminaires d'une étude récente démontrent que le traitement précoce sur la base d'une élévation du CA 15-3 retarde la survenue de métastases (clinique ? ) sans pour autant modifier l'évolution finale.
Esculape : : Si 56% des patientes traitées ont dévelopé des métastases dans un délai médian de 22 mois, 78% dans patientes dans le groupe non traité présentaient des métastases dans un délai de 6 mois. Même si l'évolution finale n'est pas modifée, qu'en est-il de la qualité de vie !!! Aucune étude ????
---- Les faux positifs (8% des cas) se caractérise par un taux de CA 15-3 < 50 mU/ml et l'absence de cinétique d'évolution croissante .

ANTIGENE CARCINO-EMBRYONNAIRE ou ACE

Environ 40% des patientes ayant des métastases d'un cancer mammaires ont une augmentation de l'ACE mais seulement 10% ont une augmentation isolée càd avec CA 15-3 normal.
Alors que pour certains auteurs la combinaison ACE-CA 15-3 semble avoir un intérêt limité pour d'autres l'association ACE + CA 15-3 apporte une amélioration de la sensibilité de détection des récidives.
Esculape : Il semble inconcevable de faire "l'économie dérisoire " du dosage de l'ACE.

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