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Les statines à l'assaut de l'ostéoporose
Source : Science, Vol.286, 3 décembre 1999, 1946-49.

Les statines, médicaments utilisés comme hypocholestérolémiants, sont capables de stimuler de façon importante la formation d'os in vivo chez des rongeurs.
Cette découverte surprenante suggère que les statines pourraient être utilisées dans le traitement de l'ostéoporose.
MAJ 07/2003 : Cet article (cf infra) concernant les statines et l'ostéoporose post-ménopausique, paru en juillet 2003 dans Annals of Internal Medicine, volume 136 n'a pas mis en évidence d'effet bénéfique des statines dans la prévention des fractures.
L'utilisation des statines dans l'ostéoporose représenterait une approche thérapeutique radicalement nouvelle pour combattre ce véritable problème de santé publique. En effet, les médicaments aujourd'hui utilisés ne peuvent que ralentir la perte minérale osseuse, ils n'induisent pas la formation d'os nouveau.

L'article publié dans Science va inciter les firmes pharmaceutiques commercialisant des statines à organiser des essais cliniques randomisés pour tester cet " effet secondaire " pour le moins inattendu.

A la recherche de composés naturels capables de stimuler la différenciation des ostéoblastes et la formation osseuse, Greg Mundy et ses collaborateurs de la société de biotechnologie OsteoScreen (San Antonio, Texas) ont développé un test permettant de détecter de petites molécules susceptibles d'activer le promoteur du gène codant pour la protéine BMP-2 (bone-morphogenetic protein-2). Ils précisent avoir choisi ce test car la différentiation des ostéoblastes est augmentée par les protéines de la famille BMP.
Un seul des 30.000 composés étudiés, la lovastatine (extrait de la levure Aspergillus terreus), a entraîné l'effet recherché. Les chercheurs ont alors examiné les propriétés d'autres statines avec ce test moléculaire, en l'occurrence la simvastatine, la mévastatine et la fluvastatine. Chacune d'elles a eu l'effet escompté. Ces statines ont également augmenté l'expression du gène BMP-2 dans des cellules osseuses en culture.

Les effets des statines sur des cellules osseuses provenant de la voûte crânienne de souriceaux ont été étudiés. La lovastatine, la simvastatine, la fluvastatine et la mévastatine ont chacune augmenté la formation d'os nouveau d'un facteur 2 à 3. Une augmentation du nombre des ostéoblastes à tous les stades de différenciation a également été notée.
Les chercheurs ont ensuite injecté à des souris de la lovastatine ou de la simvastatine trois fois par jour pendant 5 jours dans le tissu sous-cutané recouvrant les os de la voûte crânienne. A la fin de ce traitement, une augmentation de la formation de nouvel os de près de 50 % a été observée par rapport aux souris qui avaient reçu une solution saline.

Afin de simuler la carence estrogénique de l'ostéoporose post-ménopausique, les chercheurs ont enfin évalué l'effet de deux doses orales de simvastatine administrées pendant 35 jours sur le volume d'os trabéculaire chez des rates ovariectomisées et ayant des ovaires intacts. Ils ont procédé à une analyse post-portem de l'os trabéculaire de tibia, de fémur et de vertèbre lombaire. Le taux de formation d'os nouveau a aussi été évalué. " Les statines ont provoqué une augmentation du volume d'os trabéculaire comprise entre 39 % et 94 % après traitement ", en même temps qu'une augmentation de la formation d'os nouveau. Par ailleurs, une diminution concomitante du nombre des ostéoblastes a été enregistrée. " Cependant, cet effet apparaît mineur comparé aux effets sur la formation d'os nouveau et la maturation ostéoblastique ".

A la recherche des molécules idéales Les chercheurs d'OsteoScreen soulignent que " ces statines ont été sélectionnées pour leur capacité à abaisser le taux de cholestérol sérique, ce qui nécessite de cibler la HMG-CoA-réductase dans les cellules hépatiques. Par conséquent, la concentration de statine dans les autres tissus est nettement moins importante que dans le foie. Les statines les plus efficaces devraient se répartir dans l'os ou la moelle osseuse ".

Les résultats d'une analyse rétrospective préliminaire, publiée cette année dans le Journal of Bone and Mineral Research, portant sur des femmes âgées recevant des hypolipidémiants.
Les données de cette étude suggèrent en effet que l'administration de statines s'accompagne d'une augmentation de la densité minérale osseuse au niveau de la hanche et d'une diminution du risque de fractures de l'extrémité supérieure du fémur (risque relatif=0,30). Les auteurs soulignent toutefois que l'échantillon analysé était trop faible (598 utilisateurs de statines) pour en tirer des conclusions définitives.

MAJ 2003
Cet article (cf infra) concernant les statines et l'ostéoporose post-ménopausique, paru en juillet 2003 dans Annals of Internal Medicine, volume 136 n'a pas mis en évidence d'effet bénéfique des statines dans la prévention des fractures.

Statin Use, Clinical Fracture, and Bone Density in Postmenopausal Women: Results from the Women’s Health Initiative Observational Study Andrea Z. LaCroix, PhD; Jane A. Cauley, DrPH; Mary Pettinger, MS; Judith Hsia, MD; Douglas C. Bauer, MD; Joan McGowan, PhD; Zhao Chen, PhD; Cora E. Lewis, MD; S. Gene McNeeley, MD; Maureen D. Passaro, MD; and Rebecca D. Jackson, MD
15 July 2003 | Volume 139 Issue 2 | Pages 97-104
Background: 3-Hydroxy-3-methylglutaryl coenzyme A reductase inhibitors (statins) have been shown to stimulate bone formation in laboratory studies, both in vitro and in vivo. While early epidemiologic studies showed lower risk for hip fracture among statin users than nonusers, subsequent studies have produced mixed results.

Objective: To examine the association of statin use with incidence of hip, lower arm or wrist, and other clinical fractures and with baseline levels of bone density.

Design: Prospective study.
Setting: Women’s Health Initiative Observational Study conducted in 40 clinical centers in the United States.
Participants: 93 716 postmenopausal women ages 50 to 79 years.
Measurements: Rates of hip, lower arm or wrist, and other clinical fractures were compared among 7846 statin users and 85 870 nonusers over a median follow-up of 3.9 years. In 6442 women enrolled at three clinical centers, baseline levels of total hip, posterior–anterior spine, and total-body bone density measured by using dual-energy x-ray absorptiometry were compared according to statin use.
Results: Age-adjusted rates of hip, lower arm or wrist, and other clinical fractures were similar between statin users and nonusers regardless of duration of statin use. The multivariate-adjusted hazard ratios for current statin use were 1.22 (95% CI, 0.83 to 1.81) for hip fracture, 1.04 (CI, 0.85 to 1.27) for lower arm or wrist fracture, and 1.11 (CI, 1.00 to 1.22) for other clinical fracture. Bone density levels did not statistically differ between statin users and nonusers at any skeletal site after adjustment for age, ethnicity, body mass index, and other factors.

Conclusion: Statin use did not improve fracture risk or bone density in the Women’s Health Initiative Observational Study. The cumulative evidence does not warrant use of statins to prevent or treat osteoporosis.
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