MALADIE DE WILSON
Copie locale de http://www.vulgaris-medical.com/textw/wilson.htm

Wilson (maladie de)

Voir également cuivre, chorée, athétose, céruloplasmine.

Appelée également dégénérescence hépatolenticulaire progressive.

Maladie familiale et héréditaire due à un trouble de l'assimilation du cuivre (qui n'est pas complètement élucidé), et secondaire à l'atteinte d'un gène (segment de chromosome destiné à transmettent le patrimoine héréditaire aux descendants) situé sur le chromosome numéro 13 (13q 14 pour les généticiens). Cette transmission héréditaire se fait sur le mode autosomique récessif (il est nécessaire que les deux parents portent l'anomalie chromosomique pour que l'enfant ait la maladie).

Une protéine, la céruloplasmine, fixe normalement le cuivre de l'organisme et permet son élimination. Dans la maladie de Wilson, il semble exister une insuffisance de fabrication de cette protéine, ou encore une affinité pour le cuivre particulièrement importante des protéines des différents tissus de l'organisme, en particulier du foie. Ceci entraîne une élimination accrue du cuivre au niveau des urines (hypercuprurie).
La céruléoplasmine est une glycoprotéine autrement dit une protéine constituée de glucide (sucre) associée à une protéine et à du cuivre (d'où son nom). Cette glycoprotéine est d'origine hépatique (fabriquée par le foie) et appartient à un groupe de protéine les alpha 2 globulines. La céruléoplasmine est normalement présente dans le sang à un taux normal de 27 à 37 mg pour 100 ml autrement dit 1,8 à 2,5 micromoles par litre.
Elle contient d'autre part 0,34 % de cuivre (90 % du cuivre contenu dans le sang). Son rôle est le transport avec l'albumine du cuivre jusqu'au foie.

Le taux de cuivre dans le sang (cuprémie) est abaissé, et l'élimination habituelle de ce métal par l'intermédiaire de la bile est diminuée.
On assiste à une dégénérescence (modification des tissus) de certaines zones du cerveau (noyau lenticulaire) et tout particulièrement du putamen (un peu moins du pallidum). Les noyaux lenticulaires sont des amas de substance grise situés dans la substance blanche du cerveau. L'atteinte cérébrale peut toucher également le cervelet et le cortex cérébral (enveloppe de substance grise du cerveau). D'autre part, les scientifiques ont observé des dépôts de cuivre dans le foie (à l'origine d'une cirrhose : dégénérescence du foie), dans la peau qui devient de coloration grisâtre, et dans la cornée (anneaux de Kayser-Fleischer).

Symptômes
La maladie se manifeste le plus souvent entre 5 et 40 ans et se traduit essentiellement par des manifestations neurologiques :

1. Chez l'enfant
Cette maladie touche environ 1 enfant sur 100 000 naissances.
L'apparition de troubles neurologiques (après 10 ans) s'accompagne d'une diminution des mouvements volontaires (rigidité musculaire) à type de chorée ou d'athétose. Au départ, il s'agit simplement d'une gêne pour s'habiller ou pour effectuer certains mouvements quotidiens. Progressivement apparaissent la chorée (mouvement involontaire et irrégulier, bref, rapide et prédominant à la racine des membres : épaules, hanche), et les mouvements athétosiques (qui associent des mouvements anormaux involontaires des membres et un tremblement qui va en s'aggravant).

Le rire spasmodique, dû à un excès de tonicité des muscles de la face, constitue une particularité de la maladie de Wilson chez l'enfant.

La dysarthrie : cette difficulté à parler et à émettre des sons (au sens large), est liée à une lésion anatomique du système nerveux due au dépôt de cuivre. Dans la maladie de Wilson, elle se caractérise par une voix monocorde, étouffée, parfois saccadée voire explosive.

La dysphagie (difficulté à avaler)
La sialorrhée (fabrication de salive en excès)
Contractions de la langue susceptibles de gêner l'alimentation
Les troubles de l'humeur et du comportement sont constants et parfois inauguraux (colère, crises de rire)
Ralentissement intellectuel
Difficultés scolaires
Rares crises d'épilepsie
L'atteinte du foie est caractérisée par une augmentation de volume du foie (hépatomégalie), des ictères qui récidivent (jaunisse), parfois à une hépatite aiguë brutale pouvant être fatale.
Une anémie

Le scanner du cerveau montre les modifications de l'encéphale (système nerveux contenu dans le crâne)
1. Chez l'adulte, la maladie de Wilson comporte des symptômes ressemblant à ceux de la maladie de Parkinson :

Visage figé s'accompagnant d'un rictus

Rigidité et ralentissement de l'ensemble du corps et des mouvements (marche à petits pas)

Elocution difficile

Tremblements (parfois, mais relativement modérés)

Augmentation du volume du foie (hépatomégalie)

Augmentation du volume de la rate (splénomégalie)

Atteinte rénale à type de protéinurie (présence de protéines dans les urines) et d'insuffisance rénale (insuffisance de fonctionnement de la filtration rénale)

Perturbations hormonales : fatigue, diabète, perturbations des règles

Anémie

Fragilité excessive du tissu osseux avec possibilité de survenue des calcifications autour des articulations

Coloration de la peau (gris bleu ou cuivrée)

Présence d'un anneau (Kayser-Fleischer) lié à un dépôt de cuivre dans la cornée. Cet anneau possède une couleur brun-rouge ou brun-vert. Il est parfois visible à l'œil nu et se situe à la périphérie de la cornée. Il néanmoins quelquefois un examen au biomicroscope (microscope destiné à voir un organe de très près) pour le voir.

Le labo
Le dosage du cuivre dans les urines et dans le sang montre un taux anormalement élevé dans les urines et faible dans le sang.
Augmentation du taux sanguin des transaminases (enzymes s'élevant en cas d'atteinte du foie)
Dosage sanguin régulier de coelurolasmine.
Une biopsie hépatique (prélèvement d'un fragment de foie) est parfois utile pour s'assurer de l'existence ou pas d'une cirrhose (dégénérescence hépatique) due à l'excès de cuivre.

Traitement

Régime pauvre en cuivre : limitation de la consommation de tabac, de poisson, de viande, de chocolat, des fruits secs, de champignons.

Utilisation des chélateurs (" absorbeurs ") du cuivre : D-pénicillamine avec contrôle de l'excrétion du cuivre dans l'urine. Des effets secondaires surviennent chez environ 5 % des patients : allergie, perturbations du fonctionnement rénal.

D'autres médicaments sont également utilisés, comme triéthylamine tétramine, les sels de zinc à forte dose et le tétrathiomolybdate.

En cas d'atteinte sévère du foie, il est parfois utile d'avoir recours à la greffe hépatique.

Grâce au traitement, les manifestations neurologiques décrites ci-dessus régressent le plus souvent. Les résultats sont meilleurs si les soins ont été effectués rapidement. C'est la raison pour laquelle il ne faut pas laisser évoluer cette maladie dont le pronostic est parfois sévère.
La maladie de Wilson peut s'aggraver par des crises épilepsie et des troubles psychiques (troubles du caractère, de l'humeur) et parfois même des épisodes psychotiques (détérioration du jugement, détérioration intellectuelle, démence).

Prévention

Enquête génétique dans la famille du patient atteint.
Dosage sanguin régulier de la céruloplasmine et du cuivre, de façon à dépister le plus tôt possible une éventuelle maladie de Wilson.

Association Bernard Pépin pour la majadie de Wilson
Président : M Michel HAGUENAU
Adresse :
Service de neurologie
Hôpital Lariboisière
2 Rue Ambroise Paré
75475 PARIS CEDEX 10
FRANCE
Téléphone :0149956529
Fax:0149956534


Mise à jour septembre 2001

Aliments à éviter dans la maladie de Wilson :

Le foie
Les crustacés
Les brocolis
Les champignons
Les noix
Chocolat

Les éléments permettant le diagnostic de la maladie de Wilson sont :

1) l'examen ophtalmologique avec la présence d'un anneau de Kayser-Fleischer

2) Des manifestations neurologiques décrites ci-dessus

3) Un taux de céruléoplasmine dans le sang dont la concentration est <20 mg par dl chez 96 % des malades.

4) Le taux de cuivre dans le sang (cuprémie) correspondant à la somme du cuivre libre (10 %) et de la céruloplasmine (90 %) est augmenté dans la maladie de Wilson.

5) La cuprurie (présence de cuivre dans les urines) est supérieure à 100 microgrammes par vingt-quatre heures.

6) Le cuivre situé dans les cellules du foie (intrahépatiques) présente une concentration supérieure ou égale à 250 microgrammes par gramme de foie sec. Cette caractéristique est très évocatrice d'une maladie de Wilson.

7) La mutation du gène ATP 7B qui n'est pas encore utilisée en pratique courante permettra à l'avenir de poser le diagnostic de maladie de Wilson.

En ce qui concerne le traitement à base D-pénicillamine (Trolovol), au début de ce traitement, chez quelques patients une aggravation temporaire est constatée. Environ un malade sur 5 présente des réactions d'hypersensibilité (sorte d'allergie) à ce médicament se traduisant par de la fièvre, des ganglions anormalement gros, une baisse du taux de globules blancs et des plaquettes dans le sang, un malaise général. Dans ce cas le traitement doit être interrompu puis reprit à doses progressives en lui associant des corticoïdes (cortisone) pendant deux semaines. Les complications du traitement sont donc mises en évidence grâce un dosage des globules blancs, et des plaquettes dans le sang. Le dosage du cuivre dans les urines émises pendant vingt-quatre heures par le patient, permet de juger de l'efficacité du traitement. Ce dosage doit être dix fois la normale au début.

Certaines équipes médicales donnent en plus de la vitamine B 6 (pyridoxine à 25 mg par jour) de façon à lutter contre l'effet antivitamine B 6 de ce médicament.
Quand il existe une intolérance à la D-pénicillamine il est quelquefois utilisé le sein des plus particulièrement est moins souvent le triéthylène téramine . Ceci est plus particulièrement vrai pendant la grossesse ou la D-pénicillamine est potentiellement tératogène (risques de malformations de l'embryon).

Le traitement au cours de la maladie de Wilson n'est pas obligatoirement poursuivi toute la vie. La disparition de l'anneau de Kaiser-Fleischer, de l'anémie secondaire à l'éclatement des globules rouges (hémolyse), le bon fonctionnement du foie sont des signes indiquant que le traitement a été efficace. Avec l'accord du spécialiste en hépatho-gastro-entérologie les soins peuvent alors être suspendus.

NB NB
Selon l'association Bernard Pepin pour la maladie de Wilson, Le traitement ne doit jamais être interrompu. A l’arrêt du traitement, dans des délais très variables, mais de manière constante, on note une réapparition ou une aggravation des signes . Cette aggravation de la maladie peut survenir brutalement et être gravissime. Elle est plus souvent hépatique que neurologique. De plus, la réponse au traitement est souvent médiocre dans ces aggravations secondaires à un arrêt au traitement . Ces aggravations concernent également les patients ayant été traités pour une forme asymptomatique. http://abpmaladiewilson.free.fr/
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