Les intoxications

par le Docteur Patrick Corcelle
Réanimation médicale - Hôpital de l'Archet - CHU de Nice

Les contaminations virales

50 à 70 % des diarrhées infectieuses sont d'origine virale, à la suite de gastro-entérites ou d'entéro-colites. Ces pathologies sont répandues dans le monde entier.

Dans les pays à haut niveau d'hygiène, elles évoluent sous forme d'épidémie, la contamination se faisant par l'eau (boisson, lavage d'aliments, coquillages, baignades...) et la diffusion secondaire est inter humaine. Dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'atteintes bénignes, la gravité étant fonction du terrain. Le pronostic vital n'est mis en jeu que chez les sujets fragilisés (prématurés, immunodéprimés). Par contre, dans les pays en voie de développement, elles réalisent un immense problème de santé publique, de par leur état endémique. La gravité est liée aux troubles nutritionnels et métaboliques et leur pronostic est fonction de la qualité de la prise en charge médicale.

Les virus mis en cause sont essentiellement les rotavirus, mais aussi les virus du groupe Norwalk, les Astrovirus, les Calicivirus, les Adénovirus, les Coronavirus et les virus Bredalike. L'absence de thérapeutique spécifique souligne l'intérêt majeur de la prévention qui ne peut actuellement que passer par les mesures d'hygiène fondamentale (en particulier le lavage des mains).

Les contaminations par des parasites

Il s'agit le plus souvent de contaminations liées à la présence de champignons, lorsque certaines conditions climatiques d'environnement sont réalisées (en particulier une chaleur humide).

1) L'ergotisme

L'ergot est un champignon qui affectionne tout particulièrement le seigle, dont il reproduit la forme du grain. Il infecte les céréales lors des saisons pluvieuses puis s'y développe. Cueilli et ramassé avec le grain de seigle, il est moulu avec lui. La farine contient donc ses alcaloïdes qui sont responsables de la maladie, l'ergotisme. Véritable fléau au Moyen-Age, il était connu sous le nom de "Mal des ardents", "Feu Saint-Antoine", "Feu Saint André" ou "Feu d'enfer". Dans sa forme convulsive il se manifeste par des contractures musculaires localisées ou généralisées, évoluant par crises atrocement douloureuses (brûlures internes effroyables contrastant avec un froid glacial des extrémités) pouvant aller jusqu'à l'asphyxie, ou entraîner des démences. La forme gangreneuse donne une gangrène sèche des extrémités (mains, pieds, sexe), aboutissant à l'amputation.

Jusqu'au XVIIIème siècle, le pain de seigle étant la base de la nourriture, la maladie touchait tout le monde dans une même région. Dès l'introduction de la farine de blé pour les riches, seules les populations défavorisées étaient alors atteintes. II faudra attendre 1777 pour que la responsabilité de la farine de seigle soit établie, ce qui permettra de faire disparaître cette pathologie. Mais en 1951, un boulanger du Gard sera à l'origine d'une nouvelle intoxication qui touchera environ 200 personnes.

2) Aspergillus flavus

Champignon sécrétant des toxines, les aflatoxines, qui possèdent une action fortement cancérigène.

Ces moisissures peuvent se développer sur certaines céréales, mais surtout sur les arachides lorsqu'elles sont stockées dans de mauvaises conditions (chaleur humide). Le pouvoir cancérigène des aflatoxines a été mis en évidente en Angleterre, dans un élevage de dindons, lesquels avaient été nourris d'arachides moisies. Les animaux présentèrent alors en très grand nombre des hépatomes malins. Ceci amena à penser que le cancer du foie africain n'était peut être pas seulement un manque protéique dans la ration alimentaire, mais peut être aussi aux aflatoxines. Mais cela n'a pas été démontré.

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