Accueil Recherche NouveautésEmail webmaster Tous les textes - FMCSommaire généralPage précédente
ALLERGIE ALIMENTAIRE
Source : Journées Parisiennes d'Allergie Janvier 1999
Drs F. Rancé, S. Ahlstedt, C. Duponu et H. Sampson

En pratique, l'allergie alimentaire peut être abordée selon 2 manifestations : l'allergie alimentaire aiguë et la dermite atopique.
NB : l'apparition d'une éruption cutanée aprés l'ingestion d'un aliment ne signifie pas obligatoirement une phénomène allergique ( càd igE dépendant) mais aussi une intolérence alimentaire : libération d'histamine

En France, les données établies par l'équipe du Dr Moneret-Vautrin estiment à 3% l'allergie alimentaire. Elle est plus fréquente (4 à 8,5%) chez l'enfant d'âge préscolaire.

Voir également :
---- Diagnostic d'une allergie alimentaire (Copie locale de http://www.makassed.org.lb/bookin/result3rd/1.htm)
---- L'intoxication histaminique ou syndrome de pseudo-allergie alimentaire
---- Allergie et allaitement
---- L'eczéma atopique de l'enfant


SEMIOLOGIE AIGUE
Les symptomes apparaissent généralement dans les minutes voire les secondes qui suivent la prise alimentaire :
---- Prurit du palais, des lèvres ou de la gorge
---- Gonflement des lèvres, de la langue voire du pharynx
---- Rhinite, conjonctivite voire asthme
---- Urticaire généralisé, oedème de Qincke, choc anaphylactique

Chez l'adulte
Les manifestations cliniques sont plus graves (Choc anaphylactique dans 25% des cas chez l'adulte jeune et 50% aprés 60 ans). L'association avec une allergie pollinique et/ou avec les allergènes du groupe latex sont fréquentes (cf infra)
Les aliments les plus dangereux sont, dans l'ordre : Sésame, poisson et cacahuète. mais cette classification change d'un pays à l'autre suivant les habitudes alimentaires.
En France, chez l'enfant : oeuf, arachide, lait, moutarde et poisson sont responsables de 75% des cas.

SEMIOLOGIE CHRONIQUE
Eczéma. La dermite atopique est la plus précoce et peut apparaître dés le 1er mois. L'implication de l'allergie alimentaire est reconnue par de nombreux auteurs
  • En France, chez l'enfant : oeuf, arachide, lait, moutarde et poisson (75% des cas)
  • Angleterre et USA : Oeuf, cacahuète, noisette
  • Espagne et Italie : crustacés
LES ALLERGIES CROISEES
L'allergie croisée la plus fréquente associe une allergie aux pollens d'arbre (bouleau, noisetier, aune, charme) et une allergie alimentaire à certains fruits et légumes
---- Bouleau et pomme, plus rarement pêche, abricot, cerise.
---- Bouleau, armoise avec pomme, carotte et pomme de terre.
---- Pollens de graminés avec tomate et/ou cacahuette
---- Le lupin (lupinus albus) récemment proposé comme additif de la farine de blé. Allergie croisée arachide-lupin.
---- Latex avec banane, chataigne, Kiwi, avocat, etc... [Lire].

DOSAGE DES IGE SPECIFIQUES (RAST)
Chez l'enfant de moins de 3 ans, de nombreux anticorps (AC) dirigés contre des allergènes alimentaires ou inhalés sont facilement détectés mais ne signifient pas que l'enfant est malade mais que le processus de sensibilisation est entamé. Lorsque l'enfant grandit, les taux d'AC alimentaires diminuent alors que les AC inhalés augmentent.
En pratique la présence précoce d'AC alimentaire présage un risque élévé d'allergie " inhalée " par la suite. La présence d'IgE spécifiques de l'oeuf entraine un risque majeur de sensibilisation future aux Dermatophagoïdes
Une allergie précoce aux protéines du lait de vache a la même valeur pronostique.

Le taux global d'IgE reste un marqueur fiable de probabilité de maladie allergique mais 20% de la population peut présenter des IgE sériques élevées sans cause allergique (certaines parasitoses, maladie de Hodgkin,...) et qu'à l'inverse 20% des patients atopiques peuvent avoir des IgE totales faibles. Pour être suspect d'allergie le taux d'IgE doit être supérieur à 600 UI/ml. (Communication des Drs André et Mathelier Fusade. Rencontres Biomérieux 10/12/1998)

METHODE DIAGNOSTIQUE
  1. Analyser le tableau clinique
    Allergie aux protéines du lait de vache
    Haute probabilité Anaphylactie, urticaire, eczéma, angio-oedème
    Vomissements, diarrhées
    Réactions développées dans les minutes ou heures suivant l'ingestin de faibles volumes de lait de vache
    Probabilité modérée Eczéma
    Colite
    Symptômes gastro-intestinaux chroniques
    Faible probabilité Rhinorrhée chronique
    Toux chronique
  2. L'interrogatoire
  3. Prick-test. Ils peuvent être réalisé dés l'âge de 6 mois. Ils sont trés utiles pour détecter les réactions IgE dépendantes (sensibilité proche de 100%). Leur spécificité est élevée 97% mais sont moins performants dans les manifestations non-IgE
  4. Les patch-tests peuvent être proposés lorsque le prick-test est négatif cat ils mettent en évidence plus facilement les réactions retardées.
  5. Les épreuves d'élimination/réintroduction sous surveillance attentive des nutritionnistes
  6. Le test de provocation reste les test de référence mais long et coûteux. Le dosage des IgE spécifiques (par le système CAP Pharmacia) pourrait avantageusement les remplacer.

    LES NOUVEAUX ALLERGENES ALIMENTAIRES
    ---- Fruits exotiques (Kiwi, letchi, mangue, épices, noix exotiques,etc..) et allergie croisée avec le latex
    ---- Le lupin (lupinus albus) récemment proposé comme additif de la farine de blé. Allergie croisée arachide-lupin.
    ---- Les acariens (dermatophagoïdes farinae) rare ou mal évalué.
MAJ 2001
Pour l'allergie alimentaire. En complément des prick-tests cutanés et du dosage des IgE spécifiques, les patch-tests alimentaires ont été récemment recommandés.
Cette étude permet de conclure que la combinaison de patch-tests positifs et d’IgE spécifiques en quantité suffisante (>0,35 kU/l pour le lait de vache et >17,5 kU/l pour les œufs de poule) permet d’ affirmer une allergie au lait de vache ou aux œufs de poule, et rend ainsi les tests de provocation superflus.
Source : Roehr C.C. et coll. : “ Atopy patch tests, together with determination of specific IgE levels, reduce the need for oral food challenges in children with atopic dermatitis.” J Allergy Clin Immunol 2001; 107 : 548-53.

Les lactobacilles préviendraient les manifestations de l’atopie.
Source : M.Kalliomäki et coll. Lancet 2001; 357: 1076-79.

Voir également L'allergie est-elle une maladie digestive

Depuis plus de dix ans on évoque à l’origine de la recrudescence des maladies atopiques de l’enfance, une diminution des contacts infectieux, liée au progrès de l’hygiène et à la réduction des fratries.
Partant de cette hypothèse, M.Kalliomäki et coll. de Turku en Finlande, ont estimé que les bactéries intestinales commensales devaient avoir un rôle préventif plus important que les infections sporadiques avec des germes pathogènes. Aussi, ont-ils entrepris une étude contrôlée en double aveugle contre placebo du lactobacille dans la prévention de l’atopie.

159 femmes enceintes appartenant à des familles à risque d’atopie ont été randomisées en deux groupes, l’un recevant 2 gélules contenant 1010 lactobacilles et l’autre deux gélules placebo deux à quatre semaines avant la date prévue pour l’accouchement. Après la naissance le même traitement était poursuivi pendant 6 mois chez l’enfant ou chez la mère si celle ci allaitait.
Les enfants ont été suivis jusqu’au 24ème mois, mais 27 ont été perdus de vue.

La fréquence de l’eczéma atopique a été divisée par deux dans le groupe lactobacille (15/64 contre 31/68 ; p=0,008) avec un risque relatif de 0,51 (IC 95 % : 0,32 à 0,84).

Pour les auteurs, leur étude démontre que la flore intestinale possède des propriétés immunomodulatrices jusqu’ici peu explorées, susceptibles, notamment, d’être utilisées pour diminuer la fréquence de la maladie atopique dans les pays développés.
Accueil NouveautésEmail webmaster Sommaire FMC Sommaire généralPage précédente