![]() | ![]() | ||
| Accueil | Recherche | Nouveautés | Email webmaster | Tous les textes - FMC | Sommaire général | Page précédente |
Infirmières libérales : le nouveau délire CNAM.
Docteur Jean-Marie Gendarme
Une lettre de l’URCAM, qui se mêle désormais de tout.
Et comme dit ma CPAM dans tous ses courriers désormais : « je vous envoie le texte de la nouvelle convention au nom de l’URCAM »…
« Avec moins de 54 infirmières libérales pour 100 000 h contre 82/100 000 France entière la haute normandie connaît une sous densité démographique, la plaçant au 18éme rang pour 22 régions.
La récente réduction de la durée d’exercice en service hospitalier à la sortie des écoles ne suffit pas à endiguer cette tendance déficitaire.
Après avoir opté pour la filière hospitalière l’infirmière nouvellement diplômée ne se réoriente que trop rarement vers l’exercice libéral.
Les instances conventionnelles, préoccupées par les conséquences de cette situation ont proposé un dispositif innovant : le tutorat infirmier.
La haute normandie a été nommée région expérimentale.
Il consiste en une aide et un accompagnement avant et après le diplôme.
-Formation et information des élèves de 2éme et 3émes années.
-Apprentissage du contenu technique des soins infirmiers en libéral.
-Formation aux aspects organisationnels, conventionnels et réglementaires, comptables et informatiques de l’exercice libéral sous convention par une infirmière libérale tutrice pendant 2 mois.
La tutrice est soutenue par une formation préalable dispensée par les CPAM.
Elle perçoit une rémunération forfaitaire du FAQSV ( 3 )
(3) montant de la rémunération FAQSV à déterminer. »
Un rappel est nécessaire pour les médecins qui ont beaucoup trop tendance à ne pas regarder ce qui se passe tout à coté de leurs vécus professionnels, ce qui est toujours dommage car tout est lié, les textes peuvent se chevaucher et on peut essayer un dispositif réglementaire chez les uns avant de les essayer chez les autres.
Dans une profession qui est difficile pour une femme ( contacts humains multiples et « usants » dans la société française de ce jour ), fatiguante ( kilométrages journaliers importants, taches pas toujours faciles, multiples ), peu rétribuée ( les actes infirmiers libéraux sont dramatiquement bas, indignes face aux services rendus ), exploitée ( l’indemnité kilométrique est la plus faible qui soit alors que ce sont les mêmes kilomètres et les mêmes voitures que tout le monde et notamment que celles des médecins ), en un turn over important ( personne ne fait cela pendant 30 ans ), on a fait tout ou à peu prés pour tuer toute vocation libérale depuis 20 ans.
Instauration de quotas d’actes infirmiers : au delà d’un certain nombre d’actes l’infirmière libérale a été obligée de reverser le trop ( de son travail ! ! ) à la CPAM locale ( imaginez vous la chose pour les médecins ? on y a pensé un temps dans nos hautes sphères.. )
Moralité : tous les actes infirmiers « les mieux rétribués » ce qui quand même reste une plaisanterie sont passés à la trappe et notamment les toilettes à domicile qui faisaient monter trop et trop vite les fameux quotas.
On ne trouve donc plus d’infirmière libérale faisant des toilettes à domicile même en cas de surabondance de cabinets infirmiers.
Et charme des CPAM si on ne tient plus compte de ces quotas nécessité oblige, cette règle n’a jamais été abolie pour autant et comme cela a profondément marqué les esprits on aborde le papy boom avec des infirmières libérales qui ne font plus de toilettes à domicile.
Où est la cohérence ?
Depuis quelques années les infirmières fraîchement diplômées ont l’obligation de faire quelques années à l’hopital avant de s’installer en libéral : un des moyens les plus surs pour tuer toute vocation libérale.
Une infirmière libérale qui a arrêté de travailler pour raisons familiales 6 ans ( vous appréciez la pertinence de cette durée ? ) pour se réinstaller en libéral doit faire un an à l’hopital pour être « reformée », ce qui est du pur cinéma…
La mesure intelligente évidente !
Alors on a bien été obligé de réduire ce passage obligé par l’hopital pour en arriver à cette notion fumeuse de tutorat.
Vous apprécierez comme moi le petit :
« (3) montant de la rémunération FAQSV à déterminer. »
On envoie un courrier pour recruter des bonnes volontés sans préciser du tout quelle en sera la rétribution : ils le font exprès ?
Autre paragraphe à savourer, un modèle du genre :
« -Formation aux aspects organisationnels, conventionnels et réglementaires, comptables et informatiques de l’exercice libéral sous convention par une infirmière libérale tutrice pendant deux mois. »
Pour vanter le charme de l’exercice libéral c’est réussi, non ?
Enfin que dire encore ?
Il est assez extraordinaire de voir que l’administration publique de la santé confrontée à une situation dramatique de l’offre de soins dans le milieu de l’infirmière libérale, qui s’effondre à toute vitesse, en fait un constat clair mais comme distancié, puisque par ailleurs la même administration n’en tire aucune leçon et persiste envers et contre tout à vouloir mettre en place une règle, une obligation à l’installation libérale.
Alors qu’il serait tout aussi simple de dire que toute infirmière libérale sortant nouvellement diplômée de son école a toute liberté et lattitude pour s’installer en exercice libéral à la campagne ou ailleurs, ce qui humainement et sur le plan de la formation en France est parfaitement possible.
Et pour faire bonne mesure si on veut vraiment relancer cette profession il y faudrait ajouter l’abolition définitive des quotas, une revalorisation décente des actes infirmiers, une égalisation des indemnités kilométriques avec les médecins.
N’avons nous pas un cruel besoin des infirmières libérales ?
N’est ce pas cela la liberté ?
Et n‘est ce pas mieux et plus efficace ?
Le tutorat infirmier pourquoi faire au final ?
| Accueil | Nouveautés | Email webmaster | Sommaire FMC | Sommaire général | Page précédente |