seincancervirus -fmc2
CANCER DU SEIN : LA PISTE VIRALE
Source :8ème congrès international sur les traitements anti-cancéreux ( Paris 02/1998)

- Un virus pourrait jouer un rôle prépondérant dans l'apparition d'une bonne partie des cancers du sein, a annoncé un chercheur américain lors du 8ème congrès international sur les traitements anti-cancéreux qui s'est achevé vendredi à Paris.

Le Pr James Holland, de l'Ecole de médecine Mount Sinaï de New York, a découvert que chez 37 % des Américaines souffrant de cancer du sein, on retrouvait une grande partie des séquences du patrimoine génétique d'un virus qui, chez les souris, est à l'origine des cancers du sein.
Baptisé MMTV, pour Mouse Mammary Tumor Virus, cet agent infectieux se transmet de génération en génération chez les rongeurs par le lait.
Les chercheurs de l'équipe new-yorkaise ont alors tenté de trouver quelque chose d'approchant chez les femmes. Avec succès: non seulement la proportion de patientes porteuses est impressionnante mais le virus est dans sa structure identique à 90 % à celui de la souris.

Rebaptisé HMTV (Human Mammary Tumor Virus), le "nouveau virus" n'a été retrouvé ni dans d'autres tumeurs, ni dans les tissus normaux et semble propre au cancer du sein. De plus, le virus se retrouve assez souvent chez des femmes d'une même famille qui pourraient constituer une "population à risques".
Mais l'allaitement, le lien de causalité existant chez la souris entre le virus et le cancer, n'a pas encore été formellement établi chez les femmes. Pour le Pr Holland, il ne fait cependant guère de doute que les deux virus ne font qu'un: "La nature est trop parcimonieuse pour inventer deux virus identiques", a-t-il souligné.

Si l'implication de ce virus dans le cancer du sein est confirmée par d'autres équipes, cette maladie pourrait s'ajouter à la longue liste des cancers liés à des agents infectieux : cancer du col de l'utérus, lymphome de Burkitt, cancer du foie...
Surtout, cette découverte pourrait bouleverser l'approche des médecins à l'égard de cette maladie. En dépistant le virus dans les cellules des personnes à risque, il serait en effet possible d'intervenir très précocément, avant que la tumeur ne prenne de l'ampleur.
Et les cancérologues interrogés n'excluent pas non plus que l'on puisse rapidement mettre au point un vaccin.

Selon le Pr Robert Gallo, co-découvreur du virus du SIDA, lui aussi présent à Paris, les agents infectieux sont impliqués selon les pays dans 20 à 50 % des cas de cancers. Mais le fait que certains soient transmis par des agents infectieux ne signifie pas que ces maladies soient contagieuses.
"Dans la plupart des cas, a-t-il rappelé, ces virus ne deviennent malfaisants que s'ils sont associés à d'autres acteurs comme une prédisposition génétique, une exposition à un agent chimique ou au tabac".

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme dans les pays occidentaux. Aux Etats-Unis ou en France, il affecte une femme sur neuf et, dans la tranche d'âge de 35 à 54 ans, il représente la principale cause de décès féminins.
Chaque année, 570.000 nouveaux cas de cancers du sein et 376. 000 décès dus à cette maladie sont recensés dans le monde (25.000 nouveaux cas en France et plus de 10.000 décès par an).

wbm@esculape.com
Sommaire FMC