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LA ROSEOLE DE L'ENFANT
Exanthème subit - 6ème maladie

La sixième maladie infantile bénigne est due à des virus de la famille herpès : HHV6 et HHV7

SEMIOLOGIE
Entre 6 mois et 4 ans
  1. PHASE INVASIVE : hyperthermie à 39 - 40°C pendant 3 à 4 jours (isolée ou banale pharyngite, parfois diarrhée modérée) puis chute brutale de la température.
  2. PHASE D'ETAT : éruption cutanée, sous forme de macules rosées (3 à 5 mm) prédominant sur le tronc, l'abdomen puis s'étendant au visage et aux membres supérieurs durant 24 à 48 heures.
  3. EVOLUTION : Favorable en 2 à 3 jours avec disparition complète des macules
TRAITEMENT
Symptomatique : Traitement de la [FIEVRE DE L'ENFANT et du NOURRISSON]

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Sixième maladie , ubiquité des herpesvirus.

L'herpès virus humain 6 ( HHV-6 ) est l'agent responsable de la 6ème maladie, exanthème infectieux de l'enfance. Les 3 premières sont la rougeole, la scarlatine, la rubéole. La 5ème maladie est due à un parvovirus [Lire]. L'origine de la 4ème maladie est controversée: il pourrait s'agir de rubéoles ou de scarlatines non diagnostiquées ?

HHV-6 est ainsi appelé parce qu'il est le 6ème herpès virus humain qui ait été identifié. Les herpès virus sont une famille de gros virus à DNA comprenant 8 pathogènes communs:
  • herpès simplex virus de type I ( HSV-1 ).
  • herpès simplex virus de type II ( HSV-2 ).
  • virus de la varicelle ( VZV ).
  • virus Epstein-Barr ( EBV ).
  • cytomégalovirus ( CMV ).
  • herpès virus humain 7 ( HHV-7 ) et 8 ( HHV-8 ).
Ces virus ont des traits communs: virions sphériques ( diamètre: 150-200 nm ), formés d'une nucléocapside de 100 nm contenant le génome linéaire à 2 brins embobiné autour d'une masse centrale de nucléo-protéines. La nucléocapside est entourée d'une couche d'un matériel amorphe et d'une seconde enveloppe externe lipidique dotée de multiples protrusions glyco-protéiniques.

Les herpès virus ont la capacité de persister après la primo-infection, et de se réactiver périodiquement. Les sites de persistance varient. Même en l'absence de signes ou de symptômes, ils peuvent réapparaitre dans la salive ( HSV-1, EBV, CMV, HHV-6 et 7 ), les sécrétions génitales ( HSV-2, CMV, HHV-6 ), les urines ( CMV ), les mononucléaires ( CMV, HHV-6 et 7 ), le lait maternel ( CMV et HHV-7 ). L'immunité d'hôte influe sur la probabilité des réactivations et la sévérité des manifestations cliniques.

L'ubiquité de ces virus résulte clairement de la forte incidence des infections par ces agents ( HHV-8 excepté ) et du phénomène de latence.

Aux USA, les infections par HSV-1 commencent dès la première enfance: au moins 50% des jeunes adultes ont été infectés. Les infections par HSV-2 débutent avec l'activité sexuelle: on estime qu'aux USA, 25% des adultes ont été contaminés. La prévalence de l'infection par EBV augmente au cours de l'adolescence: la majorité de la population a été infectée à l'âge adulte.

CMV est la cause la plus fréquente des infections congénitales: 1% des nouveaux-nés sont infectés. Les infections post-natales surviennent dans les premières semaines de la vie. En début d'âge adulte, 50% environ de la population est séro-positive.

Avant la généralisation de la vaccination contre la varicelle, celle-ci atteignait presque tous les enfants: l'épidémiologie de la maladie s'est ensuite modifiée !

Dans un numéro du NEJM ( 24/02/2005 ), Zerr et coll. notent qu'environ 3/4 des enfants ont été infectés par HHV-6 dès l'âge de 2 ans. HHV-7 a un profil épidémiologique semblable.

Clairement, les infections par herpès virus sont omniprésentes: à un moment ou un autre, une proportion substantielle de la population dissémine un ou plusieurs de ces agents, entretenant la chaine de transmission et la forte prévalence de l'infection.

Bien que la majorité des infections par herpès virus soient asymptomatiques ou bénignes, la morbidité qui leur est attribuable est substantielle. Dans une population de plus en plus importante d'immuno-déprimés, ils sont devenus une cause importante de décès.

HSV-1 est responsable de l'herpès labial, du panaris herpétique et d'autres formes cutanées ( eczéma herpétique, herpès de lutteurs ), de la kératite herpétique et de formes graves d'encéphalites.

HSV-2 est la cause prédominante de l'herpès génital, de la proctite herpétique, des infections herpétiques du nouveau-né.

La manifestation la plus commune de l'infection par EBV est la mononucléose infectieuse. Celle de l'infection par CMV ressemble beaucoup aux manifestations dues à EBV. Les 2 virus sont des causes importantes de syndromes fébriles prolongés chez des hôtes normaux.

VZV est l'agent de la varicelle et du zona après réactivation.

Le rôle des herpès virus dans la genèse de certains cancers est bien établi: par exemple, EBV joue un rôle dans le lymphome de Burkitt en Afrique, le cancer naso-pharyngien, le syndrome prolifératif post-transplantation. HHV-8 intervient dans le sarcome de Kaposi.

Par contre, le rôle de ces virus dans plusieurs maladies comme la sclérose en plaques et le syndrome de fatigue chronique continue à être discuté.

HHV-6 a été isolé pour la première fois dans les lymphocytes B d'adultes immuno-déficients. Dans les 2 années qui ont suivi, on a reconnu qu'il était l'agent de la majorité des cas de roséole, 6ème maladie, également appelée exanthème subit: 3 à 5 jours de fièvre élevée chez un enfant en bas âge, puis développement rapide d'une éruption maculaire, rose, non prurigineuse prédominant sur le cou et le tronc.

Par la suite, HHV-6 a été reconnu comme étant une cause importante de syndromes fébriles chez les jeunes enfants, avec possibilité de convulsions: 10-50% des syndromes fébriles menés aux Urgences ont été attribués à une infection par HHV-6, l'âge de prédilection se situant entre 6-9 ans.

On connaissait mal le spectre complet des pathologies attribuables à ce virus: Zerr et coll. ont comblé cette lacune, par une enquête prospective de cohorte sur 277 jeunes enfants, suivis de la naissance jusqu'à l'âge de 2 ans. Ils ont recueilli chaque semaine des échantillons de salive où ils ont recherché et quantifié la présence du DNA de HHV-6. La fréquence et la symptomatologie des manifestations dues à HHV-6 ont été enregistrées chaque jour, comparées à celles de témoins non infectés par HHV-6 et appariés sur l'âge.

Plus de 3/4 de ces enfants ont été infectés par HHV-6 d'ici la seconde année de leur vie, plus de 90% des infections étaient symptomatiques: fièvre, caractère grognon le plus souvent, et roséole dans un quart des cas. Les convulsions ne sont pas particulières au HHV-6.

Remarquablement, le DNA de HHV-6 restait détectable à des niveaux modérément élevés dans la salive au moins 12 mois après la primo-infection. Des études antérieures avaient montré que les sujets séro-positifs pour EBV, CMV, HSV-1 et 2 disséminaient fréquemment dans leur salive le virus réactivé. Il semble donc bien que la salive soit la source principale de virus infectieux.

Toutes ces enquêtes soulignent un fait indubitable: le caractère ubiquitaire des herpès virus.

Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: the NEJM ( 24/02/2005)
Lien: http://content.nejm.org/cgi/content/full/352/8/753
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